L'entraîneur du Rouge et Noir, Rick Campbell, parle à ses hommes avant la dernière séance d'entraînement de l'équipe avant le match de la coupe Grey.

Coupe Grey: le Rouge et Noir motivé, les Stampeders inquiets

EDMONTON — Ils sont en santé. Ils se disent prêts. Et surtout, ils s’avèrent motivés à faire taire une dernière fois leurs nombreux détracteurs, dimanche soir, au match de la coupe Grey qui sera présenté au stade du Commonwealth.

Le Rouge et Noir a tenu une dernière séance d’entraînement samedi à la veille de la 106e finale de la LCF l’opposant aux Stampeders de Calgary. Une reprise de l’édition 2016 remportée en prolongation par Ottawa.

«Le grand jour arrive enfin! Nous y avons pensé toute la semaine ici», a soutenu le capitaine des unités spéciales, Jean-Philippe Bolduc.

Ses coéquipiers et lui ont beau avoir gagné leurs quatre derniers matches, dont la finale de l’Est contre Hamilton par la marque de 46-27. Ils ont beau avoir limité à l’adversaire à deux touchés lors des 14 derniers quarts de jeu.

Et ils ont beau avoir terminé premiers de leur division avec une fiche de 11-7.

Ça n’a pas empêché les six experts sondés par LCF.ca d’opter unanimement pour les Stampeders en tant que gagnants de la coupe Grey.

«Je le sais... Et c’est correct comme ça. Cela a fonctionné pour nous depuis le début de l’année», a souligné le porteur de ballon étoile William Powell.

«Personne ne nous favorise depuis le jour Un.»

Le receveur Brad Sinopoli, qui a été élu joueur canadien par excellence jeudi dans la LCF, a rappelé que le Rouge et Noir était le négligé lors de ses deux présences précédentes au match de la coupe Grey. L’équipe a failli gagner contre les Eskimos d’Edmonton en 2015, à Edmonton. Elle a longtemps détenu l’avance avant que des pénalités la coulent en fin de match.

Puis en 2016, Ottawa était devenu seulement la troisième équipe de l’histoire de la LCF à gagner le titre après avoir compilé une fiche perdante en saison régulière.

Terrain glissant?

Le Rouge et Noir s’est entraîné pour une première fois de la semaine à l’extérieur, samedi, au stade du Commonwealth. Ils avaient passé les trois journées précédentes au chaud au Foote Field, le dôme de l’Université de l’Alberta.

Il faisait moins 13 degrés Celsius lorsque les joueurs se sont pointé le nez dehors sur le site du match de la coupe Grey. Aucune chute de neige n’est prévue dimanche. Et le mercure devrait osciller autour du point de congélation lors du botté d’envoi.

Le froid est visible dans le stade du Commonwealth à Edmonton, comme on peut le voir alors que le receveur R.J. Harris respire.
Le quart-arrière des Stampeders Bo Levi Mitchell s'est dit inquiet de l'état de la surface de jeu après l'entraînement de samedi.

«La météo ne devrait pas être un problème en vue de la partie», a répété l’entraîneur-chef Rick Campbell. Ses joueurs, eux, ont rappelé qu’ils ont excellé par le passé dans le froid, la nuit et la neige.

«Je ne suis pas inquiet. Le terrain ici ne sera pas glissant. La semaine dernière à la Place TD, c’était dur comme du ciment en raison du froid. C’était aussi glissant. Il a fallu changer de souliers à crampons», a fait remarquer le capitaine des unités spéciales, Jean-Philippe Bolduc.

«Je crois que ça s’est bien passé.»

À l’opposé, les Stampeders semblent inquiets de la qualité de la surface de jeu. Plusieurs joueurs disaient avoir perdu pied durant l’entraînement. Ils ignoraient quoi porter aux pieds dimanche.

«C’est pas mal glissant», a déploré le quart-arrière Bo Levi Mitchell.

«Je crois que ça ressemble un peu sur quoi Ottawa a joué le week-end dernier. Mais si ça reste glissant, ce le sera pour les deux clubs.»

Les Stamps veulent éviter de devenir la première équipe depuis le milieu des années 1950 à perdre le match de la coupe Grey trois ans de suite.

La foule derrière le... Rouge et Noir?

Les champions de l’Ouest espèrent miser enfin sur l’appui de la foule. La partie se déroule seulement à trois heures de route de Calgary. Plus de 55 000 personnes sont attendues.

«En 2016 à Toronto, tout le monde s’était rangé derrière le Rouge et Noir à Toronto. C’était bruyant quand nous devions nous aligner en défensive», a souligné le receveur des Stampeders, DaVaris Daniels.

Sauf que dans les derniers jours, ça scande souvent «ABC» en anglais au centre-ville d’Edmonton. La signification? «Anybody but Calgary», qui veut dire «N’importe qui sauf Calgary» en français.

«Moi, je n’ai aucun problème avec ça, a lancé en riant Rick Campbell, qui a grandi à Edmonton.

«Je sais pour avoir vécu ici que tu n’aies pas le droit d’encourager les Stampeders ou les Flames quand ils jouent ici!»

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FEOLI-GUDINO EXCELLE DANS LES MATCHES DE CHAMPIONNAT

Dix ans plus tard, Julian Feoli-Gudino tentera à nouveau d’aider une équipe à gagner un championnat.

Le receveur québécois avait été choisi joueur par excellence de la coupe Vanier en 2008. Il avait capté une passe de touché de 82 verges en plus de ramener un botté de dégagement sur 74 verges pour un autre touché dans une victoire de 44-21 du Rouge et Or de l’université Laval contre les Mustangs de Western.

«Ça va toujours me rester en mémoire ce match-là. J’avais eu de bons moments et c’était ma première coupe avec Laval», a avoué Feoli-Gudino, samedi, lors de dernière séance d’entraînement avant le match de la coupe Grey.

Julian Feoli-Gudino célèbre après la victoire des siens durant la finale de l'Est de la LCF, dimanche dernier à Ottawa.

Ce sera sa deuxième participation en carrière à la finale de la Ligue canadienne de football (LCF). Il était un réserviste en 2012 lorsque les Argonauts de Toronto avaient soulevé le trophée. C’était sa première saison chez les pros.

La bonne nouvelle à son sujet pour le Rouge et Noir?

«J’ai toujours été un gars qui a aimé les gros matches. Et demain, c’en est un gros. Je suis très excité», a soutenu Feoli-Gudino, qui a capté 11 passes pour 200 verges et deux touchés en 2018.

C’était bien loin de son rendement de l’an dernier chez les Blue Bombers de Winnipeg avec lesquels il avait attrapé le ballon 45 fois pour 462 verges et trois touchés.

«Ç’a été une saison durant laquelle j’ai beaucoup grandi. Ce fut difficile au début. Je n’ai pas connu le camp d’entraînement que j’espérais. Puis j’ai été blessé. Apprendre le cahier de jeux n’a pas été facile non plus.»

Résultat, Julian Feoli-Gudino a dû attendre en septembre avant d’obtenir un premier départ avec l’attaque ottavienne. «Les choses se sont replacées quand j’ai eu des opportunités, a-t-il dit.

«Mais je n’ai jamais été inquiet. Nous avons tellement une bonne équipe. Elle est tellement talentueuse. C’est un bon groupe de receveurs. Je ne me suis jamais senti froissé. Je comprenais les décisions des entraîneurs. C’était les bonnes.»