Le Rouge et Noir a annoncé dimanche le décès de l’ancien bloqueur et botteur des Rough Riders d’Ottawa, Maurice Racine. Celui qui était surnommé « Moe The Toe » a été intronisé au Temple de la renommée du football canadien en septembre 2014. Le Franco-Ontarien de Cornwall est mort à l’âge de 80 ans.

Décès de «Moe The Toe»

Considéré le meilleur joueur francophone de l’histoire de la Ligue canadienne de football, Maurice Racine est décédé, dimanche, dans son patelin de Cornwall à l’âge de 80 ans.

L’ancien bloqueur et botteur surnommé « Moe The Toe » avait été intronisé au Temple de la renommée du football canadien en septembre 2014, quatre décennies après avoir disputé son dernier match en carrière au parc Lansdowne. Il a disputé 17 saisons, toutes dans l’uniforme des Rough Riders d’Ottawa, de 1958 à 1974.

Racine détient plusieurs records des défunts Riders, que ce soit ses 201 parties disputées en saison régulière, ses 36 joutes éliminatoires, ses cinq participations au match de la coupe Grey marquées par quatre victoires. Il s’avère un de 11 joueurs – le seul francophone – à avoir son numéro retiré à la Place TD.

Le « 62 » se retrouve aux côtés notamment du « 12 » de Russ Jackson, le « 26 » de Whit Tucker, le « 77 » de Tony Gabriel et maintenant le « 1 » popularisé par Henry Burris chez le Rouge et Noir. Il a été dirigé par le légendaire Frank Clair, qui avait flairé le bon coup à l’époque.

« C’est Frank qui m’avait mis sous contrat après seulement quatre pratiques en 1958. J’avais alors 19 ou 20 ans. Je ne savais pas trop jouer au football, mais j’étais rapide et surtout gros. Je mesurais 6’3 » et je pesais déjà 245 livres à l’époque, avait relaté Maurice Racine au Droit, quelques jours avant son intronisation au Temple de la renommée.

« Comme tous les jeunes à l’époque, je voulais plutôt jouer au hockey », avait-il confié, lui qui a grandi sur la rue Belmont en s’imaginant gagner la coupe Stanley et non la coupe Grey.

Le sort a voulu que l’un de ses garçons, Bruce, fasse carrière dans la LNH. Il a même soulevé la coupe Stanley en 1991 en tant que gardien substitut chez les Penguins de Pittsburgh.

Un autre de ses fils, Thomas, un policier à la retraite, a publié une biographie de « Moe The Toe » ces dernières années. Le livre intitulé Jamais mon rêve relate le parcours de son père dans la LCF de même que les défis que l’athlète francophone a fait face à ses débuts dans ce milieu anglophone.

Certains joueurs américains ne se gênaient pas pour le traiter de grenouille à l’époque.

Surnom accrocheur

Monsieur Racine avait conservé peu de souvenirs chez lui de sa glorieuse carrière au football professionnel. On retrouvait toutefois une chaussure de match que sa femme avait fait tremper dans le bronze.

La même chaussure droite qu’il a utilisée lors de sa première saison en tant que botteur en 1962.

« J’avais réussi un placement de 41 verges pour la victoire avec une seconde à faire au match à Montréal. J’étais mort. J’étais tellement fatigué. Je jouais déjà sur la ligne offensive en plus de botter », avait-il noté.

Son surnom a vu le jour dans l’heure qui a suivi son exploit.

« Le directeur général George Terlep est rentré dans le vestiaire en criant “Moe The Toe”. Même 50 ans plus tard, j’entends des gens me crier “Moe The Toe” quand je marche sur le trottoir à Ottawa ou même ici à Cornwall. »

Des mots qui réchauffaient chaque fois le cœur de Maurice Racine. « Moe The Toe, c’est un bon surnom », avait-il pris le soin de noter avec un large sourire durant cette entrevue avec Le Droit.