Dominique Davis

Davis se voit partant en 2020

Une question planait sur le Rouge et Noir, dimanche, au moment où les joueurs vidaient leur casier après une saison à oublier. Qui sera le quart-arrière partant de l’équipe en 2020 ?

Ottawa, qui a terminé le calendrier régulier avec une fiche de 3-15, a utilisé trois joueurs à cette position depuis juin. Aucun des aspirants n’a impressionné.

Ça n’empêche pas Dominique Davis de croire que ce sera lui l’heureux élu. Du moins il l’espère.

« J’estime toujours que je suis leur homme, que je peux redresser cette barque », a soutenu l’Américain de 30 ans.

« Mais ce n’est pas entre mes mains cette décision. C’est à Marcel et la direction de décider. On verra ce qui arrivera. »

Davis avait rencontré ses patrons plus tôt en matinée à la Place TD. Ces derniers lui auraient refilé un message d’espoir.

« Ils m’ont dit que je serais de retour la saison prochaine », a-t-il confié, conscient que beaucoup de choses peuvent changer d’ici le prochain camp d’entraînement en mai.

Le Rouge et Noir pourrait fort bien magasiner pour un quart partant sur le marché des joueurs autonomes. Jeremiah Masoli (Hamilton), Matt Nichols (Winnipeg), Nick Arbuckle (Calgary) et McLeod Bethel-Thompson (Toronto) seront les principaux quarts disponibles.

Il reste une saison au contrat liant Davis au Rouge et Noir. Peut-être qu’il devra se contenter d’un rôle de substitut, un peu comme il l’avait fait en 2018 derrière Trevor Harris.

« J’espère que j’aurai la chance de montrer à cette ville, à cette équipe, que je suis l’homme de la situation », a dit le numéro 4, qui avait hérité du poste de partant au camp d’entraînement.

Ses statistiques ont démontré tout sauf qu’il pouvait remplacer Harris, parti en février chez les Eskimos d’Edmonton.

En 10 parties, Davis a complété 200 passes pour 2216 verges, cinq touchés mais surtout 14 interceptions, un sommet dans la LCF. Le vétéran Jonathon Jennings a été appelé à prendre la relève, mais c’était pire.

Signe que Jennings ne s’attend pas à revenir l’an prochain, on ne l’a pas vu dimanche dans le vestiaire. Will Arndt a été l’autre quart utilisé. Et il n’a pas saisi l’opportunité.

C’est pourquoi Dominique Davis a entamé le dernier match, vendredi, contre les Alouettes. Il n’a pas mal paru.

Ce dernier dit avoir changé sa façon de se préparer en fin de saison. Il a commencé à faire de la méditation et lire des livres.

« Je pense que ma façon de jouer dans les derniers matches s’avère plus représentative du quart que je suis », a-t-il dit.

Davis a complété 31 de ses 41 passes à ses deux derniers départs, n’étant pas intercepté. Ça risque de ne pas être suffisant toutefois pour obtenir le rôle de quart numéro un le printemps prochain.

D’autres questions venaient à l’esprit dimanche lors de la dernière visite des joueurs au stade. Qui sera de retour dans quelques mois ?

Certains veulent tenter leur chance dans la NFL. Les botteurs Richie Leone et Lewis Ward devraient obtenir un essai cet hiver après avoir été les deux meilleurs joueurs du Rouge et Noir en 2019.

L’ailier défensif J.R. Tavai, qui a réussi sept sacs, pourrait aussi intéresser des clubs au sud de la frontière, tout comme le secondeur Avery Williams et le demi défensif Anthony Cioffi.

Le tout premier choix de l’histoire de la franchise en 2013, Nolan MacMillan, pourrait avoir disputé son dernier match à Ottawa. Le garde de 6’6’’ et 294 livres a écoulé la dernière année de son contrat.

Un autre joueur de longue date, Ettore Lattanzio, sera aussi à la recherche d’un nouveau pacte.

Lundi, ce sera place au bilan de fin de saison du directeur général, Marcel Desjardins. Il sera flanqué de l’entraîneur-chef Rick Campbel.

