Noah Picton (à gauche) et Hugo Richard devront peut-être changer de position s'ils espèrent être repêchés un jour.

Défi est-Ouest au PEPS: quel avenir pour les quarts ?

Québec - Zéro. Aucun quart-arrière n'a été sélectionné au repêchage de la LCF, dimanche. Comme l'an passé. Cette semaine, des 91 joueurs de football universitaires canadiens venus se faire voir par les recruteurs à Québec au Défi Est-Ouest, quatre ont plus d'un mur à abattre.
Deux comptent pourtant parmi les meilleurs pivots amateurs au pays. Hugo Richard a mené le Rouge et Or de l'Université Laval au titre de champion de la Coupe Vanier, l'automne dernier. Pendant que Noah Picton, des Rams de l'Université de Regina, était sacré joueur universitaire par excellence au Canada grâce à 3186 verges de gains amassés par la passe en huit matchs réguliers, un record.
« Dans n'importe quel match, je veux bien faire et gagner. Je ne peux pas nier la présence des dépisteurs qui nous observent, mais l'important pour moi est de bien jouer, pas de bien paraître », a expliqué Richard, mardi midi, lors d'une rencontre de presse pour lancer la semaine d'activités menant au match des étoiles des joueurs admissibles au repêchage de 2018, samedi (12 h 30).
Si la tendance se maintient, ni Richard ni Picton n'entendra son nom lors de la prochaine séance de repêchage. Du moins pas comme quart. Dans les 14 dernières années, seulement cinq quarts-arrières canadiens ont été choisis par les neuf équipes de la LCF.
Du nombre, Marc-Olivier Brouillette (maraudeur) et Brad Sinopoli (receveur) ont changé de position, tandis que Teale Orban n'a jamais surnagé l'équipe de réserve. Brandon Bridge a pour sa part été formé aux États-Unis.
Ce qui laisse Andrew Buckley comme seul quart-arrière développé au Canada à avoir été repêché comme tel dans la LCF, en 2015, entre deux trophées Hec Crighton du joueur universitaire par excellence. Buckley persiste et est principalement utilisé en situation de faufilage par les Stampeders de Calgary.
« Il porte notre flambeau, pour l'instant », affirme Richard, à propos du produit de l'Université de Calgary. « Une équipe qui donne une chance à un quart-arrière canadien, c'est encourageant. Tu ne voudrais pas juste être utilisé dans certaines situations précises, mais être utilisé, c'est déjà mieux que rien », constate le numéro 4 du Rouge et Or.
« Buckley a brisé la barrière », appuie Picton. Son petit gabarit de 5' 9'' et 180 lb limite toutefois les espoirs de Picton, aussi minimes auraient-ils pu être. En revanche, à 6' 2'' et 220 lb, Richard possède la charpente pour rêver au niveau supérieur. Mais peut-être ailleurs qu'à la position-clé de l'attaque.
« Je suis prêt à toute éventualité », répond-il, ayant déjà réfléchi à la question. « Si je suis repêché comme Mathieu Bertrand pour jouer centre-arrière, ça ne me dérange pas, je serai prêt à faire l'ajustement. Je veux jouer au football le plus longtemps possible et si ça veut dire changer de position, je suis prêt à faire le changement. »
Après avoir dominé le circuit universitaire comme pivot gaucher du Rouge et Or, Bertrand a en fait été repêché en qualité de quart, en 2003, par les Alouettes de Montréal. Mais avec l'épaule dans le dalot et des chances infinitésimales de faire sa place, il est rentré à Québec gagner une deuxième Coupe Vanier. C'est en 2004 qu'Edmonton l'a récupéré pour en faire un centre-arrière. Poste qu'il a occupé durant neuf ans chez les Eskimos.
« Si tu as un talent exceptionnel, tu vas avoir ta chance. Mais ils ne repêcheront pas un Canadien pour faire plaisir à la ligue, ils vont repêcher un Canadien s'ils sentent qu'ils vont être capables de le développer. Ça va arriver, un jour », croit celui qui est maintenant entraîneur chez le Rouge et Or.
Pas question d'obliger les équipes par règlement à avoir au moins un Canadien parmi trois pivots. « Est-ce qu'il y en a neuf de calibre ? Parce que dans la LCF, le troisième quart est important et tu dois le développer dans l'idée qu'il deviendra un jour premier », conclut Bertrand.