On ne voyait pas d'inquiétude sur les visages des joueurs, hier après-midi lors d'un entraînement du Rouge et Noir à la Place TD, malgré deux défaites consécutives en début de saison.

Des ratées dignes... de champions

Deux équipes d'expansion, deux débuts complètement à l'opposé.
Les défunts Renegades d'Ottawa avaient marqué 51 points à leurs deux premières parties dans la LCF en 2002. Tout ça avec un inconnu au poste de quart-arrière en Dan Crowley.
Un peu tout le monde se disait que le Rouge et Noir serait mieux équipé à l'attaque avec Henry Burris, un futur membre du Temple de la renommée. Que l'offensive serait le moindre des problèmes de la nouvelle franchise de la capitale nationale.
Erreur.
Le Rouge et Noir n'a inscrit que 39 points à ses deux premières sorties, des revers de 36-28 à Winnipeg et de 27-11, vendredi dernier, à Edmonton. Pire, il n'a obtenu qu'un touché lors des sept derniers quarts de jeu.
Inquiets les vétérans de l'équipe ?
Si oui, ça ne paraissait pas dans leur visage, hier après-midi, à l'issu d'un long entraînement à la Place TD.
« J'ai vécu une pareille séquence chez les Lions de la Colombie-Britannique en 2011. Nous avons rebondi en gagnant plus tard durant l'année la coupe Grey, a fait valoir le receveur canadien Paris Jackson.
« Comme on le répète souvent dans le sport, ce n'est pas comment tu entames une saison, mais bien comment tu la termines. »
Parlons des débuts de matches.
Ottawa était en avance contre les Blue Bombers à la demie. Même chose contre les Eskimos, menant 7-2. Chaque fois, le Rouge et Noir a fini par se tirer dans le pied en écopant de plusieurs pénalités dépassant le cap des 100 verges.
« Il faut se montrer un peu plus intelligent et apporter les correctifs nécessaires, a plaidé l'entraîneur-chef Rick Campbell.
« Des erreurs, nous en avons commis plusieurs lors des deux premières parties. Mais il y a aussi des éléments positifs. Nous avons bien protégé le ballon », a ajouté Henry Burris.
Ce dernier, qui avait été intercepté 19 fois en 2013, n'a pas encore lancé une passe dans les mains d'un joueur adverse jusqu'ici en ce début de saison. Ses coéquipiers et lui n'ont pas échappé le ballon non plus.
« Toutes les formations passent par des séquences difficiles à l'attaque durant une saison. Personne ne va connaître une saison parfaite, a ajouté Burris », qui n'a récolté que 134 verges par la passe lors du dernier match.
La réalité ?
« Nous avons affronté deux bonnes équipes », a noté le vétéran de 15 saisons dans la LCF.
Les chiffres ne mentent pas. Edmonton et Winnipeg ont une fiche combinée de 6-0. Qui dit mieux dans ce circuit à neuf clubs ? Personne.
« L'an dernier lorsque je jouais chez les Tiger-Cats de Hamilton, nous avions entamé la saison avec une victoire et quatre revers, a poursuivi le quart-arrière âgé de 39 ans. Nous avons abouti dans le match de la coupe Grey. »
Ce qui l'a mené à sortir un cliché comme son ami Jackson.
« La saison est longue », a soutenu Burris.
Heureusement, a-t-il rappelé, les choses ne vont pas mieux pour les adversaires du Rouge et Noir (0-2) dans la section Est.
Les Argonauts de Toronto et les Alouettes de Montréal trônent au premier rang avec un dossier identique de 1-2.
L'autre bonne nouvelle ?
Ottawa disputera enfin un premier match dans son nouveau domicile. Les Argonauts seront en ville vendredi soir à la Place TD, qui est déjà assurée d'affiche complète.
Hier, des travailleurs de la construction mettaient la touche finale à l'installation du tableau indicateur en bordure de la rue Bank.
« L'atmosphère sera exceptionnelle et nous voulons que notre performance soit tout aussi exceptionnelle sur le terrain, a enchaîné Henry Burris.
« La dernière chose que nous voulons à la fin de la semaine, c'est de nous retrouver avec une troisième défaite à notre fiche. »