L’entraîneur des Stampeders de Calgary, Dave Dickenson, et son homologue du Rouge et Noir, Rick Campbell, ont pris part à la traditionnelle conférence des entraîneurs du match de la coupe Grey, mercredi.

Du jamais vu depuis les années 50

EDMONTON — Un rare exploit de... futilité guette les Stampeders de Calgary, qui pourraient devenir la première équipe de la LCF en six décennies à perdre trois ans de suite au match de la coupe Grey.

Les Eskimos d’Edmonton s’étaient inclinés en 1954, 1955 et 1956. Les Blue Bombers de Winnipeg sont la seule autre formation de l’ère moderne à avoir vécu pareille humiliation durant les années 1940.

On le devine. La pression sera écrasante dans les prochains jours sur les Stampeders.

L’entraîneur-chef Dave Dickenson, lui, préfère la carte du positivisme. « Se rendre jusqu’ici trois ans de suite, je suis très fier des gars. Ce n’est pas facile d’accéder au match de la Coupe Grey », a-t-il rappelé.

Les Alouettes de Montréal sont la dernière équipe qui avait joué trois ans de suite pour le trophée de Lord Grey, perdant en 2008 pour ensuite gagner en 2009 et 2010.

Dickenson a fait jaser ces derniers jours en disant que les amateurs étaient fatigués de voir toujours les Stampeders en finale. Mercredi lors de la traditionnelle conférence de presse des deux entraîneurs du match de la Coupe Grey, il a reculé.

« Des fois, je parle trop », a-t-il avoué.

« J’ai peut-être fabriqué ma propre histoire. Mais les gens parlaient beaucoup de Winnipeg et Saskatchewan dans les dernières semaines (...) Beaucoup de gens croyaient même que nous étions sur la voie de sortie en fin de saison. Mais nous avons eu un regain d’énergie. »

Calgary a perdu trois de ses quatre derniers matches de la saison régulière, mais a rebondi avec une victoire en finale de l’Ouest. Une partie durant laquelle Dickenson s’est emporté, traitant l’entraîneur-chef Mike O’Shea de « maudit membre de la mafia canadienne ».

Des propos pour lesquels il a tenu à s’excuser mercredi. « J’ai effectué un très mauvais choix de mots. J’ai laissé mes émotions prendre le dessus.

« Je ne voulais pas offenser le peuple canadien, a dit le natif du Montana. Même si je ne suis pas Canadien selon mon certificat de naissance, je me considère un Canadien. J’habite dans ce pays depuis 22 ans. Ma femme est Canadienne. Mes deux enfants sont Canadiens. »

L’entraîneur-chef Rick Campbell s’est porté à la défense de son ami Dickenson. « Je suis fier que nous le comptions parmi nous dans notre ligue », a-t-il dit.

Retour à la maison pour Campbell

Ce dernier a été appelé à parler de son enfance passée à Edmonton. Il a grandi au stade du Commonwealth où son père Hugh a été entraîneur des Eskimos d’Edmonton.

Fiston Campbell a été quart-arrière de l’équipe de football de son école secondaire, la menant à un titre provincial durant les années 1980. « Go Titans ! Je sais qu’ils tenteront justement de gagner à nouveau le championnat albertain cette fin de semaine, a-t-il ajouté.

« C’est toujours plaisant de revenir à Edmonton. J’ai plusieurs amis ici. »

Un journaliste lui a rappelé qu’il pourrait réussir un exploit qui a échappé au paternel. Hugh Campbell n’a jamais mené son équipe à une conquête au stade du Commonwealth.

Rick Campbell, lui, dit ne pas y avoir pensé.

« Je suis ici pour le travail. Toute ma concentration est dirigée à préparer mon équipe pour le match de la coupe Grey. »

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SIRV A EU LA FROUSSE DE SA VIE

SirVincent Rogers se souvient trop bien de la dernière fois que le Rouge et Noir a participé au match de la coupe Grey, il y a deux ans, à Toronto.

Oui, l’équipe avait gagné. Mais surtout, le bloqueur étoile avait passé la semaine à essayer de convaincre sans succès le personnel médical de l’équipe à lui donner le feu vert pour jouer.

« Dans ma tête, j’étais convaincu que j’étais assez rétabli pour disputer cette partie. Je voulais tellement être sur le terrain. Surtout que tu ne sais jamais si une pareille occasion va se pointer à nouveau dans une carrière », a relaté Rogers, qui avait été opéré trois mois plus tôt pour des ligaments déchirés à une cheville.

« Deux ou trois semaines de plus et j’aurais été en mesure de jouer. Ça me faisait quelque chose de devoir me contenter d’un rôle de spectateur sur les lignes de côté. »

C’est pourquoi Rogers, qui a fêté ses 32 ans en mai, s’avérait un des joueurs les plus souriants chez le Rouge et Noir à leur descente de l’avion, mardi, à Edmonton.

« J’ai joué au match de la coupe Grey en 2015 à Winnipeg et nous avions perdu. Je veux aider cette équipe à gagner à nouveau. »

Ça viendrait clore de belle façon une année dont les premiers mois avaient été éprouvants pour la famille Rogers au Texas.

La conjointe du vétéran joueur de ligne offensive lui a donné la frousse en janvier après avoir été victime de complications à l’accouchement du quatrième enfant du couple, SirChristian. Elle a dû être hospitalisée pour un bout de temps.

« Son cœur avait de la misère à pomper du sang. Mais elle va bien maintenant », a précisé le gaillard de 6’4’’ et 319 livres.

Rachel Rogers avait déjà éprouvé des problèmes cardiaques après avoir donné naissance à un autre enfant, SirVincent Junior, en 2015. Elle avait toutefois retrouvé la santé, reprenant son travail d’enseignante d’anglais à une école secondaire de Houston où elle dirige aussi l’équipe d’athlétisme.