Mathieu Dupuis a troqué ses épaulettes de hockey contre celle de football il y a sept ans.

Dupuis a préféré les épaulettes de football

Son frère Pascal vient de mettre fin à sa carrière professionnelle au hockey. Mathieu Dupuis, lui, s'apprête à entamer la sienne, mais sur un terrain de football.
Le plaqueur québécois ne cesse de sourire et blaguer depuis le début du camp d'entraînement des recrues du Rouge et Noir, mercredi, à la Place TD. Les champions de la coupe Grey en ont fait leur choix de cinquième tour au dernier repêchage.
« J'ai des frissons juste à me retrouver sur ce terrain, lance Dupuis en montrant les poils sur ses bras. Honnêtement, j'étais un peu nerveux au début. Tu peux tout apprendre assez vite. Mais dès que ç'a commencé à frapper, j'ai commencé à sourire. Je l'ai vu tout le long de la pratique. »
Puis l'ancien joueur des Carabins de l'Université de Montréal y va d'une confidence. Il souhaitait que le Rouge et Noir le réclame au début du mois.
« Je peux le dire maintenant. C'est une des places où je voulais aboutir. »
Parce que ses amis Antoine Pruneau et Arnaud Gascon-Nadon s'y trouvent. Le premier a été un de ses coéquipiers à son arrivée chez les Carabins. Le second ?
« J'ai travaillé avec Arnaud comme portier. Aussi, c'est une belle organisation ici. Elle respecte beaucoup ses joueurs canadiens. »
Sa nouvelle ville d'adoption se trouve à deux heures de route de sa famille. Ses deux frères comptent l'encourager à des matches.
Pascal s'avère 14 ans son aîné. « Ce n'est pas le plus vieux. Martin, mon autre frère, a 40 ans », souligne Mathieu Dupuis, âgé de 24 ans.
« Ce n'est pas moi qui étais l'accident. Ce sont eux. Ils sont moins beaux », a-t-il lancé en riant.
Dupuis s'avère aussi le plus imposant à 6'1'' et 306 livres. Il pourra aussi se targuer d'être le seul à avoir été repêché.
Pascal avait été ignoré par les 30 clubs de la LNH. Cela ne l'a pas empêché de disputer 14 saisons, dont huit chez les Penguins de Pittsburgh. Sa persévérance et son haut seuil de tolérance à la douleur s'avèrent un trait que partage son jeune frère.
Mathieu Dupuis a lui aussi pratiqué le hockey, atteignant les rangs midget BB chez les Montagnards de Sainte-Agathe-des-Monts. « Il paraît que c'est moi qui avais les meilleures mains de la famille », lance-t-il en rigolant.
Ce dernier a troqué ses épaulettes de hockey pour celle de football, il y a sept ans. Il venait de terminer une première année d'études au Cégep Lionel-Groulx.
Des joueurs de l'équipe de football collégiale de l'endroit l'ont approché un soir dans le bar où il travaillait. Ils l'ont convaincu de pratiquer leur sport.
Ses trois saisons à Lionel-Groulx l'ont amené un peu partout au Québec. « J'ai joué de l'autre côté de la rivière ici », souligne-t-il en parlant de matches contre les Griffons du Cégep de l'Outaouais.
Voilà maintenant qu'il a trois semaines afin d'épater les dirigeants du Rouge et Noir. Ces derniers le comparent au plaqueur Ettore Lattanzio, qui a réussi 24 plaqués, dont cinq sacs, en 17 parties en 2016.
« Je ne viens pas juste ici comme parure. Je vais me battre pour un poste. Je me présente avec de la hargne et beaucoup d'énergie à dépenser. Je compte bien faire écarquiller les yeux des entraîneurs et leur forcer la main. »
Qui sait, il sera peut-être le prochain Dupuis à graver son nom sur un trophée centenaire après celle de Pascal sur la coupe Stanley en 2009.
Le dernier choix veut maigrir
Jordan Filippelli pensait que toutes les équipes allaient le snober, il y a trois semaines, au repêchage.
La huitième et dernière ronde venait de commencer. Le joueur de ligne offensive des Dinos de Calgary attendait encore que son nom soit appelé.
«À un certain moment, je commençais à me faire à l'idée que je n'allais pas être repêché», a avoué le géant de 6'4'' et 323 livres, jeudi, après l'entraînement des recrues du Rouge et Noir. Finalement avec le 71e et dernier choix de l'encan, Ottawa a opté pour Filippelli.
On a vite compris par la suite pourquoi des clubs avaient passé leur tour. On le trouvait trop gros et trop peu mobile.
Le directeur général du Rouge et Noir, Marcel Desjardins, a dit que le jeune homme originaire de Sherwood Park, en Alberta, devait devenir plus léger. Un message que le principal a saisi.
«Je dois perdre un peu de poids. J'avais déjà retranché quelques livres dans les derniers mois en vue du camp d'évaluation de la LCF. J'ai besoin de devenir plus athlétique», a-t-il reconnu.
«Je suis heureux que le Rouge et Noir me fasse confiance. Peu importe le rang où on te repêche, c'est ce que tu fais de l'occasion qui s'avère important.»
Ce qui le rend optimiste au sujet de son avenir au football ? La présence de l'ancien joueur étoile Bryan Chiu en tant qu'entraîneur de la ligne offensive à Ottawa.
«Un excellent technicien et pédagogue. Il est capable de soutirer le meilleur de tout le monde. Il suffit de regarder ce qu'il a fait depuis trois ans ici.»
Et si jamais ça ne fonctionne pas chez le Rouge et Noir, Jordan Filippelli a déjà son plan B. L'entreprise familiale spécialisée dans la vente de café l'attend.
«Mon père espère que je vais lui succéder un jour à la tête de la compagnie», a-t-il souligné.