Sean Decloux

Decloux veut faire sa marque à Ottawa

Sean Decloux tient à devenir le nouveau botteur de l'équipe de son patelin dans la Ligue canadienne de football (LCF).
À quel point ?
L'athlète franco-ontarien originaire d'Ottawa est même prêt à laisser tomber son emploi en ingénierie dans une firme privée de Toronto. « C'est un très bon travail, mais je ne peux pas passer à côté de cette opportunité, dit-il au bout du fil.
«De toute façon, je peux redevenir ingénieur par la suite. C'est un métier que tu peux pratiquer jusque dans la soixantaine, même quand tu es septuagénaire.»
Decloux mettait la touche finale à des projets, tard mardi soir. Il devait prendre la route de la capitale par la suite en vue du mini-camp du Rouge et Noir, qui commencera jeudi matin à la Place TD.
Un stade qu'il connaît bien. Il a eu l'occasion de le visiter pendant sa construction.
Puis il y a deux ans, il a assisté à une partie contre les Lions de la Colombie-Britannique. Une victoire durant laquelle un des nombreux botteurs à défiler au sein de l'organisation, Delbert Alvarado, avait été parfait en réussissant deux placements.
«Je me disais que ça serait bien que je me retrouve à mon tour sur ce terrain un jour, avoue Decloux, qui a disputé quatre saisons dans la NCAA, plus précisément à l'Université du Maine.
«J'ai hâte de me retrouver à nouveau au sein d'une équipe. Ça fait 18 mois depuis mon dernier match.»
Une blessure à l'aine l'a embêté en 2015, sa dernière année chez les Black Bears. Le botteur âgé de 23 ans n'a pu atteindre la cible que 11 fois sur 18 tentatives de placement.
Une baisse attribuable à ce bobo. La saison précédente, Decloux avait conservé une moyenne de 83 %.
«J'ai passé les 18 derniers mois à soigner cette blessure causée par l'usure. J'ai pu éviter une chirurgie et je suis maintenant en parfaite santé, explique-t-il, lui qui a reçu des traitements de plasma riche en plaquettes (PRP)
«J'ai passé beaucoup de temps en gymnase. Et j'ai été chanceux de trouver des surfaces synthétiques intérieures à Toronto où j'ai pu botter trois à quatre fois par semaine.»
Decloux n'a jamais été appelé à tenter un placement de plus de 50 verges durant son séjour à l'Université du Maine. Mais il assure que sa jambe s'avère assez puissante.
«Je suis confiant que tous les petits bottés, je vais les réussir, de même que les convertis.»
Un autre truc retient l'attention en zieutant sa biographie. On a affaire avec un botteur format géant. Un type qui fait 6'2'' en plus de faire osciller la balance à 210 livres.
«Quand je suis arrivé à l'université, je ne pesais que 160 livres. J'étais le grand maigre sur le terrain. Mais j'ai gagné 50 livres au fil des ans. À la fin de mon séjour là-bas, j'étais tellement costaud qu'on aurait pu m'utiliser à une autre position.»
Ce sera la première fois qu'il jouera au football à Ottawa depuis 2011. «Ma mère est très heureuse de me voir de retour», affirme-t-il, lui dont le père Victor est décédé il y a déjà 10 ans.
Ses racines francophones proviennent justement de la branche paternelle. «La famille de mon papa provient de la Belgique. Elle s'est amenée au Canada au début des années 1900, s'établissant au départ à Saint-Boniface au Manitoba, relate Sean Decloux.
«Je n'ai pas eu l'occasion de parler le français beaucoup depuis six ans. J'ai perdu quelques bouts. Mais je peux encore très bien me débrouiller.»
Decloux tentera de remplacer un autre botteur francophone, Chris Milo, qui a été libéré en février. La direction compte aussi accorder une chance à l'Américain Ray Early, qui avait dépanné l'équipe durant les éliminatoires.