Henry Burris avait laissé entendre après la conquête de la coupe Grey en novembre qu'il prendrait sa retraite.

Burris à la retraite, l'histoire se répète

Presque cinq décennies plus tard, un autre quart-arrière étoile prend sa retraite après avoir mené une équipe d'Ottawa à une conquête de la coupe Grey.
En 1969, c'était Russ Jackson qui décidait de mettre un terme à sa carrière sur une note gagnante chez les Rough Riders. Ce mardi sur le coup de midi, Henry Burris l'imitera.
Le Rouge et Noir tiendra une conférence de presse durant laquelle le vétéran de 18 saisons dans la Ligue canadienne de football (LCF) annoncera que c'est fini, qu'il remise casque et épaulettes. Son départ ne surprendra personne. Le père de famille de deux jeunes garçons avait avoué la semaine dernière son penchant pour la retraite.
Henry Burris et Russ Jackson.
Burris, qui fêtera ses 42 ans en juin, se donnait alors quelques jours afin de finaliser sa décision. Il a pris le souper avec l'entraîneur-chef Rick Campbell et des amis durant le week-end, a-t-on appris.
Des joueurs du Rouge et Noir seront sur place à l'événement médiatique afin de saluer le troisième quart-arrière le plus productif dans les annales de la LCF derrière Anthony Calvillo et Damon Allen avec 63 227 verges. Il arrive aussi au troisième rang avec 374 passes de touché.
Sa carrière a été marquée par deux titres de joueur le plus utile à son équipe en saison régulière. Elle comprend aussi trois victoires au match de la coupe Grey, la plus mémorable survenant en novembre dernier à Toronto.
Le Rouge et Noir était devenu seulement la troisième équipe de l'histoire à remporter la finale après avoir conservé une fiche perdante durant le calendrier régulier. Burris avait complété 35 de 46 passes pour 461 verges et trois touchés dans le gain de 39-33 contre les Stampeders de Calgary.
Une victoire en prolongation qui donnait du même coup à Ottawa une première conquête de la coupe Grey en 40 ans. Le titre de joueur par excellence de la finale avait été remis au natif de Spiro, en Oklahoma, pour une deuxième fois en carrière. Pas pire pour un quart qui s'était blessé au genou gauche durant la période d'échauffement.
Sa participation au match de la coupe Grey était incertaine. Puis quelques minutes avant le botté d'envoi, Henry Burris a traversé le terrain en courant, agitant son poing dans les airs.
« J'ai revu les images de ce match durant la période des Fêtes. C'était incroyable de le voir arriver sur le terrain. Cela a donné tellement d'énergie aux gars. Ça va toujours me rester en mémoire, a soutenu son coéquipier et capitaine des unités spéciales, Patrick Lavoie.
«C'est fou qu'il puisse finir sa carrière d'une façon si grandiose.»
Lavoie aura été un des derniers joueurs en compagnie de Brad Sinopoli et Ernest Jackson à capter une passe de touché de Burris. Ça, il ne l'oubliera pas. Mais surtout, il va manquer le sourire contagieux du numéro 1, qui a été surnommé «Smilin Hank» au fil de sa carrière.
«Honnêtement, je ne sais pas où il allait chercher toute son énergie», a affirmé le centre-arrière.
Brillante carrière 
Burris s'est joint à la LCF en 1997 après une brillante carrière universitaire à Temple. Il aura porté les couleurs de quatre équipes (Calgary, Saskatchewan, Hamilton et Ottawa). À travers tout ça, on retrouve deux saisons passées dans la NFL, d'abord à Green Bay puis à Chicago.
Ce dernier a abouti chez le Rouge et Noir en février 2014 après avoir été libéré par les Tiger-Cats qui le jugeaient trop vieux. Dans la capitale nationale, il est devenu rapidement le visage d'une jeune franchise à la recherche d'une première vedette.
Jamais un joueur de football n'aura été aussi populaire en ville depuis Russ Jackson. Tout comme l'ancienne gloire qui avait gagné trois fois la coupe Grey à l'époque, Burris compte demeurer dans sa ville d'adoption afin d'entamer le nouveau chapitre de sa vie.