Le Rouge et Noir n'a jamais réussi à battre une équipe dirigée par Chris Jones. Le quart Ryan Lindley tentera d'y remédier.

Chris Jones comme bête noire ?

Un petit nuage noir flotte au-dessus des joueurs du Rouge et Noir d'Ottawa, à quelques heures d'un autre match important.
Ils affrontent cette semaine les Roughriders de la Saskatchewan.
Les Roughriders sont dirigés par un certain Chris Jones.
Depuis son grand retour dans la Ligue canadienne, en 2014, le club d'Ottawa n'a encore jamais réussi à battre une formation dirigée par Jones.
On sent un certain malaise chez le pilote du Rouge et Noir, Rick Campbell, lorsqu'on évoque cette séquence perdante.
« Je ne sais pas trop comment répondre. Chris fait du bon travail. Il travaille dans notre ligue depuis de nombreuses années. Donc, il connaît notre ligue très bien. Quand ses joueurs sautent sur le terrain, ils sont toujours prêts à jouer. »
Les gens qui gagnent leur croûte à la Place TD depuis longtemps ne réagissent pas tous de la même façon.
« Il n'est pas imbattable », a tonné Antoine Pruneau lorsqu'on lui a parlé de la « bête noire » du Rouge et Noir.
« Nous aurions pu battre son équipe, en 2015, lors du match de la Coupe Grey. On avait la victoire entre nos mains. Cette séquence perdante, je ne pense pas qu'elle veut dire grand-chose. Chris Jones dirige une équipe différente chaque année. Nous n'avons pas encore réussi à le battre, mais c'est juste un concours de circonstances. »
Le moment serait drôlement bien choisi d'y remédier.
Le Rouge et Noir détient présentement le deuxième rang dans la division Est. Avec leur fiche de six victoires contre six défaites, les Roughriders occupent pour l'instant la quatrième position dans la division Ouest.
Si le tournoi éliminatoire débutait dans les prochaines heures, ces deux formations croiseraient le fer dès le premier tour.
Il est plutôt facile d'identifier le défi qui se présente.
Les Riders alignent un des groupes de receveurs les plus complets au pays. Ils ont inscrit 28 touchés par la voie des airs, ce qui constitue un sommet dans la LCF.
La ligne tertiaire d'Ottawa n'a pas livré sa meilleure performance, la semaine dernière, à Winnipeg.
Un de ses joueurs les plus expérimentés, Jerrell Gavins, risque de rater une partie pour cause de blessure.
« Il est en attente. Nous allons lui donner quelques heures de plus. Il doit obtenir le feu vert des médecins avant de recommencer à jouer. On me dit que ça pourrait survenir sous peu », indique Campbell.
Si Gavins ne peut jouer, l'entraîneur s'en remettra à une très verte recrue. Winston Rose, 23 ans, obtiendra son premier départ en carrière.
« Jerrell apporte beaucoup d'intensité sur le jeu, mais nous avons des jeunes qui ont faim. Le manque d'expérience ne peut pas devenir une excuse pour notre groupe », indique Pruneau.
« Ce match nous offre une chance de rédemption. On se dit constamment qu'on peut se frotter aux meilleurs. C'est le moment de le prouver. »
Lindley partant
Les entraîneurs sont en train de se faire à l'idée. Le quart-arrière numéro trois Ryan Lindley obtiendra vraisemblablement un autre départ.
Le quart numéro deux, Drew Tate, « effectue des progrès de manière prodigieuse, jour après jour », selon l'entraîneur-chef. Il sera en uniforme, mais ne pourra pas diriger l'attaque durant un match complet.
Trevor Harris? « Il est tout près d'un retour au jeu. S'il n'est pas capable de jouer la semaine prochaine, je serai très surpris, annonce Campbell. La décision de le laisser de côté cette semaine n'est pas facile à prendre, mais il faut penser à nos succès à long terme. »
Les Gee Gees se relèvent lentement
L'entraîneur-chef des Gee Gees d'Ottawa, Jamie Barresi, a tenu à mettre les choses au clair. Le décès de son joueur de ligne défensive Loic Kayembe, dans la nuit de samedi à dimanche, n'a « rien à voir avec la drogue ».
« Je ne veux pas trop donner de détails, mais tout porte à croire qu'il a été victime d'une crise d'épilepsie. C'est arrivé dans son sommeil. C'est malheureux. Il était seul à ce moment-là », a-t-il confié, mercredi après-midi, lors de la première séance d'entraînement de la semaine ouverte aux médias.
Kayembe, qui était âgé de 24 ans, était un joueur très important pour les Gee Gees. Il jouait d'abord un grand rôle sur le terrain. On appréciait aussi ses qualités de leader dans le vestiaire.
« C'est comme perdre un frère. Vous savez, une équipe de football, c'est un clan tissé serré. Subir une perte comme celle-là, c'est incommensurable. Loic emmenait une grande joie de vivre et plein d'autres choses. Il va nous manquer », a expliqué le coordonnateur de la défensive, Jean-Vincent Posy-Audette.
M. Barresi estime que son équipe réagit bien, dans les circonstances. « Dimanche fut une journée difficile. Les choses s'améliorent un peu chaque jour », dit-il.
L'entraîneur croit que ses joueurs doivent maintenant se concentrer sur le prochain défi. Le match Panda, duel annuel contre les Ravens de l'université Carleton, sera présenté ce week-end.
« C'est un gros événement pour nous tous. Nous avons tous hâte d'y participer. Loic avait particulièrement hâte d'affronter Carleton. Nos joueurs ne doivent pas oublier tout ça. Ils doivent avoir hâte de jouer ce match. »