Henry Burris affichait un large sourire, visiblement en paix avec sa décision d'opter pour la retraite du football.

Burris se retire avec le sourire

Brett Favre est sorti de la retraite. Michael Jordan aussi de même que Guy Lafleur.
Henry Burris jure qu'il ne les imitera pas dans quelques mois. « Le jour que je reviendrai au jeu, c'est le jour que ma conjointe demandera le divorce », a blagué le quart-arrière vedette du Rouge et Noir.
Ce commentaire, lancé peu de temps avant d'entamer sa conférence de presse, donnait le ton aux 40 minutes qui allaient suivre, mardi midi, à la Place TD.
Burris a annoncé sa retraite de la même façon qu'il a joué pendant 18 saisons dans la Ligue canadienne de football (LCF), en souriant du début jusqu'à la fin. « Aujourd'hui, c'est un moment pour célébrer », a-t-il soutenu.
Le nouveau retraité était flanqué de ses deux garçons et sa conjointe Nicole. Plusieurs joueurs étaient debout derrière lui, dont ses amis Jon Gott et Chris Milo. Non loin se trouvaient ses patrons Marcel Desjardins et Rick Campbell.
« C'est important pour moi d'arrêter de jouer pendant que je suis encore en santé », a expliqué Burris. Son genou gauche sur lequel les médecins ont opéré en décembre se porte bien, a-t-il assuré.
« Mais cette saison, je trouvais que les plaqués devenaient plus difficiles à encaisser (...) Je me doutais que ça pourrait s'avérer ma dernière saison. »
Ce dernier a répété qu'il voulait passer plus de temps auprès de sa famille. « Jouer au golf avec ma femme et gagner chaque ronde », a-t-il lancé en riant.
« Je me donne aussi un an pour démontrer à mes garçons qui jouent au hockey que je suis le meilleur patineur chez les Burris », a-t-il ajouté plus tard.
Plusieurs offres d'emploi se trouvent sur la table. On pourrait le voir devenir ambassadeur du Rouge et Noir, analyste à TSN ou même travailler au sein de la direction sportive d'une université.
Mais pas question de se recycler en entraîneur à l'image d'Anthony Calvillo et Dave Dickenson, deux anciens quarts. « J'ai besoin d'une pause de ce sport », a-t-il dit.
Puis le moment était parfait à ses yeux pour remiser casque et épaulettes. Il a gagné la coupe Grey une troisième fois en carrière, en novembre dernier. Tout ça malgré une jambe en compote. Même que sa performance lui a valu le titre de joueur par excellence.
« Un scénario digne de Hollywood », a-t-il reconnu, trois ans après s'être joint au Rouge et Noir en février 2014.
« Je me souviens encore de cette conférence de presse à mon arrivée ici. J'avais promis que nous allions ramener la coupe Grey à Ottawa. »
Burris conclut sa carrière au troisième rang des quarts les plus productifs de l'histoire de la LCF au chapitre des verges (63 227) et touchés (374) récoltés par la passe.
« J'aurai un petit pincement au coeur quand je verrai le Rouge et Noir disputer un premier match la saison prochaine (...) Mais j'ai hâte en même temps d'encourager cette équipe. »
Les champions de la coupe Grey ont l'intention de le fêter avant une de leurs premières parties locales en 2017. « Parce que cette franchise n'aurait jamais connu tous ces succès sans lui », a fait valoir Desjardins.
Est-ce que son numéro 1 sera retiré ? « Nous n'avons pas encore discuté du format que prendra cette célébration de la carrière de Henry », se limite à dire un des propriétaires, Jeff Hunt.
Le mot de la fin revient à Burris, qui souhaite que les amateurs se souviennent de lui, non pas pour ses exploits sportifs, mais plutôt sa contribution dans la communauté. « Mon père m'a toujours dit que tu as deux mains, une pour travailler, l'autre pour aider les gens autour de toi », a-t-il expliqué.
Place maintenant à Harris
À la suite de la retraite de Henry Burris, Trevor Harris deviendra le quart-arrière numéro un.
Henry Burris estime qu'il laisse le Rouge et Noir entre de bonnes mains.
Trevor Harris prendra la relève à titre de quart-arrière numéro un des champions de la coupe Grey. Il avait même conservé de meilleures statistiques que le vétéran en 2016. Son pourcentage de passes complétées de 73,3 s'est avéré le plus élevé dans la LCF.
Harris avait même été nommé au sein de l'équipe d'étoiles de la division Est.
« Si j'ai un conseil à lui refiler, c'est de bien prendre soin des joueurs de la ligne offensive, de les sortir au resto pour des ailes de poulet ou de la bière. Ce sont eux qui le protégeront dans le match. Ce sont eux qui m'ont permis de connaître le match de la coupe Grey que j'ai connu. J'ai rarement été frappé. »
Harris n'a pu assister au départ de Burris qu'il considère un bon ami. Il était retenu chez lui au sud de la frontière. Sa conjointe doit accoucher sous peu. Les deux hommes ont toutefois jasé à quelques reprises ces derniers jours.
Reste à voir maintenant qui sera le nouveau substitut. « Ça sera peut-être un joueur qui se trouve sur notre liste de négociations. Peut-être il s'agira d'un joueur qui deviendra agent libre le mois prochain. Ou c'est peut-être une personne qu'on ne connaît pas du tout en ce moment », a soutenu le dg Marcel Desjardins.
Il serait surprenant que ce pneu de secours soit Brock Jensen ou Danny O'Brien, même si le premier s'avère déjà sous contrat avec le Rouge et Noir. Puis reste à voir aussi qui seront les receveurs à la disposition de Harris. Seulement Brad Sinopoli et Juron Criner possèdent un pacte en vue de la prochaine saison. Ottawa pourrait perdre Ernest Jackson, Greg Elligson et Chris Williams.