Arnaud Gascon-Nadon a connu la joie de gagner un championnat à domicile dans les rangs universitaires. Il ne demande pas mieux que de répéter l'expérience chez les pros, cette année à Ottawa.

Des odeurs de la coupe Grey

Arnaud Gascon-Nadon entend les coups de marteau qui se donnent depuis deux jours. Il a aussi vite remarqué les travaux qui se déroulent près de l'une des zones des buts de la Place TD.
L'aménagement des estrades temporaires en vue du match de la coupe Grey, qui aura lieu dans deux mois, a commencé. Cette section pourra asseoir plus de 10 000 spectateurs lors de la finale de la LCF.
« Tout le monde dans l'équipe a remarqué ce qui se passe », a avoué l'ailier défensif du Rouge et Noir.
Même l'entraîneur-chef Rick Campbell en a parlé jeudi matin avant le départ de son équipe vers Winnipeg. Un match contre les Blue Bombers attend les champions en titre de la coupe Grey, vendredi soir, au Investors Group Field.
« Quand tu vois ça monter, tu te dis qu'il ne faut pas rater le bateau. Qu'il faut vraiment être ici le 26 novembre. Qu'il faut être au match de la coupe Grey, mais pas en tant que spectateur », a lancé Gascon-Nadon.
Le Rouge et Noir a participé aux deux dernières finales. Il a perdu en 2015 à Winnipeg, gagnant ensuite l'automne dernier à Toronto.
« Je me dis que ça serait incroyable que l'équipe participe à cette partie. Ça serait fou raide partout dans la ville. »
Gascon-Nadon a déjà disputé une finale d'un championnat sur un terrain local. Ça remonte à ses années dans les rangs universitaires.
Plus précisément en 2010 chez le Rouge et Or de l'université Laval.
« Il y avait plus de 20 000 spectateurs. Au début, il ne faisait pas beau. Il a ensuite commencé à neiger un peu. Après un bout de temps, il neigeait en tabarouette. Puis avec deux minutes à faire au quatrième quart, le soleil est sorti. C'était incroyable. »
Surtout, son équipe avait gagné.
« 29-2 contre Calgary, s'est souvenu Gascon-Nadon. J'aimerais bien revivre l'expérience, mais chez les pros maintenant. »
Sauf qu'il faudra que le Rouge et Noir commence à gagner plus souvent.
Ottawa a beau trôner au premier rang de la division Est, mais sa fiche de 5-7-1 n'effraie personne. Il lui reste cinq parties à disputer, dont trois en territoire très hostile.
Il y a Winnipeg dans les prochaines heures, puis Vancouver le 7 octobre et Régina six jours plus tard. Trois clubs qui montrent un dossier plus reluisant.
« Ça ne sera pas facile d'ici la fin de la saison régulière, a reconnu Gascon-Nadon. Nous nous sommes creusé un trou en début de saison... Il faut prendre ça une semaine à la fois. »
Alignement amputé
En plus d'affronter un club redoutable en les Blue Bombers, le Rouge et Noir misera sur un alignement amputé de plusieurs joueurs importants. Trevor Harris ratera un deuxième match de suite tandis que son remplaçant le week-end dernier, Drew Tate, sera le deuxième quart réserviste. Ryan Lindley, qui en sera à un premier départ dans la LCF, guidera l'attaque.
Devant lui, Jon Gott et Nolan MacMIllan manqueront à l'appel au sein de la ligne à l'attaque. Lindley aura aussi une cible en moins puisque le receveur Joshua Stangby ratera plusieurs parties en raison d'une blessure musculaire à l'abdomen.
Retour en force de Powell
La patience du Rouge et Noir commence à rapporter. Souvent blessé lors des deux dernières saisons et demie, William Powell vient de connaître son match le plus fructueux.
Le demi-offensif a porté le ballon 25 fois pour 144 verges contre les Alouettes de Montréal, un sommet en carrière pour lui depuis ses débuts dans la LCF en septembre 2015. « Je sais que les gens vont s'attendre à une performance similaire lors de notre prochaine partie », a-t-il avoué.
« C'est correct. C'est ça mon plan. Je veux même faire mieux ! »
Powell, 29 ans, avait raté les trois parties précédentes du Rouge et Noir. Il croyait être prêt à revenir au jeu contre les Tiger-Cats de Hamilton le 9 septembre.
« Mais nous avons décidé de lui accorder une semaine supplémentaire pour nous assurer qu'il était bel et bien remis de sa plus récente blessure. Je sais que cela l'avait chatouillé un peu », a soutenu l'entraîneur-chef Rick Campbell.
Finalement, ses adjoints et lui ont eu raison.
« On revoit le porteur de ballon explosif que l'on a déjà connu », a-t-il reconnu.
« Oui, j'aurais aimé revenir une semaine plus tôt. J'étais frustré quand on m'a dit d'attendre. Mais avec un peu de recul, la bonne décision a été prise. Je me sentais tellement bien lors du dernier match. J'étais frais et j'avais l'impression que tout était de retour à la normale. »
Powell avait raté la saison 2016 en raison d'une déchirure du tendon d'Achille lors d'un match hors-concours. Puis tôt cette saison, une nouvelle blessure à une cheville lui a coûté deux parties. Un bobo qui a refait surface à la mi-juillet puis la mi-août.
« J'espère bien rester en santé d'ici la fin de la saison », a laissé tomber l'Américain du Texas. Le Rouge et Noir l'espère aussi.