Les receveurs américains sont nombreux au camp d’entraînement du Rouge et Noir, cette année.

Chaperon rouge et matelas gonflable

Ils sont neuf receveurs américains à se battre pour le dernier poste de partant disponible à cette position chez le Rouge et Noir. Linell Bonner III fait partie du lot.

Il est facile à repérer sur le terrain. C’est le gars avec un chandail à capuchon rouge qui dépasse son équipement.

« Je suis natif de Houston. Il fait probablement déjà 100 degrés Farenheith en ce moment là-bas. Je ne suis pas habitué au froid, a-t-il justifié.

«Il fait 50-60 degrés quand nous nous pointons sur le terrain ici. C’est presque la même température que nous retrouvons à l’hiver chez moi.»

Pas qu’il se plaint tant que ça. Bonner, 23 ans, est heureux d’obtenir un premier essai chez les pros après une brillante carrière chez les Cougars de l’Université de Houston. Il a terminé au 11e rang des receveurs les plus productifs de l’histoire du programme de football de cette formation de la NCAA. Ce dernier a notamment amassé 1118 verges en 12 parties en 2016.

Et dire qu’il n’avait jamais été recruté à sa sortie de l’école secondaire.

Bonner a dû se pointer à un camp d’essai ouvert à tous les étudiants de l’Université de Houston en 2013. Il avait suffisamment épaté pour être invité à se joindre à l’équipe.

«On m’avait remis le numéro 48. Ce n’est jamais bon signe quand tu sais que ce n’est pas un numéro de receveur, a-t-il dit.

«Je sentais qu’on ne me respectait pas. J’ai dû me battre longtemps pour faire taire mes détracteurs.»

Bonner a dû patienter deux saisons complètes avant d’obtenir l’occasion de jouer. Il a capté 25 passes pour 317 verges et cinq touchés en 2015.

Pendant longtemps, il n’avait même pas accès à une bourse d’études. À un certain moment, il dormait sur un matelas gonflable chez un de ses coéquipiers.

«Je crois avoir prouvé le contraire à plusieurs personnes. Je crois que mon histoire sera relatée pendant longtemps là-bas.»

L’athlète de 6’ et 202 livres s’inspire de son parcours universitaire pour se faire maintenant un chemin dans la LCF.

«J’ai toujours pris la route parsemée de détours dans la vie. Je dois à nouveau faire mes preuves. Mais c’est OK. Tout le monde rêve de jouer chez les pros, mais ce n’est pas tout le monde qui obtient l’occasion», a-t-il rappelé.

Linell Bonner n’est pas le seul ancien Cougar chez le Rouge et Noir. Ils sont trois autres produits de l’Université de Houston à tenter leur chance, dont Chance Allen qui se bat aussi pour le même poste.

Quel est l’aspirant le plus intrigant chez les receveurs recrues américains ?

Richard Mullaney, qui a brillé dans la NCAA chez le Crimson Tide de l’Alabama. Il a notamment inscrit 10 touchés pour l’équipe dirigée par Nick Saban.

Mullaney, qui fait 6’3’’ et 198 livres, a toutefois passé la dernière semaine du camp, soignant une blessure.

Le camp d’entraînement se poursuit samedi avec une autre séance matinale de 8 h 30 à 11 h, à la Place TD. Le lendemain, ce sera place à un premier match simulé de 13 h à 14 h 30.

Le Rouge et Noir se préparera ensuite en vue de sa première partie hors-concours de 2018. Il recevra les Alouettes de Montréal, jeudi prochain. Il entamera la saison régulière le 21 juin contre les Roughriders de la Saskatchewan.

Ce sera une reprise de la demi-finale de l’Est disputée l’automne dernier à Ottawa et remportée par les Green Riders.

Le petit bonheur d’Armando

Il s’appelle Armando Bonheur. Son père s’avère haïtien. Son agent se trouve à Montréal. Le bloqueur américain originaire de la Floride a même passé deux semaines à Québec avant le début du camp du Rouge et Noir afin de se familiariser encore plus avec les règles du football canadien. Il fallait donc parler à Bonheur. Une entrevue qui s’est déroulée en anglais car le joueur âgé de 24 ans ne parle pas français. « Je suis la première génération de ma famille née aux États-Unis. Mes parents voulaient que ma sœur et moi soyons de vrais Américains. J’ai donc appris l’anglais et un peu l’espagnol. » Bonheur a abouti à Ottawa grâce à un de ses bons amis à l’université Samford. Cet ami est le frère de Sasha Ghavami, un agent montréalais qui compte Laurent Duvernay-Tardif parmi ses clients. « Il a dit à son frère qu’il avait un bon ami qui jouait au football, qu’il devrait peut-être garder un œil sur moi. Sasha a regardé des bandes vidéo de moi. Il m’a appelé et me voilà. » Bonheur avait été mis à l’essai une première fois, l’automne dernier, par le Rouge et Noir. « Ça m’a donné le goût de m’investir encore plus afin de percer l’alignement. » C’est pourquoi il s’est tourné plus tôt en mai vers Carl Brennan, de l’université Laval, pour le préparer en vue du camp d’entraînement.

Dubois épate les vétérans

On le disait bon au sein des unités spéciales dans les rangs universitaires. C’est pourquoi le Rouge et Noir l’a sélectionné en deuxième ronde au dernier repêchage. Mais le receveur québécois Marco Dubois posséderait aussi de bonnes... cordes vocales. Il l’a démontré lorsque les vétérans ont initié certains joueurs dans la dernière semaine au camp d’entraînement. « On m’a demandé de chanter durant le dîner », a-t-il relaté, lui qui récité « Someone Like You » d’Adele. Un tube qu’il connaissait bien. « Je l’avais chanté à ma première année à l’université Laval. Je voulais faire bonne impression ici. C’est pour ça que j’ai choisi cette chanson. J’ai embarqué dans le jeu des vétérans. Je ne voulais pas être le gars plate qui ne chante pas. » Reste maintenant à marquer des points auprès de ses nouveaux patrons avec son jeu. Ces derniers l’ont notamment reposé un peu plus tôt dans la semaine en raison d’une blessure à l’aine. Dubois a compris leur décision. Il dit être maintenant guéri. « C’était une question de prévention, a-t-il souligné. Mon but est de faire l’équipe. Je veux réaliser de gros jeux sur les unités spéciales en matchs pré-saison. Pour faire ça, je dois être en santé. »