Kevin Brown se fait rapidement un nom à travers la LCF.

Deux interceptions qui ont échappé à Brown

Il y a Kevin Brown, l’ancien lanceur étoile du baseball majeur.

C’est sans compter Kevin Brown l’humoriste américain, Kevin Brown le guitariste britannique et Kevin Brown le poète. À cela s’ajoute Kevin Brown le personnage fictif campé par Tommy Lee Jones dans les films Men in Black.

Le Rouge et Noir possède son propre Kevin Brown en ce début de saison. Un secondeur natif d’Indianapolis qui habite dorénavant à Gatineau, non loin du Musée canadien de l’histoire.

Le joueur âgé de 24 ans se fait rapidement un nom à travers la Ligue canadienne de football (LCF). Il a réussi cinq autres plaqués dans le gain des siens, vendredi, à Montréal. Mais surtout, il croyait bien avoir réussi ses deux premières interceptions en carrière dans les pros.

Mais elles ont été annulées par les officiels. La première quand la reprise vidéo a démontré que Brown avait échappé le ballon avant de faire contact avec le sol. La seconde en raison d’une pénalité prise loin du jeu par un autre joueur du Rouge et Noir.

« C’est décevant car tu travailles tellement fort et les joueurs à la position de secondeur n’ont pas souvent l’occasion de mettre la main sur le ballon», a dit Brown.

«La première, c’est de ma faute. J’aurais dû mieux sécuriser le ballon. Je croyais bien l’avoir, mais la reprise vidéo ne ment pas. Puis la seconde interception, c’est simplement de la malchance.»

Brown, qui fait 6’1’’ et 226 livres, entame sa deuxième saison chez le Rouge et Noir, sa première en tant que partant. Il avait disputé 11 parties en 2017.

Sa meilleure performance est survenue en demi-finale de l’Est contre les Roughriders de la Saskatchewan. Il avait réussi huit plaqués, un sommet dans l’équipe.

Le nouveau coordonnateur défensif Noel Thorpe l’a vite adopté. Kevin Brown a été un des premiers noms qu’il a prononcés en parlant des jeunes joueurs avec lesquels il avait hâte de travailler à son arrivée à Ottawa.

Brown ne l’a pas eu facile l’automne dernier. Au même moment où il faisait ses preuves chez le Rouge et Noir, sa mère Teresa était opérée pour un cancer à la vésicule biliaire.

Aujourd’hui, elle se porte mieux. Fiston, lui, joue son meilleur football en carrière. Et il se plaît dans cette équipe.

Un des joueurs avec lequel il a tissé des liens ? Le vétéran Kyries Hebert.

Les deux hommes sont des voisins dans le secteur Hull. Hebert habite avec sa conjointe et leur fille née au printemps.

Brown, lui, a aménagé non loin avec sa copine.

Il n’y a pas de projet de bébé pour le jeune couple. «Non non», a-t-il lancé, sourire en coin.

La paire a profité de quelques congés pour découvrir l’Outaouais.

«Nous avons visité les sculptures», a souligné Brown en parlant de Mosaïculture, ces 45 œuvres gigantesques au parc Jacques-Cartier.

«Puis nous avions une bonne vue pour les Feux d’artifice lors de la fête du Canada», a-t-il ajouté.

Le joueur a même commencé à apprendre le français. Son voisin Kyries, marié à une Québécoise, lui sert d’enseignant.

«Je connais des mots, mais il me reste maintenant à bien construire des phrases», a avoué Kevin Brown, le joueur gatinois du Rouge et Noir.

UN PLAQUÉ FAIT RAGER HEBERT

Kyries Hebert a applaudi la victoire des siens, vendredi, à Montréal. Mais il y a une chose qui a déplu au secondeur étoile, confiné à un rôle de spectateur en raison d’une suspension d’un match.

Son coéquipier en défensive, Corey Tindal, a été frappé à la tête, casque contre casque, par le demi-offensif des Alouettes, Tyrell Sutton, lors d’une course. Le geste violent n’a pas été pénalisé par les officiels.

Et jusqu’ici, la LCF a été très discrète. Aucune amende n’a été décernée, ni de suspension.

Hebert se demande bien pourquoi. Il a été réprimandé à quatre reprises durant sa carrière pour des coups à la tête. Le plus récent, le 28 juin aux dépens du receveur des Stampeders de Calgary, Davaris Daniels, lui a coûté une partie.

« Si c’était moi (qui avait frappé Tindal), je serais probablement déjà suspendu. Mais on parle ici d’un joueur offensif (...) Cela dit, je suis responsable de mes gestes. J’ai respecté la décision du commissaire à mon endroit et j’ai assumé les conséquences. »

Ce qui semble le chicoter encore plus ? La séquence pendant laquelle son ami se fait frapper est devenue virale sur les médias sociaux. Le diffuseur officiel de la LCF, le réseau TSN, l’a montrée aussi à plusieurs reprises durant ses bulletins de fin de soirée.

« Le plaqué est glorifié par TSN. On dit que le joueur a été extraordinaire, qu’il a bien synchronisé son plaqué en courant avec le ballon. Mais si c’est moi qui avais fait ça, on dirait que c’est dégueulasse », a déploré Hebert.

« Je n’en reviens pas qu’on n’entend pas parler de ce geste. »

Ses coéquipiers et lui peuvent au moins se consoler à l’idée que Corey Tindal n’a pas été blessé sur la séquence. Il a participé à l’entraînement du Rouge et Noir, lundi, et doit affronter les Stampeders de Calgary, jeudi, à la Place TD.