Le secondeur franco d’Ottawa, Daniel Basambombo, participe au Défi Est-Ouest cette semaine à l’université Carleton.

Basambombo veut briller dans son patelin

Le ciel était gris. Il ventait. Et surtout, il faisait froid.

Ce n’était pas l’accueil auquel s’attendait Daniel Basambombo, qui remet les pieds dans son patelin ces jours-ci. Le secondeur qui a grandi dans le quartier Alta Vista d’Ottawa participe au Défi Est-Ouest, qui regroupe les plus beaux espoirs des universités canadiennes en vue du repêchage de la LCF en 2020.

« Que se passe-t-il ? », lance en riant Basambombo en faisant allusion à la météo médiocre en ce jeudi matin à l’université Carleton.

Le mercure indiquait seulement six degrés Celsius quand l’avant-dernière séance d’entraînement a pris fin. Ils étaient plus de 80 joueurs sur le terrain.

Dans le lot, Basambombo était probablement le seul qui avait pratiqué le badminton de façon compétitive avant de se recycler en joueur de football.

« À mes deux premières années à l’école secondaire Franco-Cité, j’ai joué au badminton. J’ai pu pratiquer des mouvements de pieds rapides. C’est pour ça que je suis capable de bouger si vite aujourd’hui sur un terrain de football malgré ma grosse taille », souligne le colosse de 6’1’’ et 230 livres.

« C’est pour ça que les entraîneurs dans la NCAA et même ici disent toujours que c’est bon pour un athlète d’avoir pratiqué plusieurs sports. Ça te permet de développer des habiletés différentes. »

Est-ce que Basambombo pourrait encore s’imposer sur un terrain de badminton ?

« Haha ! C’est sûr... C’est sûr », réplique-t-il.

L’athlète âgé de 21 ans s’avère de bonne humeur. Il aura l’occasion d’évoluer devant sa famille, samedi après-midi, lors du match Est-Ouest au parc MNP.

Ça fait trois ans qu’il joue et étudie à Québec. Plus précisément à l’université Laval chez le Rouge et Or.

Son père est enseignant à Franco-Cité. Maman s’avère une éducatrice. Et la grande sœur Anne-Marie travaille au gouvernement fédéral tout en attaquant une maîtrise.

Tout ce monde a immigré au Canada il y a une dizaine d’années, délaissant le Congo.

Daniel Basambombo pratiquait le soccer à Kinshasa. Même chose à son arrivée à Ottawa à l’âge de neuf ans.

« J’ai aussi fait du basket, précise-t-il. J’ai commencé le football sur le tard par rapport aux autres... vers l’âge de 14 ans. »

Franco-Cité n’a pas été sa seule équipe dans la capitale. Les Panthers de Cumberland l’ont aussi développé dans les rangs civils.

À Québec, on l’a déjà comparé à un autre secondeur congolais qui immigré au Canada. Henoc Muamba a joué dans la NFL et la LCF.

Au Défi Est-Ouest, certains dirigeants ont vite noté ses qualités athlétiques, dont son agilité. On dit qu’il pourrait être choisi dans les premières rondes lors du prochain repêchage.

La saison 2018 a été sa première en tant que partant chez le Rouge et Or. Il a notamment été nommé athlète défensif de la semaine dans le circuit québécois après avoir réussi 11 plaqués en solo et deux sacs en plus de provoquer un échappé.

« C’est sur que j’ai des habiletés athlétiques. Comme je dis toujours, c’est un don de Dieu. Mais si je suis rendu le joueur que je suis, c’est grâce aux techniques que mes entraîneurs à l’université Laval, Glenn (Constantin) et Marc (Fortier), m’ont appris. »

Et il y a un autre truc.

Basambombo travaille sans relâche. « C’est ma force. J’ai souvent cette discussion avec coach Marc. Il me dit que l’effort peut toujours battre le talent », relate-t-il.

« Je pousse toujours pour être meilleur. Ici au Défi Est-Ouest, nous sommes 10 à 20 gars qui jouent à la même position. Tout le monde est athlétique. La personne qui travaille le plus fort va ressortir. »

C’est ce qu’il comptait faire toute la semaine.

Tous les joueurs au Défi Est-Ouest participeront à un dernier entraînement vendredi matin. Puis samedi, ce sera place au match dès 12 h 30.