Le dernier match a marqué la première fois cette saison que Jean-Christophe Beaulieu (46) ne captait pas de passe.

Beaulieu l’a échappé belle

Une semaine plus tard, Jean-Christophe Beaulieu préfère en rire.

Ça se comprend. Le Rouge et Noir a gagné 29-25 contre les Lions de la Colombie-Britannique, vendredi dernier, à la Place TD. Un match qui s’est bien conclu pour le centre-arrière québécois et ses coéquipiers.

Un match durant lequel Beaulieu a été impliqué dans un jeu controversé vers la fin de la première demie. Un officiel avait lancé un mouchoir croyant que le joueur du Rouge et Noir avait frappé le botteur Ty Long qui venait juste d’effectuer un dégagement.

Ce dernier a chuté contre le sol.

Sauf que la reprise a clairement démontré que Beaulieu ne l’a jamais touché.

L’entraîneur-chef Rick Campbell a demandé une révision du jeu sur bande vidéo. La pénalité de 15 verges a été annulée.

« Il (Long) l’a bien vendu. Je dois lui donner ça. C’est un bon acteur », a soutenu Beaulieu.

« Moi, je savais que je ne l’avais pas touché. »

Ce n’était pas le cas du coordonnateur des unités spéciales Bob Dyce. Il n’a pas attendu le retour du joueur vers les lignes de côté pour lui faire savoir sa façon de penser.

« Coach Dyce m’attendait à mi-chemin sur le terrain. Il avait du feu dans les yeux. Il a commencé à crier », a relaté Beaulieu, sourire en coin.

« Je lui ai dit que je n’avais pas touché au botteur, mais il continuait à me crier. Je lui ai juré que je ne lui racontais pas des menteries. Puis il a vu la reprise du jeu sur le grand écran... »

Un fier compétiteur, Dyce a compris alors ce qui venait de se passer.

« C’est juste plate que nous ayons perdu notre seule demande de révision de la partie pour ce jeu-là. »

Beaulieu n’en voulait pas à Long, qui n’en était pas à son premier plongeon depuis son arrivée dans la LCF. Il refusait aussi de critiquer les officiels.

« L’angle dans lequel l’officiel était placé pouvait laisser croire que j’aurais frappé le botteur. Comme je disais, il (Long) est un bon acteur. »

« Je ne le blâme pas de s’essayer. Frapper un botteur est une grosse punition. »

Ça coûte 15 verges à l’équipe fautive.

« Être botteur, je pratiquerais probablement à faire la même chose », a ajouté Jean-Christophe Beaulieu.

Ce jeu controversé ne changera pas sa façon de jouer au sein des unités spéciales. « Pantoute, a-t-il assuré. »

« Je vais continuer à exercer de la pression », a-t-il dit.

Surtout que le numéro 46 a déjà bloqué un botté de dégagement.

Ça remonte en octobre 2014. Et c’était justement à la Place TD.

À l’époque, Beaulieu portait les couleurs des Alouettes de Montréal. Il avait frustré Brett Maher, alors botteur du Rouge et Noir

« Je peux te dire que c’est un bon feeling de bloquer un botté ! J’espère réussir ça encore... peut-être même cette semaine à Hamilton. »

Le dernier match contre les Lions a aussi marqué la première fois cette saison que Jean-Christophe Beaulieu ne captait pas une passe. Ce n’est pas que le quart-arrière Trevor Harris ne lui a pas lancé le ballon.

Beaulieu a échappé une courte passe de trois verges au milieu du quatrième quart alors que le pointage était égal. Il venait d’encaisser un solide contact au même moment de la part du vétéran ailier défensif des Lions, Odell Willis.

« C’était serré ! Je n’ai pas eu le temps de ramener le ballon contre ma poitrine avant d’être frappé. »

En cinq parties chez le Rouge et Noir, Beaulieu a capté six passes pour 80 verges et un touché.

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LE ROUGE ET NOIR SE TOURNE VERS UN GAGNANT DE SUPER BOWL

George Uko possède une bague du Super Bowl. Le plaqueur défensif a aussi marqué un touché devant 83 277 spectateurs dans le stade du Rose Bowl durant sa carrière universitaire.

Mais il s’avère tout aussi excité à l’idée d’obtenir un premier départ en carrière dans la Ligue canadienne de football (LCF). « Même s’il y a moins de monde, ça demeure le même jeu que j’aime. Et je prends ça au sérieux. Pas question de mal paraître sur le terrain », a plaidé l’Américain de la Californie.

Uko, 26 ans, pourrait remplacer le Canadien Michael Klassen, samedi, contre les Tiger-Cats à Hamilton. On l’a vu régulièrement au sein de la première unité défensive à l’entraînement depuis le début de la semaine.

« Nous l’avons aimé dès son arrivée ici. Il peut déranger beaucoup l’adversaire. Ça se voyait très bien lors des joutes préparatoires », a souligné l’instructeur-chef Rick Campbell, jeudi, après la dernière séance des siens à la Place TD.

Une des raisons pourquoi l’équipe ne l’avait pas inséré jusqu’ici dans l’alignement pour entamer un match ? Le fameux ratio oblige chaque formation à miser sur sept joueurs canadiens partants.

Le Rouge et Noir optera pour deux receveurs canadiens et non un seul contre les Tiger-Cats. Ce qui lui permettra de faire appel à une ligne défensive tout américaine.

« Les amateurs vont voir un gars qui déborde d’énergie, qui carbure aux émotions », a soutenu Uko du haut de ses  6’3’’ et 284 livres.

Ce dernier ne détesterait pas marquer un autre touché. « Peut-être sur une interception », a-t-il lancé.

« C’est le rêve de tout joueur défensif », a-t-il rappelé.

Uko n’a pas conservé le ballon de son seul touché en carrière à l’époque où il portait les couleurs des Trojans de l’université Southern California (USC). « Je ne suis pas un grand amateur de souvenirs », a-t-il souligné.

À preuve, sa récompense pour avoir gagné le Super Bowl chez les Broncos de Denver en 2016 se trouve chez sa mère. « C’est elle qui garde la bague précieusement. Je l’ai rarement porté », a expliqué le numéro 92 du Rouge et Noir.