Le Rouge et Noir a disputé son dernier match devant 24 893 spectateurs. Il s’agissait de la plus importante foule de la saison à la Place TD.

Ces défaites qui inquiètent

À l’image des mordus du Rouge et Noir, Jeff Hunt est préoccupé par ce qu’il voit ces jours-ci sur le terrain.

Un des cinq propriétaires de cette franchise de la Ligue canadienne de football (LCF), l’homme d’affaires assiste à tous les matches locaux depuis l’an Un en 2014. Il suit l’équipe à partir de la galerie de son condominium qui donne sur une des zones de buts de la Place TD. Souvent, il est flanqué d’une centaine d’invités pour récolter des fonds pour des œuvres caritatives.

Hunt a vu les champions de la coupe Grey flamber une autre avance devant ses partisans, il y a cinq jours. Les Roughriders de la Saskatchewan ont comblé un retard de 17 points pour gagner 18-17.

Il s’agissait de la 13e fois en 17 parties régulières que le Rouge et Noir perdait sur son terrain depuis deux ans. « C’est inquiétant. Je me gratte le coco afin de comprendre pourquoi on ne peut pas gagner chez nous, a-t-il soutenu, mardi, en entrevue au Droit.

«C’est la même chose chez nos joueurs et entraîneurs. Ils ne cessent de parler à quel point l’atmosphère est incroyable à la Place TD, qu’ils aiment jouer ici. Ça les préoccupe autant que moi. Ça leur brise le cœur de perdre des matches serrés comme ça devant nos partisans, de savoir que ces gens retournent à la maison déçus même s’ils ont eu du plaisir durant la soirée.»

Ils étaient 24 893 spectateurs, vendredi dernier, dans les gradins. Même la pluie ne les a pas chassés tôt de la partie. «Notre plus grosse foule de la saison, a précisé Jeff Hunt.

«Nous avons besoin de gagner plus souvent à la maison car éventuellement, si nous continuons à perdre, cela pourrait affecter nos assistances», a-t-il avoué.

Le Rouge et Noir possède plus de 17 000 abonnés saisonniers en 2017. Du jamais vu depuis quatre décennies de football canadien dans la capitale nationale.

Des chiffres qui ont été un peu dopés par la conquête de la coupe Grey l’an dernier. Puis Ottawa présentera la prochaine édition du match de la coupe Grey le 26 novembre.

«Ça va être un défi de conserver tous ces détenteurs de billets de saison, a reconnu Hunt. Nous nous attendons à une période de renouvellement difficile. Peut-être que de bonnes performances d’ici la fin de l’année vont nous donner un bon coup de pouce.»

Le Rouge et Noir n’est pas encore assuré d’une participation aux éliminatoires. Il occupe le second rang de la division Est malgré un médiocre dossier de 5-9-1.

Il lui reste trois parties à disputer, dont une à domicile le 27 octobre contre les Tiger-Cats de Hamilton.

«Je suis confiant que nous allons participer aux éliminatoires. Je vais y croire jusqu’à la toute fin. Je sais à quel point nos joueurs sont déterminés. À quel point ils tiennent à jouer dans le match de la coupe Grey ici. La dernière chose que les gens peuvent remettre en question, c’est l’effort de nos joueurs. Ils ont à cœur les succès de cette équipe. Ils travaillent fort. J’espère simplement que nous allons commencer à trouver des façons de gagner en fin de partie, un peu comme l’an dernier.»

Parlons du match de la coupe Grey, qui aura lieu à Ottawa pour la première fois depuis 2004. Il reste encore des billets à vendre à sept semaines de l’événement.

«Quelques centaines. Je ne suis pas inquiet. Nous allons faire salle comble», a soutenu Jeff Hunt.

Le casque de Gavins

Jerrell Gavins se doutait qu’il était dans le pétrin après avoir encaissé un coup de coude à la tête, il y a trois semaines, à Montréal. « Mon casque s’est retrouvé 15 verges plus loin et j’ai été coupé au-dessus d’un sourcil. Quand j’ai vu que je saignais, je savais que ce n’était pas bon signe », a raconté le demi défensif du Rouge et Noir, mardi, après la séance d’entraînement des siens. Il a repris sa place au sein de la première unité défensive. Les médecins ont jugé qu’il était remis de sa commotion cérébrale subie contre les Alouettes. « À mes yeux, je savais que j’étais blessé, mais je refusais de croire que c’était une commotion... Je n’ai pas subi de perte de mémoire. Je n’ai eu aucun mal de tête ou autres symptômes », a ajouté Gavins. Ce dernier a tenté de convaincre l’entraîneur-chef Rick Campbell de le laisser jouer la semaine dernière contre la Saskatchewan. « Avec un peu de recul, je comprends pourquoi il n’a pas voulu », a soutenu le numéro 4.

L’épaule de Harris

Sans surprise, le quart-arrière Trevor Harris était aux commandes de l’attaque lors de la première séance d’entraînement de la semaine. « Je suis prêt à jouer »,  a-t-il assuré. Ce dernier a raté les trois dernières parties en raison d’une dislocation de son épaule droite. « À moins d’un imprévu, il est prêt à reprendre sa place », a indiqué l’entraîneur-chef Rick Campbell. Harris n’a pas caché qu’il ressent encore un peu d’inconfort à lancer le ballon. « Dire le contraire serait mentir. Mais on me dit que c’est normal, que tout va finir par revenir à la normale », a-t-il ajouté. Le joueur américain avait une autre raison de sourire mardi. Il continue d’apprivoiser son nouveau rôle de papa chaque matin. Son garçon âgé de huit mois lui a réservé une surprise dans les derniers jours. « Il a grimpé une première marche... C’est plaisant, mais en même temps, nous nous sommes dépêchés à ériger quelques barrières ici et là pour le garder en sécurité », a dit Harris.

Les mains de Criner

C’était son premier match depuis le 29 juin à Calgary. Depuis qu’il s’était déboîté un genou. Juron Criner n’a capté que deux passes pour quatre verges, vendredi dernier, contre les Roughriders. Il s’est fait remarquer plutôt par une gaffe qui a mené à un deuxième touché des visiteurs quelques jeux plus tard. Criner a échappé le ballon alors que le Rouge et Noir menaçait en territoire ennemi au quatrième quart. Un ballon qui a été récupéré par le vétéran des Riders, Jovon Johnson. « Ce genre de choses arrivent parfois dans un match, que ce soit en raison de la pluie ou que le ballon n’est pas bien sécurisé dans mes mains... Il n’y a pas d’excuse », a-t-il dit. Visiblement, Criner n’avait pas le goût de jaser de sa coûteuse erreur. Un jeu qui aurait dû être annulé par les officiels puisque l’équipe adverse était hors-jeu. La direction du Rouge et Noir s’est plainte, à la LCF dans les derniers jours à ce sujet, a-t-on appris.