Antoine Pruneau et Corey Tindal tentent de freiner B.J. Cunningham. Le Rouge et Noir a encaissé sa deuxième défaite de la saison, samedi.

Des changements dans l’air pour le Rouge et Noir ?

À la conclusion du match, samedi, Marcel Desjardins est descendu sur le terrain de la Place TD. Le directeur général du Rouge et Noir d’Ottawa est allé se positionner de façon stratégique, près de la porte du vestiaire.

Là, il était bien placé pour observer le non-verbal de chaque joueur, au terme du match perdu 36-19 contre les Alouettes de Montréal.

Chaque joueur avait une réaction différente, alors qu’une autre semaine de travail se terminait sur une note négative.

Personne, toutefois, n’avait l’air aussi fâché que Desjardins lui-même.

Avec sa fiche de deux victoires contre deux revers, le Rouge et Noir n’est pas encore dans le pétrin.

La saison débute à peine.

Le rôle du DG consiste quand même à identifier les joueurs qui aident l’équipe à gagner... et ceux qui ne le font pas.

Les deux revers consécutifs encaissés à domicile pourraient lui donner le goût d’apporter des modifications à sa formation.

Desjardins n’a pas parlé aux médias. 

Après le match, cette responsabilité appartient à l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Et ce dernier prône la patience. 

Il ne faut surtout pas prendre des décisions qu’on pourrait regretter, intervient-il.

« Il ne faut pas être trop patients, a-t-il commencé. Il ne faut pas non plus prendre de mauvaises décisions irréfléchies parce qu’on vient de perdre quelques parties. »

« Il faut s’assurer de prendre les bonnes décisions. Il faut réparer ce qui doit être réparé. Effectuer des changements pour le simple plaisir de la chose, ce n’est jamais bon », a poursuivi l’homme qui dirige le club depuis son arrivée dans la Ligue canadienne de football, en 2014.

Cambpell avait l’air de mieux se porter que Desjardins, au terme d’une rencontre où son équipe a été victime de six revirements.

Il a même été capable de l’exprimer, clairement. « Je ne dirais pas que je suis fâché. J’aime le groupe de joueurs que je dirige. C’est quand même un peu frustrant. Ouais, je dirais que je suis frustré », commente-t-il.

« Je ne suis pas nécessairement déçu de nos gars. Comme je vous dis, j’aime notre groupe. Je crois que la fondation d’une bonne équipe est là. »

« C’est quand même frustrant d’offrir des cadeaux, comme ça, à nos adversaires... »

Il ne régnait pas une ambiance trop joyeuse dans le vestiaire du Rouge et Noir, en début de soirée, samedi. On y retrouvait quelques vétérans à l’arrivée des journalistes.

La panique

« Ça fait quand même huit ans que j’évolue dans cette ligue, a dit le receveur québécois Julian Feoli-Gudino. C’est clair que, quand une équipe commence à perdre, la panique s’installe. Moi, je pense que tous les joueurs dont on a besoin sont déjà dans ce vestiaire. »

« Nous avons la bonne attitude. Il ne faut pas chercher le bouton panique. Il faut juste mieux exécuter », d’ajouter celui qui a capté quatre passes dans la défaite.

Son coéquipier Brad Sinopoli en a fait autant.

« Toutes les équipes de notre ligue ont du talent, dit-il. Nous avons commis quelques erreurs de trop. Nous avons donné des ailes aux Alouettes. La saison est longue. Il ne faut pas trop s’en faire », dit-il.

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DAVIS CONSERVE SON POSTE...  POUR L'INSTANT

« Je crois beaucoup en Dom. »

Quand une équipe de football connaît des ennuis, le quart-arrière est souvent celui qu’on montre du doigt en premier.

Celui du Rouge et Noir, Dominique Davis, a connu une autre sortie difficile, samedi. Il a complété tout juste 62,7 % de ses passes.

Quand Rick Campbell dit que « le Rouge et Noir n’a pas été capable de compléter des jeux importants dans les moments cruciaux », contre les Alouettes, il doit forcément sentir qu’il est visé.

Davis peut quand même respirer. Il devrait quand même être à son poste lorsque le prochain match débutera, vendredi soir prochain, à Winnipeg.

« Je crois beaucoup en Dom, répète l’entraîneur-chef. Au football, on trouve 45 joueurs sur le terrain. Il y a plusieurs entraîneurs, aussi. Tous ces gars ont le pouvoir de bien faire paraître les autres. Quand on va se mettre à réaliser de gros jeux en défensive et dans les unités spéciales, tous les individus vont mieux paraître. »

Davis a lancé trois passes de touché, jusqu’ici, en 2019. Ces trois passes ont été lancées dans un seul match, contre les Roughriders de la Saskatchewan.

Samedi, il a été victime de sa septième interception. En tout début de rencontre, il a lancé un très mauvais ballon, directement dans les mains du demi de coin des Alouettes, Tommie Campbell.

« Je vais lever mon chapeau aux gars de Montréal. Ils ont mieux joué que nous, aujourd’hui. C’est comme ça que ça marche », a simplement soupiré Davis, après la partie.

L’athlète de 29 ans a eu le courage de faire face aux caméras. Il n’avait malheureusement pas grand-chose à dire.

Il avait, en somme, une chose à dire.

« Je devrai regarder le film du match », a-t-il répété au moins quatre fois durant une courte mêlée de presse.

Vas-tu traîner tes problèmes à la maison ? « Je vais regarder le film du match. »

Vos problèmes sont-ils imputables à une série de petites erreurs ? « Je l’ignore. Je le saurai quand j’aurai vu le film du match. »

Vous étiez dans le coup au troisième quart. Est-ce que ça vous console un peu ? « Il ne faut pas se tirer dans le pied. J’ai hâte de regarder le film du match. »