Marcus Henry et Henry Burris viennent du même coin des États-Unis. «Deux gars de l'Oklahoma qui se retrouvent sur le même terrain, ça clique automatiquement», explique le quart-arrière du Rouge et Noir.

Burris a trouvé une cible de choix en Henry

La saison est jeune, mais tout porte à croire que Marcel Desjardins a pris la bonne décision.
Le directeur général a bien fait de confier l'attaque du Rouge et Noir d'Ottawa à Henry Burris plutôt qu'à Kevin Glenn.
Après avoir perdu son poste à Ottawa, ce printemps, Glenn a rebondi en Colombie-Britannique. Là-bas, il connaît un début de saison terriblement difficile, ayant subi six interceptions à ses deux premières parties.
On commence même à se demander s'il n'est pas rendu au bout du rouleau.
Burris n'a pas été intercepté une seule fois la semaine dernière à Winnipeg. À son premier match officiel avec une toute nouvelle attaque, il a complété presque 60% de ses passes. Il a en outre lancé deux passes de touché.
Il est surtout convaincu qu'il est capable de mieux.
«C'est une évidence. Un quart pourrait amasser 1000 verges par la passe dans une soirée. Si son équipe perd, il peut toujours trouver un truc ou deux qui peuvent être améliorés», commente-t-il.
«En tant que quart-arrière, en tant que vétéran, je suis prêt à en prendre beaucoup sur mes épaules. Les succès de l'attaque passent souvent par moi. Quand je fais le bilan de notre premier match, je constate que nous n'avons pas visité la zone des buts adverses une seule fois durant la deuxième demie. Nous n'avons pas réussi à étirer nos séquences à l'attaque suffisamment longtemps. Nous n'avons pas mis assez de pression sur la brigade défensive adverse.»
Burris n'a pas besoin de chercher bien loin pour se motiver dans les prochaines heures. Le Rouge et Noir est toujours à la recherche de sa première victoire. Obtenir cette victoire sur la route, demain soir à Edmonton, enlèverait énormément de pression sur les épaules de l'équipe d'expansion qui effectuera ses débuts devant ses partisans le 18 juillet prochain.
En Alberta, Burris voudra également bien faire paraître son demi inséré préféré.
Le demi en question se nomme Marcus Henry. Il a rejoint la troupe de Burris après avoir été libéré par les Eskimos ce printemps.
Le quart partant ricane quand il parle de son «chouchou».
«Il vient de l'Oklahoma. Moi aussi. Deux gars de l'Oklahoma qui se retrouvent sur le même terrain, ça clique automatiquement. C'est une question de génétique», affirme-t-il.
À Winnipeg, Henry a capté trois passes et il a parcouru 52 verges.
Ancienne gloire de l'Université du Kansas, ce géant de six pieds et cinq pouces a passé deux saisons au sein de l'escouade d'entraînement des Jets de New York, puis une autre au sein de l'escouade d'entraînement des Panthers de la Caroline.
Il a amassé près de 400 verges dans chacune de ses deux premières saisons à Edmonton. Il s'attendait à entreprendre une troisième saison chez les Eskimos. Il était un peu sous le choc quand la direction lui a fait savoir que ses services n'étaient plus requis.
«Ils ne m'ont jamais donné d'explications», dit l'athlète de 28 ans.
Henry dit qu'il aura le feu au derrière lorsqu'il se pointera sur la pelouse du Commonwealth Stadium demain soir. Mais c'est un peu dur de le croire. Quand il dit cela, il parle tout bas et il sourit.
À l'université, il paraît qu'on le surnommait «Mute». C'est un homme de peu de mots.
À Ottawa, il a un nouveau surnom. «On l'appelle Gloves parce qu'il est capable d'effectuer des attrapés très spectaculaires», révèle Burris.
«Marcus est un athlète très fier. Il se défonce. J'étais un peu surpris quand les Eskimos l'ont libéré. J'étais vraiment content quand Marcel est allé le chercher.»
Sstlaurent@ledroit.com