Jean-Philippe Bolduc n’a pas eu le temps de s’apitoyer sur le sort des siens. Son hiver le tient occupé.

Bolduc passe son hiver à Nicolas-Gatineau

Deux mois se sont écoulés déjà depuis la défaite du Rouge et Noir au match de la coupe Grey. Jean-Philippe Bolduc assure que la page est tournée sur le chapitre final de la saison dernière.

« Nous nous en sommes remis. Ce n’était pas facile lors de la semaine qui a suivie, mais là, nous sommes rendus en 2019. Puis la nouvelle saison approche », rappelle le capitaine des unités spéciales des champions de l’Est.

Ce dernier n’a pas eu le temps de s’apitoyer sur le sort des siens. Son hiver le tient occupé.

On l’a vu notamment à un match de la NFL à Cleveland en décembre.

Ses coéquipiers Antoine Pruneau, Marco Dubois et lui étaient les invités de leur ami et ancien joueur du Rouge et Noir, Ryan Lindley, qui s’avère maintenant un des entraîneurs des Browns. Le groupe a aussi pu participer au souper privé du quart-arrière de cette équipe, le jeune Baker Mayfield.

« Nous sommes super contents pour Ryan. Il est déjà instructeur des quarts dans la NFL et ça ne fait même pas un an après sa retraite. Qui sait, peut-être qu’il dirigera un jour une équipe dans la Ligue canadienne de football ! »

Peut-être que Bolduc deviendra lui aussi un coach. Il semble y prendre drôlement goût durant la saison morte.

Le maraudeur âgé de 28 ans se trouvait mercredi au complexe Branchaud-Brière. Plus précisément sur l’une des surfaces synthétiques intérieures où il enseignait, par cette journée enneigée, à une trentaine de joueurs du programme football-études de l’école secondaire Nicolas-Gatineau.

On l’a nommé parrain du groupe, lui qui consacre une douzaine d’heures par semaine à ces ados âgés de 11 à 17 ans. Quand ce n’est pas sur le terrain, il les côtoie en salle de classe, refilant conseils ici et là.

« Il joue un rôle de grand frère... de mentor. Il n’est pas là pour taper sur les doigts des jeunes, mais plutôt pour partager avec eux son expérience, souligne le coordonnateur du programme de football du Phénix de Nicolas-Gatineau, Louis Paquet.

«JP dit les vraies choses aux jeunes. Il n’y a pas de flafla. Il parle toujours avec la main sur le cœur.»

Paquet et ses collègues entraîneurs sont heureux de miser sur Bolduc dans leur entourage. C’est un joueur que les étudiants athlètes connaissaient déjà, l’ayant vu à l’œuvre à la Place TD.

«Chaque année, nous achetons plusieurs billets pour aller voir le Rouge et Noir avec nos joueurs. Les gars sont contents de l’avoir ici. Il est toujours préparé à l’os pour donner ses ateliers sur le terrain. Il est accessible et les jeunes aiment son côté terre à terre. C’est un excellent pédagogue.»

Bolduc, lui, adore ce rôle. Il avait donné un coup de main les deux hivers précédents. Mais son implication est devenue plus importante dans les derniers mois.

«La première chose, c’est que je ne fais pas ça pour des sous. Je suis rendu à un point de ma carrière où financièrement, je pourrais prendre des vacances. C’est agréable de côtoyer tous ces jeunes aux parcours différents. Je ne serais pas ici si je n’avais pas de plaisir.»

Un truc qu’il a répété ?

«Ça reste un jeu. Oui, ces jeunes veulent s’améliorer. Mais il faut se rappeler qu’ils ont 11 ou 12 ans.»

Sa routine est simple. Quatre fois par semaine, il se pointe à Gatineau.

Sa journée commence par un court trajet entre son logement à Vanier et la Place TD pour s’entraîner en matinée. «Puis je me ramasse un lunch et je traverse le pont pour venir ici en après-midi», relate-t-il.

Le Phénix cherchait une façon de le remercier pour son implication. C’est pourquoi il a décidé de mettre sur pied un tournoi de flag football en son nom.

La Classique JP Bolduc aura lieu le 22 février prochain au complexe Branchaud-Brière.

De quoi arracher un sourire au principal intéressé.

«J’aime créer des liens avec les gens dans la communauté», souligne-t-il. L’été, il dirige des camps de football pour de jeunes autistes.