Richard Leonard, des Tigers-Cats de Hamilton, s’empare du ballon pendant un match contre les Argonauts de Toronto. Contrairement à Ottawa, Hamilton a le vent dans les voiles. Le prochain adversaire du Rouge et Noir a remporté ses deux derniers matches.

Deux clubs en directions opposées

La dernière fois que le Rouge et Noir a affronté les Tiger-Cats de Hamilton, un de ses joueurs vedettes avait mis le feu aux poudres. Kyries Hebert avait écorché non seulement l’équipe adverse, mais la ville du Sud ontarien.

« Je déteste Hamilton. La ville est merdique. Les uniformes de l’équipe sont laids », avait déclaré le vétéran secondeur. Il avait aussi affirmé ne pas aimer le quart-arrière Jeremiah Masoli en plus de qualifier le secondeur Simoni Lawrence de « joueur surévalué ».

Ottawa avait fini par gagner ce match 21-15 grâce à sept placements du botteur recrue Lewis Ward.

Ça se passait en juillet.

Presque trois mois plus tard, les deux clubs croiseront à nouveau le fer. Et beaucoup de choses ont changé.

Le Rouge et Noir (8-7) a perdu ses deux derniers matches et son emprise sur le premier rang. Il doit maintenant partager le sommet de la division Est avec les Ti-Cats (8-7) qui ont collé deux victoires de suite.

Ces deux formations – qui se dirigent dans des directions opposées – s’affronteront à deux reprises dans les neuf prochains jours, dont vendredi soir à la Place TD.

Tous les experts, ou presque, favorisent maintenant Hamilton pour gagner le titre de la division Est et éventuellement participer au match de la coupe Grey. Même le simulateur du site web de la Ligue canadienne de football (LCF) accorde peu de chance à Ottawa de veiller tard cet automne.

« Je pense que cette machine-là est cassée », a soutenu Hebert, jeudi, à la veille du premier des deux face-à-face avec les Ti-Cats. Les deux équipes croiseront à nouveau le fer le 27 octobre au parc Tim Horton.

« Nous avons passé une bonne partie de la saison au premier rang et nous sommes placés dans le camp des négligés. C’est OK comme ça », a lancé Hebert, 38 ans, sourire en coin.

Pour le reste, le joueur le plus âgé du Rouge et Noir est demeuré bien sage dans ses commentaires. Pas question de fouetter des Tiger-Cats déjà bien redoutables.

Surtout que l’unité défensive ottavienne sera rapiécée en vue de ce match contre Masoli et une attaque explosive. Quatre membres de l’alignement partant ne pourront pas enfiler les épaulettes.

Antoine Pruneau, Avery Williams, Kevin Brown et Randall Evans sont tous blessés.

Résultat, le secondeur recrue Anthony Cioffi sera muté en maraudeur. Acquis des Alouettes de Montréal il y a une dizaine de jours, Chris Ackie obtiendra un premier départ en défensive.

Ce dernier jouera aux côtés de son ami Kyries Hebert. Les deux hommes étaient coéquipiers lors des trois années précédentes dans la métropole québécoise.

« C’est drôle car j’ai reconduit Chris il y a quelques jours à Montréal afin qu’il puisse récupérer ses effets personnels. Nous avons eu l’occasion de jaser longuement de football. J’ai bien hâte de jouer à nouveau avec lui en défensive », a affirmé Hebert.

Un autre qui a hâte de voir la paire réunie ? Le coordonnateur défensif Noel Thorpe. Il aura besoin des deux secondeurs pour ralentir l’attaque classée numéro 1 dans la LCF. « Je te dirais qu’il s’agit d’une attaque bien différente de toutes les autres dans la ligue, a expliqué Thorpe. Ils possèdent des receveurs petits, mais rapides. Si tu donnes beaucoup de temps à leur quart-arrière, ils vont te faire très mal. »

Le Rouge et Noir avait bien contenu Masoli et ses receveurs en juillet dernier, limitant les Ti-Cats à un touché, deux placements et un simple. « Je ne te dirai pas ce que nous avons bien fait dans ce match », a lancé Thorpe, sourire en coin.

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Place au retour d’E.T.

L’épouse du plaqueur Ettore Lattanzio s’avère plus heureuse que lui de le revoir enfin sur le terrain, 11 mois après son dernier match. Le joueur originaire d’Orléans affrontera les Ti-Cats vendredi à la Place TD. Il était blessé depuis le printemps après avoir étiré des muscles à l’aine. « Même si je ne jouais pas, ma femme a assisté à toutes nos parties. Elle sera contente de me voir enfin en uniforme », a soutenu Lattanzio, qui s’est marié durant la saison morte.

Ce dernier ne croyait jamais rater 15 matches en raison d’une pareille blessure à l’aine. « Pendant longtemps, il n’y avait aucune amélioration dans mon état de santé. J’avais des problèmes à effectuer des choses simples à la maison, dont sortir du lit », a-t-il relaté. Son retour au jeu fera beaucoup de bien au Rouge et Noir. D’abord, celui qui est surnommé « E.T. » est très apprécié de ses coéquipiers. Mais surtout, Lattanzio est un substitut de premier plan dans la LCF. En 2016, l’ancien joueur des Gee Gees avait obtenu cinq sacs. Il était utilisé dans une rotation avec le partant canadien Zack Evans. Vendredi, les entraîneurs comptent l’utiliser en rotation avec le partant Michael Klassen.

Parlant d’anciennes vedettes des Gee Gees, il y en a une qui se rapproche d’un autre record. Le botteur Lewis Ward a réussi 43 tentatives de placement de suite. Après avoir battu la marque de la LCF, le joueur du Rouge et Noir pourrait égaler le record de 44 pour toute ligue professionnelle confondue détenu par Adam Vinatieri, des Colts d’Indianapolis, de la NFL.