Le secondeur Mickael Côté (39) fait partie des nouveaux joueurs francophones à tenter leur chance cette année chez le Rouge et Noir. Il a été un choix de quatrième ronde au dernier repêchage.

Côté cogne chez le Rouge et Noir

Mickael Côté aime cogner. C’est lui qui le dit tout haut.

Les statistiques personnelles du choix de quatrième ronde du Rouge et Noir au dernier repêchage de la LCF le confirment. Le secondeur québécois, qui a grandi à Mont Saint-Hilaire, a réussi 40 plaqués en sept parties en 2017 chez les Stingers de Concordia.

Il s’agissait d’un sommet dans la conférence du Québec de la ligue de football universitaire canadienne.

« Quand j’ai commencé à jouer au football, j’étais receveur. Je voulais être comme Jerry Rice, s’est rappelé Côté en faisant allusion à l’ancienne vedette des 49ers de San Francisco et des Raiders d’Oakland dans la NFL.

«Mais j’ai vite remarqué que dans les parties, je n’essayais pas d’éviter les joueurs adverses quand je captais le ballon. Je fonçais plutôt directement dessus ! Je cherchais le contact !»

Son premier entraîneur l’a vite noté.

«Il m’a dit que je serais mieux de jouer en défensive», a relaté l’athlète âgé de 25 ans, qui fait 6’3’’ et 225 livres.

Reste à voir maintenant si Côté pourra continuer à plaquer autant dorénavant chez les pros.

Le Rouge et Noir a besoin de renflouer sa banque de joueurs canadiens en défensive.

Seuls Antoine Pruneau, Jean-Philippe Bolduc, Nigel Romick et Andrew Marshall sont de retour. L’avenir du vétéran Connor Williams, qui a subi une commotion cérébrale la saison dernière, représente un point d’interrogation.

Côté estime que sa polyvalence pourrait l’aider durant le camp d’entraînement qui a commencé mercredi à la Place TD. Qui sait, il pourrait peut-être devenir le couteau suisse de l’équipe.

«À Concordia, j’ai joué à trois positions différentes en trois ans», a-t-il souligné, lui qui a notamment été utilisé en tant qu’ailier défensif en 2016.

Pas pire pour un joueur qui avait décidé que le football, c’était fini pour lui. C’était il y a cinq ans après avoir été recruté par les Carabins de l’Université de Montréal.

«Après le camp d’été, j’ai décidé de quitter le football pour me concentrer sur mes études. Puis j’ai finalement aussi laissé tomber les études. J’ai décidé de voyager, a-t-il raconté.

«J’ai tout lâché pour partir vers l’Asie du Sud-est avec des amis. J’ai passé quelques mois là-bas.»

Côté s’est vite rendu compte que le football, ce n’était finalement pas fini pour lui. Surtout à son retour de voyage en 2014, il allumait la télé et voyait des parties de football universitaire au petit écran.

«Je me suis dit que ma place était sur le terrain. On m’a offert une deuxième chance, je l’ai prise et je ne le regrette pas.»

Une deuxième chance gracieuseté des frères Donovan qui dirigeaient les Stingers.

Un d’eux, Mickey, est passé chez les Alouettes de Montréal durant l’hiver à titre de coordonnateur des unités spéciales. On dit que son ancien coach était intéressé à avoir Côté avec lui.

Mais Ottawa a été plus vite que les Alouettes au repêchage, il y a deux semaines et demie.

Mickael Côté ne cache pas que Montréal était son équipe favorite durant son adolescence. «Mais je suis content de me retrouver ici avec tous les joueurs québécois dans cette organisation, a-t-il dit.

«C’est une équipe jeune. Une équipe qui connaît déjà beaucoup de succès. C’est très attirant ça.»

Le demi défensif Keith Sanscartier et le receveur Marco Dubois sont les deux autres joueurs francophones en ce moment sur le terrain. Ils seront joints dès dimanche par les vétérans Pruneau, Bolduc, Beaulieu, Lauzon-Séguin, Feoli-Gudino de même que les joueurs de deuxième année Anthony Gosselin et Louis-Philippe Bourassa.

UN PIED DROIT QUI INQUIÈTE

Le Rouge et Noir se retrouve avec un gros trou au milieu de sa ligne défensive à la suite du départ des plaqueurs Zack Evans et Jake Ceresna. Le premier coûtait trop cher et le second a été échangé aux Eskimos d’Edmonton en janvier.

Un des joueurs embauchés afin de les remplacer ? Cliff Matthews, un Américain âgé de 28 ans qui a disputé 35 parties en quatre saisons dans la NFL chez les Falcons d’Atlanta. Sa spécialité ? Stopper le jeu au sol.

Si Matthews a épaté mercredi lors du premier jour du camp, il inquiétait jeudi. Le joueur de 6’4’’ et 275 livres a passé la séance complète sur les lignes de côté, le pied droit dans une bottine protectrice. Impossible toutefois de connaître la nature de la blessure.

« Je n’en sais pas plus... Il doit être examiné sous peu. J’espère que ce n’est rien de trop majeur car il (Matthews) a très bien fait hier. C’est un joueur imposant sur lequel nous fondons beaucoup d’espoirs », a soutenu l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Un autre ancien de la NFL qui tente sa chance chez le Rouge et Noir ? Le demi défensif Damian Swann, qui a obtenu deux départs au sein de la tertiaire des Saints de la Nouvelle-Orléans en 2015.

LES MAINS COLLANTES DE COATE

Seth Coate se souvient comment il a réussi à convaincre le Rouge et Noir de l’embaucher ce printemps et de l’inviter au camp d’entraînement. Ça se passait le mois dernier lors d’un camp d’essai ouvert au public à Indianapolis.

« Il pleuvait à boire debout. Un temps misérable », a relaté le receveur américain de 6’3’’ et 215 livres.

Alors que tous les autres joueurs sur place gardaient leurs gants de pluie, Coate a fait le contraire.

« J’ai décidé de les retirer », a-t-il indiqué. Ça ne l’a pas empêché de capter des ballons bien glissants. « Des ballons neufs qui n’avaient jamais été cassés auparavant en pratique », a-t-il pris le soin de préciser.

Coate n’est pas le seul joueur issu de ces camps à se retrouver à Ottawa ces jours-ci. Chris Santini, Victor Gamboa et Chance Allen ont tous retenu l’attention des dépisteurs. Ils tenteront d’imiter le demi défensif Sherrod Baltimore et le receveur Dominique Rhymes qui ont percé l’alignement ces deux dernières années après être passé à un de ces camps ouverts aux États-Unis.

« C’est encourageant de savoir que c’est possible », a soutenu Allen, un autre receveur de 6’3’’ et 215 livres natif du Texas.