Le Rouge et Noir doit limiter les revirements. La semaine dernière, les Argonauts ont profité de trois gaffes pour inscrire 17 points.

Des airs de 1991 à Ottawa

Damon Allen était le quart-arrière de l'équipe. Reggie Barnes portait le ballon et la vedette défensive avait pour nom Angelo Snipes.
Faites la connaissance avec les Rough Riders. Plus précisément l'édition 1991.
Pourquoi remonter dans le temps? Parce que le Rouge et Noir pourrait devenir la première équipe de la LCF à Ottawa depuis ces Riders à ne pas gagner à ses quatre premiers matches de la saison régulière.
À l'époque, l'entraîneur-chef Steve Goldman avait perdu son emploi le lendemain de la quatrième partie. Joe Faragalli l'avait remplacé pour mener l'équipe à quatre victoires de suite et une fiche de 7-11.
Pas de danger par contre que le coach du Rouge et Noir écope. Rick Campbell a dirigé les siens à la conquête de la coupe Grey l'an dernier. De plus, on vient de lui accorder une prolongation de contrat. L'homme se trouve bien en selle.
Sauf que la nervosité se sent tout de même chez les partisans, qui commencent à s'inquiéter pour leurs favoris.
«Il y a toujours de la pression sur une équipe de gagner des parties », a rappelé Campbell, jeudi, avant le départ du Rouge et Noir vers l'Alberta. Son club affrontera les Eskimos d'Edmonton, vendredi soir.
«Nous voulons retrouver cette sensation agréable qui survient après une victoire. Nous travaillons fort depuis le début de la saison et nous voulons enfin être récompensés.»
Ottawa a perdu par quatre points contre Calgary en plus de se contenter d'un verdict nul face à ces mêmes Stampeders. Il s'est incliné par un maigre point le week-end dernier aux mains des Argonauts de Toronto.
«Quand tu ne gagnes pas des matches, c'est normal que tu te poses des questions, que tu veuilles savoir pourquoi ça ne marche pas», a soutenu le capitaine des unités spéciales, Patrick Lavoie.
«En ce moment, on trouve des façons de perdre des matches au lieu de trouver des façons de gagner. Nous aurions pu gagner facilement chacune de ces parties.»
Le Rouge et Noir doit limiter les revirements. La semaine dernière, les Argonauts ont profité de trois gaffes pour inscrire 17 points. Il y a eu un ballon échappé, une interception et surtout un jeu truqué bousillé qui a été appelé à un moment douteux dans le match.
Lavoie croit que ses coéquipiers et lui doivent s'inspirer de l'un des plus redoutables prédateurs aquatiques, le requin.
«Il faut achever le travail quand nous sentons du sang dans l'eau», a-t-il imagé.
Ottawa possédait deux fois l'avance à la mi-temps lors des trois premières parties du calendrier régulier. Des avances qu'il a laissé filer.
«Il ne faut pas commencer à paniquer et tout changer. L'équipe doit continuer à se préparer de la même façon. Nous étions prêts lors de ces trois matches. Nous avons passé près de gagner. Donc, il y a des choses que nous faisons bien», a fait valoir le vétéran centre-arrière.
Cette quatrième joute de l'année marquera les débuts du receveur recrue Daje Johnson, qui a épaté au camp d'entraînement. Il pourrait être utilisé notamment pour les retours de botté d'envoi.
Ellingson a encore des ailes
La dernière fois que les deux équipes se sont affrontées, il neigeait. Il ventait. Il faisait froid.
C'était en novembre à l'occasion de la finale de l'Est. Tout souriait au Rouge et Noir ce jour-là contre les Eskimos d'Edmonton à la Place TD.
Huit mois plus tard, le même Rouge et Noir est incapable de gagner.
Pire, il s'apprête à affronter les Eskimos qui n'ont pas encore subi la défaite en 2017. Cette fois-ci, le face-à-face se passera à Edmonton. Plus précisément au Commonwealth Stadium où on prévoit un temps chaud et humide.
« Une bonne chose que la météo soit plus favorable », a avoué Greg Ellingson, sourire en coin.
Ce dernier avait été un des héros de la victoire du Rouge et Noir lors de la finale de l'Est. Il avait notamment célébré un touché en faisant un ange dans la neige.
« Les gens m'en parlent encore. C'est devenu viral sur les médias sociaux. J'avais des gens qui s'étaient filmés en m'imitant dans la neige », a raconté Elligson en riant.
« Ce fut un beau moment. Mais ça, c'est maintenant du passé. »
Si ça ne va pas bien en ce moment pour l'équipe, c'est différent pour le numéro 82. Ellingson est le receveur le plus productif de la LCF après trois parties avec ses 369 verges.