Anthony Cioffi a réussi cinq plaqués et deux sacs dans le gain du Rouge et Noir, samedi dernier, à Hamilton.

Cioffi livre la marchandise

Son nom de famille est bien connu dans le petit village de Springfield, au New Jersey. Les Cioffi baignent dans la restauration, possédant notamment un service de traiteur et une pizzéria.

« C’est la place pour trouver la meilleure pizza », lance Anthony Cioffi, dont les grands-parents ont laissé l’Italie pour conquérir le rêve américain.

Ces jours-ci, le secondeur âgé de 23 ans commence à se faire nom dans un autre domaine. Dans une autre ville. Même dans un autre pays.

Cioffi a réussi cinq plaqués et deux sacs dans le gain du Rouge et Noir, samedi dernier, à Hamilton. Tout ça seulement à son deuxième départ en tant que partant dans les rangs professionnels.

« On m’a accordé une chance et c’était à moi de la saisir. Notre coordonnateur défensif m’a mis dans une situation pour me mettre en valeur. »

Cette performance a donné raison à ses patrons pour une décision osée prise plus tôt en juillet. Le Rouge et Noir a libéré le vétéran Josh Johnson, embauché à fort prix, laissant le plancher à Cioffi, une recrue débarquée à Ottawa à la mi-mai.

« Je ne connaissais rien de cette ligue, de cette ville, sauf que c’était la capitale du Canada. »

Les amateurs ne connaissaient rien non plus de ce jeune homme qui a connu une brillante carrière dans la NCAA à l’université Rutgers. Il n’était pas seulement un sapré bon joueur de football, mais plutôt un athlète élite.

Cioffi a été champion de l’état du New Jersey en athlétisme à sa dernière année à l’école secondaire, remportant le 100 m en 10,86 secondes. À titre d’exemple, il aurait été le neuvième sprinter le plus rapide avec pareil chrono s’il avait participé au championnat canadien, il y a trois semaines, à Ottawa.

« Mon père était aussi tout un sprinter durant sa jeunesse. En fait, j’ai réussi à battre certains de ses records », dit-il, visiblement fier du haut de ses 6’ et 205 livres.

Il sera beaucoup question de sa famille durant l’entretien. Notamment de son grand-père, propriétaire de la pizzéria et fier de ses racines italiennes.

« Il ne cesse de me rappeler que j’ai des cousins à Montréal », lance Anthony Cioffi, sourire en coin.

Ce dernier aime bien son grand-papa. Les portes de son commerce lui ont toujours été ouvertes durant son enfance.

« J’en ai mangé des pointes de pizza », lance-t-il en riant. Plus tard pendant son adolescence, ce fut son premier lieu de travail.

« À faire des boîtes. J’ai eu aussi l’occasion d’effectuer des livraisons. »

Aujourd’hui, ce sont de nouveaux souvenirs qu’il façonne.

D’ailleurs, il a bien hâte au 11 août prochain. Le Rouge et Noir recevra la visite des Alouettes de Montréal à la Place TD.

Une partie qui prendra des allures de retrouvailles.

Plusieurs membres de la famille Cioffi convergeront vers Ottawa afin de voir le rapide Anthony en action.

Le principal intéressé dit s’amuser sur son nouveau terrain de jeu. Et il affirme être reconnaissant envers l’organisation.

« Ils ont été patients envers moi », rappelle-t-il.

C’est que Cioffi a tenté sa chance dans la NFL, plus précisément chez les Raiders d’Oakland, l’an dernier. Ça n’a pas fonctionné.

« Le Rouge et Noir m’a proposé un contrat l’automne dernier. Je voulais voir par contre si d’autres possibilités allaient s’offrir à moi dans la NFL. Pendant tout ce temps, les dirigeants ici à Ottawa m’ont attendu. »

L’attente en aura valu la peine pour le directeur général Marcel Desjardins. Cioffi a livré la marchandise jusqu’ici.

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LE BOTTEUR PEUT AUSSI CAPTER LE BALLON

Lewis Ward est sollicité ici et là depuis samedi dernier. « Je suis inondé d’appels », a avoué le botteur et héros des deux dernières victoires du Rouge et Noir.

Son téléphone a sonné une fois de plus mardi matin. Cette fois-ci, on lui annonçait avant la séance d’entraînement que la Ligue canadienne de football (LCF) l’avait nommé une des trois étoiles de la dernière semaine.

Une façon de souligner sa performance dans le gain de 21-15, samedi, à Hamilton. Ward a réussi tous les points des siens en réussissant ses sept tentatives de placement.

L’entraîneur-chef Rick Campbell a blagué que le Rouge et Noir « devrait peindre la lettre S » de Superman sur la poitrine du petit joueur de 5’7’’.

On a beaucoup appris ces derniers jours sur le super héros de l’équipe. « J’étais déjà receveur à mes débuts au football à l’école secondaire. En fait, j’ai joué à cette position pendant deux ans », a confié Ward, qui a grandi à Kingston.

En fait, les Gee Gees de l’Université d’Ottawa, où il évoluait lors des cinq saisons précédentes avant de se joindre au Rouge et Noir, avaient élaboré quelques jeux truqués dans lesquels le botteur était muté en receveur.

« Mais nous n’avons jamais eu l’occasion de nous en servir », s’est désolé Ward.

Ses coéquipiers dans le vestiaire du Rouge et Noir se réjouissaient de sa nomination en tant que joueur de la semaine. Le capitaine des unités spéciales, Jean-Philippe Bolduc, s’est rappelé en riant sa première rencontre avec le botteur durant l’hiver. Ils étaient plusieurs joueurs du Rouge et Noir à s’entraîner à Ottawa.

« Quand il est arrivé, j’ai dit que c’est certain que ce n’est pas un joueur de ligne offensive, a lancé Bolduc, sourire en coin.

«Lewis a la jasette facile avec les gars, a ajouté plus sérieusement le joueur québécois. Il est toujours à l’heure, tout le temps à son affaire. Il est super poli. Peu importe que tu le croises le matin, le midi ou le soir, il a toujours la même humeur. Tu l’as vu dans le dernier match. Il n’était pas stressé chaque fois qu’il devait botter. C’est un joueur agréable à cotoyer.»