Le centre arrière du Rouge et Noir Jean-Christophe Beaulieu, qui a été acquis des Alouettes durant l;a saison morte, fait de l’excellent travail pour son équipe depuis le début de la saison.

Beaulieu remplit les souliers de Lavoie

Le Rouge et Noir d’Ottawa avait causé une certaine surprise l’hiver dernier en échangeant le vétéran centre arrière Patrick Lavoie aux Alouettes de Montréal en retour de Jean-Christophe Beaulieu.

À l’approche de la mi-saison, et à la veille du retour de Lavoie dans la capitale, où il a été un membre de l’organisation ottavienne pendant ses quatre premières saisons (incluant celle couronnée par la conquête d’une coupe Grey), Beaulieu n’a pas trop à se plaindre de la façon dont les choses ont tourné pour lui, contrairement à celui qu’il a remplacé deux fois plutôt qu’une, à Montréal quand Lavoie a été choisi au repêchage d’expansion, et maintenant à Ottawa.

Quand on lui fait remarquer que sa situation s’est améliorée alors que les Alouettes (1-6) sont en reconstruction tandis que le Rouge et Noir (4-3) est installé au premier rang de la division Est de la LCF, Beaulieu rétorque en riant : « Je suis d’accord avec toi ! C’est certain qu’ici, les joueurs travaillent fort. Je ne dis pas que c’était l’inverse à Montréal, on travaillait fort aussi, mais ici, c’est une belle organisation, un beau stade, des beaux fans. Donc je suis vraiment content d’être ici », racontait-il après l’entraînement des siens jeudi.

Ayant déjà joué un premier match de retrouvailles avec son ancien club au Stade Percival Molson, sans compter celui de la présaison, Beaulieu n’est pas nerveux à l’idée d’accueillir ses anciens coéquipiers, menés par leur nouveau quart, Johnny Manziel. Il y aura certes plus d’anticipation du côté de Lavoie, qui effectuera son retour dans un stade où il avait ses aises.

Ça devrait quand même être un match assez spécial pour le Québécois originaire de Trois-Rivières, alors qu’il attend une quinzaine de parents et amis pour une première visite à la Place TD. « Ç’a comme tombé le moment où tout le monde voulait monter. C’est la fin des vacances, l’école n’est pas encore commencée, ils annoncent du beau temps. Ça va être le “fun”. Il y a plein de gens de Trois-Rivières qui vont être là, ça va être bon après la “game”, on pourra traverser au Joey’s célébrer cette victoire-là », a-t-il lancé, confiant que son club va à nouveau prendre la mesure des Montréalais.

Dans le gain de 28-18 d’Ottawa dans la Métropole le 6 juillet dernier, Beaulieu s’était illustré en captant une passe de touché de 47 verges, en plus de réussir un converti de deux points. Ça demeure son seul majeur cette saison, lui qui a capté huit passes pour 97 verges de gain, alors qu’il est toujours en quête de sa première portée au sol.

Pour sa part, Lavoie a capté neuf passes pour 67 verges avec les Alouettes, et il n’a pas couru avec le ballon lui non plus.

Le rôle du centre arrière est cependant de bloquer afin d’ouvrir le chemin pour le demi à l’attaque, William Powell dans le cas du Rouge et Noir.

« Mon travail est surtout de bloquer. On aime ça quand on peut donner le ballon à “Will” et qu’il connaît un bon match, ça enlève de la pression sur Trevor (Harris, le quart) et sur la ligue offensive, et ça ouvre tout notre livre de jeu aussi », souligne Beaulieu.

Le Rouge et Noir a du travail à faire en ce sens puisque Powell a été limité à 50 verges ou moins au sol à ses quatre dernières sorties.

Concernant Lavoie, Jean-Christophe Beaulieu réitère que « c’est de la pression et un honneur » d’avoir été appelé à remplir les souliers à crampons d’un joueur québécois qu’il a appris à connaître lors de camps de football tenus à Québec.

Son patron Rick Campbell pense pour sa part que les deux clubs sont sortis gagnants de cet échange, qui a permis au Rouge et Noir de sauver de l’argent au niveau du plafond salarial en plus de se rajeunir de quatre ans.

« Je pense que c’est un échange qui fonctionne bien pour les deux équipes. Pat est un excellent joueur et quand tu veux obtenir quelque chose de bon, tu dois donner un bon joueur aussi. De notre côté, ça a bien tourné. On aimait beaucoup Pat et tout ce qu’il a fait pour nous, je sais qu’ils l’aiment là-bas, il est un bon leader en plus d’être un bon joueur sur le terrain », a-t-il indiqué.

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FEOLI-GUDINO PRÊT À REMPLACER SINOPOLI

Brad Sinopoli ne s’est pas entraîné avec ses coéquipiers pour une deuxième journée de suite, mais il a été un plus actif le long des lignes de côté et il conserve des chances d’affronter les Alouettes samedi soir.

Le receveur de passes canadien s’est blessé à une cheville à l’entraînement de mardi, mais pour un vétéran comme lui qui connaît bien le système du Rouge et Noir, rater deux pratiques n’est pas trop dramatique.

« Je ne miserais pas d’argent contre la possibilité qu’il joue. Il continue à se sentir mieux. Je ne dis pas qu’il va jouer, mais je ne dis définitivement pas qu’il ne jouera pas. On va voir comment il va se sentir en arrivant (vendredi), il a fait beaucoup d’exercices sur les lignes de côté. Donc on va voir. Je dirais qu’il a certes de meilleures chances de jouer que (le secondeur Anthony) Cioffi », a commenté l’entraîneur-chef Rick Campbell.

Si le meneur de la Ligue canadienne de football pour les attrapés cette saison doit manquer à l’appel, il semble bien que c’est le receveur canadien Julian Feoli-Gudino qui sera appelé à le remplacer, lui qui a obtenu la majorité des répétitions à leur position cette semaine.

L’ancien des Blue Bombers de Winnipeg et des Argonauts de Toronto, un vétéran de sept saisons dans la LCF, ne demanderait évidemment pas mieux que de contribuer un peu plus en offensive, lui qui n’a que deux attrapés jusqu’à maintenant cette saison, pour 30 verges de gain.

« C’est certain que ce n’est pas la meilleure affaire pour l’équipe si Brad ne peut pas jouer, il produit très bien. Mais c’est certain que pour moi, ça me permet d’avoir des opportunités et de contribuer. De ce côté-là, c’est positif. On va voir au match comment ça se passe, s’il en santé et tout », a-t-il confié au Droit.

L’ancien du Rouge et Or de l’université Laval ronge son frein en silence depuis qu’il s’est amené dans la capitale comme joueur autonome l’hiver dernier, après la meilleure saison de sa carrière (45 attrapés pour 462 verges, 3 touchés).

« Mon camp d’entraînement ne s’est pas passé comme je voulais, j’ai été blessé et il y a eu une période d’ajustement pour apprendre le livre de jeux. Mais là, ça se place. Je me sens de mieux en mieux dans le système et cette opportunité-là arrive au bon moment, surtout contre Montréal, ça va être le “fun” », a-t-il ajouté.

Feoli-Gudino, qui a un grand-père italien, mais qui est né au Costa Rica avant d’arriver à Montréal à l’âge de trois ans, a de bons souvenirs de matches contre les Alouettes, dont un avec les Blue Bombers où il avait réussi le touché de la victoire à la dernière minute de la rencontre du 12 juillet 2014, un gain de 34-33.