Diontae Spencer a récolté plus de 706 verges la saison dernière avec les Argonauts.

Ça bouge chez le Rouge et Noir

En l'espace de cinq petites heures, le visage du Rouge et Noir a changé de façon importante.
Les champions de la coupe Grey ont vu deux des héros de leur conquête de la coupe Grey se joindre à des rivaux de la division Est, mardi, lors de l'ouverture du marché des agents libres dans la LCF. Le demi défensif Abdul Kanneh a obtenu son magot à Hamilton tandis que le receveur Ernest Jackson aurait pris le chemin de Toronto.
Puis il y a le porteur de ballon réserviste Kienan LaFrance, vedette de la finale de l'Est disputée dans la neige, qui portera maintenant les couleurs des Roughriders de la Saskatchewan. Ces derniers lui verseront un salaire de partant estimé à plus de 100 000 $, dont un boni de 35 000 $.
Le Rouge et Noir n'est pas demeuré les bras croisés. Marcel Desjardins a été le directeur général le plus actif du circuit, embauchant six jeunes joueurs en plus de libérer deux vétérans.
Où commencer ? Par l'arrivée de Kenny Shaw (25 ans) et Diontae Spencer (24 ans), qui étaient les meilleurs receveurs des Argonauts. Le premier a récolté plus de 1000 verges en 2016, l'autre plus de 706 en seulement 12 parties.
« Deux gars rapides capables non seulement de capter le ballon, mais qui peuvent aussi effectuer des retours de bottés », a souligné Desjardins.
Shaw et Spencer seront réunis au quart-arrière Trevor Harris, qui était à Toronto, il y a deux ans. Ce qui a motivé le Rouge et Noir à les attirer dans la capitale, tout comme A.J. Jefferson, un autre ancien des Argos. Le demi de coin a réussi trois interceptions la saison dernière, dont deux lors d'un match à la Place TD.
L'autre bon coup de la journée ? L'embauche du secondeur Khalil Bass, auteur de 82 plaqués et trois sacs. Le Rouge et Noir a aussi ajouté deux joueurs canadiens destinés aux unités spéciales en Ron Omara et Adam Berger.
Tous ces achats viennent avec une facture finale salée. La direction a dû être « créative » dans sa gestion du plafond salarial de 5,15 millions $, a reconnu Desjardins.
Le secondeur Damaso Munoz, meneur de l'équipe avec 84 plaqués, a notamment été remercié de ses services. Une partie des économies permet le retour du géant Nolan MacMillan au sein de la ligne offensive.
« Ce n'était pas une décision facile de laisser partir Damaso », a avoué le dg franco-ontarien.
« Mais nous pensons que sur papier, nous formons une meilleure équipe aujourd'hui. Le verdict, nous l'aurons par contre seulement lorsque la saison se déroulera. »
Desjardins a rappelé que son équipe avait perdu plusieurs gros morceaux après s'être inclinée au match de la coupe Grey en 2015. Cela n'avait pas empêché Ottawa de se rendre à nouveau en finale l'automne dernier, et de gagner cette fois-ci.
« Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Mais nous croyons avoir pris les bonnes décisions. »
Le Rouge et Noir aimerait poursuivre son magasinage. Mais il y a un problème.
Desjardins dit qu'il manque quelque chose. « De l'argent. Nous sommes plus ou moins à la limite », a-t-il confié.
Chris Milo libéré
Chris Milo ignore où il aboutira. Car en ce moment, aucun club ne recherche activement un botteur.
Chris Milo savait que ses jours étaient comptés à Ottawa.
Depuis que le Rouge et Noir eut mis sous contrat un botteur local, Sean Decloux, deux jours après la parade de la coupe Grey. L'organisation comptait déjà sur Ray Early de même que Zack Medeiros et Ronnie Pfeffer.
« Surpris, non. L'équipe avait déjà quatre botteurs », a réagi Milo après avoir été libéré, tôt mardi matin.
L'appel de la direction l'a quand même ébranlé. D'abord, il est un jeune papa qui se retrouve maintenant sans emploi. Puis le joueur québécois espérait passer le reste de sa carrière à Ottawa.
« Quand je suis arrivé ici en 2015, j'avais dit que je voulais gagner la coupe avec mon ami Henry Burris. Nous avons réussi l'exploit. Ottawa, c'est aussi la ville dans laquelle ma fille est née. C'est une ville qui aura toujours une place précieuse pour moi. Les partisans ont toujours été gentils avec moi. Ce n'est pas la façon dont je voulais que ça finit. »
Manque de précision
Le Rouge et Noir estime que Milo n'était plus fiable. « Le club n'était pas satisfait de mes performances. Il trouvait que je manquais de constance », a dit le vétéran âgé de 30 ans, qui avait aussi gagné la coupe Grey en 2013 à Régina.
Après avoir réussi 31 de ses 34 tentatives de placement à sa première saison à Ottawa, le numéro 30 avait vu son pourcentage d'efficacité passer de 92 à 81 % en 2016. « Ce n'était pas ma meilleure saison, mais ce n'était pas la pire non plus », a-t-il soutenu.
« Il y a eu quelques bottés qui ont été bloqués là-dedans. Ce sont des choses sur lesquelles je n'avais pas de contrôle. Puis j'ai été blessé vers la fin de la saison. »
Milo ignore où il aboutira. Car en ce moment, aucun club ne recherche activement un botteur.
« Il n'y a pas de postes disponibles », a reconnu le principal intéressé.