Avery Williams voit une source de motivation quand il regarde la fiche du Rouge et Noir. «Tirer de l’arrière, avoir une pente à remonter, ça vous donne un objectif», explique-t-il.

Avery Williams, un lion... pas un mouton

La défensive du Rouge et Noir d’Ottawa passe beaucoup trop de temps sur le terrain, répètent sans cesse les experts.

Ça n’entraîne pas uniquement des conséquences négatives.

Avery Williams est en train de s’affirmer comme un des plus redoutables secondeurs au pays.

L’Américain de 25 ans profite du temps de jeu pour polir sa fiche personnelle. À l’aube du week-end, il occupait le deuxième rang dans toute la Ligue canadienne de football, avec 67 plaqués défensifs.

À sa place, on viserait le premier rang. Surtout qu’il est présentement détenu par le vétéran de 34 ans Cory Greenwood, des Stampeders de Calgary.

« Je ne me préoccupe pas de ça du tout », assure-t-il pourtant.

« Moi, je veux juste aider mon équipe à gagner. Les statistiques, ça fait partie de la game... Moi, tout ce qui m’intéresse, c’est la victoire. »

Face à cette réponse qui sent un peu la fausse modestie, on se permet d’insister.

Williams ne flanche pas.

« Les statistiques, c’est bon pour les fans. C’est une source de fierté pour les gens de ma famille qui nous suivent à distance. Moi, je ne m’en fais pas avec tout ça. J’essaie juste de faire gagner mon équipe parce que je veux retourner au match de la coupe Grey. »

La grande finale constitue un objectif bien lointain, en ce moment, pour les dirigeants du Rouge et Noir. L’équipe a perdu sept de ses huit derniers matches.

L’entraîneur-chef Rick Campbell cherche partout des raisons de conserver un certain degré d’optimisme. Il a même causé une petite surprise, récemment, en parlant de la faiblesse de ses prochains adversaires.

« Il nous reste huit matches à jouer. Dans cinq de ces huit parties, nous allons affronter les Argonauts de Toronto ou les Lions de la Colombie-Britannique », a-t-il déclaré.

Les Argos seront de passage à la Place TD, samedi.

Avery Williams, lui, se fiche bien de se retrouver dans une position aussi délicate.

Au contraire, il jure qu’il aime ça !

« C’est le meilleur endroit où se trouver, à cette période de l’année », jure-t-il.

Devant notre scepticisme, il s’explique.

« Tirer de l’arrière, avoir une pente à remonter, ça vous donne un objectif. Parfois, les équipes qui sont en avance au classement finissent par s’ennuyer. Ce ne sera certainement pas notre cas. Quand on tire de l’arrière, il est assez facile de trouver de la motivation. En tout cas, moi, je trouve ça cool. »

« Dans la vie, j’ai toujours trouvé qu’il existe deux grandes catégories de gens. D’un côté, il y a les lions. De l’autre, il y a les moutons. Les moutons ont tendance à fuir les situations où il faut être compétitif. Les lions, eux, n’ont pas peur. Ils foncent, tête première. »

Williams n’hésite pas à foncer, tête première, sur le terrain. Il domine d’ailleurs la LCF avec trois échappés recouverts depuis le début de la saison.

Williams apprécie surtout l’opportunité qui lui est offerte, sur la rue Bank.

Le 2 septembre 2017, le jour même où il a célébré son 23e anniversaire, il a été obligé de vider son casier au NRG Stadium de Houston. Il venait d’être remercié par les Texans de la NFL.

« Le jour de ma fête, le rêve de ma vie s’est éteint. Que pouvais-je faire ? Je n’allais certainement pas me mettre à pleurer. Je devais être un lion. Je devais foncer et trouver un autre chemin. »

Deux ans plus tard, il ne va certainement pas se plaindre parce qu’il passe trop de temps sur le terrain. « On s’entraîne deux heures par jour pour être en mesure de jouer un match par semaine. Ce match dure à peine deux heures. Non, nous ne sommes pas fatigués. »

Combat de moutons ?

Assistera-t-on à un duel de lions, ou de moutons, quand Ottawa se mesurera à Toronto ce week-end ?

« Je n’ai pas dit qu’il faudra profiter de nos matches contre les Lions et les Argos parce qu’ils sont mauvais, intervient Rick Campbell. C’est juste que, dans notre ligue, il faut devancer au moins trois équipes pour participer au tournoi éliminatoire. Et les chiffres nous laissent croire que les Lions et les Argos feront partie de ces trois équipes, cette saison. »