Choix de première ronde du Rouge et Noir en 2017, Evan Johnson a obtenu un vote de confiance de ses patrons dans les derniers jours. Il a a été muté de garde à bloqueur.

Défi de taille pour le géant Evan

Affronter les Roughriders de la Saskatchewan s’avère toujours spécial pour le jeune Evan Johnson.

C’est l’équipe de son patelin. Originaire de Régina, le choix de première ronde du Rouge et Noir en 2017 était un mordu du vert et blanc durant son enfance et son adolescence.

Johnson a eu l’occasion de jouer trois fois contre les Riders l’an dernier à sa saison recrue, dont en demi-finale de l’Est.

Mais jeudi soir à la Place TD, il y aura un cachet spécial à retrouver son ancien club favori.

Le numéro 64 s’alignera à la position de bloqueur à droite, remplaçant le joueur étoile Jason Lauzon-Séguin qui est blessé. Il a évolué en tant que garde l’automne dernier.

Une décision du Rouge et Noir qui a fait sourciller plus d’un partisan. «Je ne suis pas inquiet pour lui, a soutenu le vétéran SirVincent Rogers, l’autre bloqueur au sein de la ligne offensive.

«Evan a investi tellement de temps depuis son arrivée à s’améliorer, à perfectionner sa technique. Si jamais il a besoin de conseils, il peut venir me voir, mais je ne pense pas qu’il en aura besoin. Il va bien se débrouiller.»

L’entraîneur-chef Rick Campbell a rappelé que Johnson a déjà occupé le rôle de bloqueur dans les rangs universitaires. «C’est une des raisons pourquoi nous l’avions repêché, a-t-il dit.

«Ça et il s’avère très athlétique et polyvalent. Il peut jouer à différentes positions. C’était d’ailleurs lui qui était notre option en tant que bloqueur ou centre l’an dernier dans l’éventualité d’une blessure à un de nos partants en situation de match.»

Johnson, qui fait 6’4’’ et 280 livres, se dit prêt à relever ce défi.

«Je sais que les gars dans la LCF s’avèrent plus rapides et plus forts que dans les rangs universitaires. Mais je connais toutes mes affectations, a-t-il souligné. Je sais aussi que les Riders misent sur des ailiers défensifs redoutables.»

Un de ces ailiers, Charleston Hugues, a réussi dix sacs ou plus lors des six dernières saisons. Il a frappé le quart-arrière Ricky Ray trois fois derrière la ligne de mêlée, le week-end dernier.

«Je pense que ce sera un bon test pour moi. Ça me permettra de savoir où je me situe parmi les autres bloqueurs dans cette ligue.»

Joueur discret
Johnson était de bonne humeur en parlant de son casier dans le vestiaire. Il a confié s’être fiancé durant la saison morte. Le mariage est prévu en janvier prochain.

Ce qui a surpris ses coéquipiers autour de lui, qui n’étaient nullement au courant de ce récent développement dans sa vie amoureuse.

«Sérieux? Je l’ignorais. Félicitations», lui a lancé le bloqueur américain réserviste Eric Lofton.

Evan Johnson, c’est un peu. Un gars discret, mais qui travaille sans relâche.

Son autre confidence? «J’ai terminé mes études en génie civil durant l’hiver», a-t-il indiqué.

Mais pas question pour l’instant qu’il se déniche un emploi dans ce domaine l’hiver prochain. «C’est une chose plus importante qui m’attend... Mon mariage», a-t-il rappelé en souriant.

Entre les lignes
Tout indique que Jonathan Newsome a perdu son poste de partant en tant que demi défensif chez le Rouge et Noir. Pour une deuxième journée de suite lundi, il devait se contenter de répétitions au sein de la deuxième unité.

Celui qui a pris sa place? Avery Ellis, qui a joué 16 parties à sa saison recrue en 2017. Le produit de l’université Temple a avait réussi six sacs... Embauché à titre de joueur autonome durant l’hiver, le receveur québécois Julian Feoli-Gudino s’avère relégué à un rôle au sein des unités spéciales depuis le retour à l’entraînement du Rouge et Noir...

UN DEMI DÉFENSIF AUX RACINES CAMEROUNAISES

Le Rouge et Noir compte non seulement sur un nouveau demi défensif depuis deux jours au sein de son alignement d’entraînement. Tafon Mainsah s’avère aussi un chimiste.

« Comme ma mère », a précisé l’athlète âgé de 23 ans qui a obtenu son diplôme dans ce domaine en décembre dernier à l’université Richmond en Virginie. Ses parents sont nés au Cameroun et parlent français.

« Pas moi par contre... Mais si je reste ici assez longtemps, je vais pouvoir l’apprendre », lance Mainsah qui a vu le jour à Wichita, au Kansas.

Son papa est biologiste. Visiblement, l’amour des sciences est une affaire de famille. Leur autre passion ? Le soccer.

On le devine rapidement. Mainsah garde un œil sur la Coupe du monde.

« C’est un peu plate par contre que ni le Cameroun et ni les États-Unis y sont », a-t-il avoué.

Le jeune homme de 5’11’’ et 197 livres était un joueur de soccer doué. Il a fait partie du programme national américain durant son adolescence.

Puis à 17 ans, Mainsah s’est tourné vers le football. Il n’a eu besoin de quelques parties à l’école secondaire pour obtenir une bourse d’études universitaire chez les Spiders de l’université Richmond.

Tôt ce printemps, des équipes de la NFL l’ont invité à leur mini-camp.

« J’ai accepté finalement de tenter ma chance chez les Ravens de Baltimore et les Bears de Chicago. Aucun des deux clubs ne m’a soumis une offre de contrat. On m’a dit qu’ils étaient encore intéressés, mais je n’avais pas le goût de rester assis sur mon divan à la maison à attendre un appel, a-t-il relaté.

«Le directeur général ici à Ottawa (Marcel Desjardins) était aussi intéressé et j’ai décidé de partir à l’aventure», a-t-il ajouté, visiblement heureux de son choix.

Qui dit LCF, dit règlements différents du football de la NFL et la NCAA. Les dimensions du terrain s’avèrent aussi différentes.

Mainsah compare le tout à ses études longues et exigeantes en chimie. «J’adore apprendre. Je vois ça comme une occasion de découvrir un football différent», a-t-il dit.