Leur patron immédiat, le président Mark Goudie, sera toutefois absent.

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Un nouveau contrat... puis un bébé

Les dernières journées ont été fertiles en émotion pour le vétéran Brad Sinopoli.

Vendredi, le receveur du Rouge et Noir a obtenu une prolongation de contrat de deux saisons. Puis dimanche, le joueur âgé de 31 ans a annoncé qu’il allait devenir papa. Sa conjointe Laura a appris qu’elle était enceinte plus tôt la semaine dernière.

Il fallait voir le sourire de Sinopoli. C’est le genre de nouvelle qui permet d’oublier sa saison la plus difficile depuis son arrivée à Ottawa en 2015.

Ce dernier a été limité à 72 passes captées pour 671 verges. Son meilleur match, il l’a connu justement vendredi en récoltant 100 verges contre les Alouettes.

Sinopoli semble déjà nerveux à l’idée de changer ses premières couches. «C’est nettement plus stressant que de capter un ballon», a-t-il lancé à la blague.

«Je vais devoir visionner des vidéos en ligne pour savoir comment m’y prendre», a-t-il ajouté en riant.

Le capitaine de l’attaque pourra prendre conseil sur le centre-arrière Anthony Gosselin, devenu père il y a huit mois. «Mon gars ne fait pas encore ses nuits», a-t-il dit, lui qui compte bien prendre la relève de sa femme maintenant que la saison est terminée.

« Nous avons été victimes de nos succès »

Jean-Philippe Bolduc n’est pas habitué de remiser ses épaulettes et casque si rapidement. Le vétéran du Rouge et Noir a toujours participé aux éliminatoires depuis qu’il joue au football. « Même dans les rangs moustiques à L’Île-Bizard. Ce n’est pas un bon feeling de voir des amis se préparer à jouer en séries pendant que moi je prépare mes vacances », a-t-il raconté, dimanche, en saluant ses coéquipiers une dernière fois.

Comment explique-t-il la dégringolade des siens au dernier rang du classement, 11 mois après avoir participé au match de la coupe Grey pour une troisième fois en quatre ans ?

« Pour être francs, nous avons été victimes de nos succès des dernières années. Quand une organisation de qualité se rend loin souvent en éliminatoires, les autres équipes veulent tes joueurs. Ça place ton directeur général dans une situation difficile. Certains de tes joueurs font sauter la banque ailleurs. »

Le Rouge et Noir ne s’est pas remis des départs des Harris, Powell, Ellingson et Rogers. Puis il y a eu les blessures. « À des positions-clés », a souligné Bolduc. Trois membres de la défensive, Jonathan Rose, Antoine Pruneau et Avery Williams, ont notamment raté une bonne partie de la saison. 

Avenir incertain pour Rose et Logan

Le Rouge et Noir pourrait voir d’autres joueurs opter pour la retraite dans les prochains mois après le départ annoncé vendredi du plaqueur Mike Klassen. Ce dernier arrête de jouer au football en raison d’une détérioration prématurée de sa hanche gauche.

Le demi de coin étoile Jonathan Rose, 26 ans, espère fouler à nouveau le terrain l’an prochain, mais rien n’est assuré.

« Je dois revoir les médecins », a-t-il dit, lui dont le dernier match remonte au 5 juillet contre Winnipeg. Ce dernier ne veut pas discuter de la nature exacte de sa blessure. « Je ne pouvais plus continuer à jouer sans compromettre ma santé », a-t-il lancé. Rose avait réussi cinq interceptions en 2018, un sommet dans la Ligue canadienne de football (LCF).

L’avenir du spécialiste des retours de botté Stefan Logan s’avère aussi nébuleux. Il tenait à prendre sa retraite après la saison, mais ses récents succès ont semé le doute dans son esprit. L’Américain âgé de 38 ans a réussi deux retours de 41 verges vendredi contre les Alouettes.

« 38 n’est qu’un chiffre », a crié Logan à l’endroit des joueurs adversaires durant tout le match. Son sort sera lié à l’état de santé de la recrue DeVonte Dedmon, qui a été blessé à trois reprises en 2019.