Lewis Ward
Lewis Ward

À quand un appel de la NFL pour Lewis Ward?

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
La précision des botteurs de la NFL fait cruellement défaut depuis le début de la saison.

Quadruple participant du Pro Bowl, le vétéran Stephen Gostkowski a raté une septième tentative de placement en sept matches, dimanche, dans la défaite des Titans du Tennessee. Matt Prater et Tyler Bass ont manqué la cible déjà cinq fois, respectivement chez les Lions de Détroit et les Bills de Buffalo.

Même Greg «The Leg» Zuerlein, auteur d’un placement spectaculaire de 59 verges dimanche pour les Cowboys de Dallas, montre un pourcentage de réussite de 81,3 %.

Greg Zuerlein

Pendant ce temps, le botteur le plus fiable de l’histoire du football professionnel attend toujours un appel. Aucune des 32 équipes n’a fait signe jusqu’ici à Lewis Ward.

«Je ne sais pas si frustrant est le bon mot pour décrire comme je me sens, avoue le joueur du Rouge et Noir d’Ottawa au bout du fil.

«Je ne souhaite jamais de malchance aux autres botteurs. Nous sommes une petite confrérie. Mais si je tasse ça de côté, je me demande bien quels sont les critères des équipes de la NFL et de leurs dépisteurs pour lever le nez sur des gars comme moi et d’autres dans la Ligue canadienne de football. Lirim Hajrullahu et Brett Lauther ont bien fait aussi dans notre ligue. C’est très difficile à comprendre.»

Ward a réussi 69 tentatives de placement de suite entre juin 2018 et août 2019 chez le Rouge et Noir. Il a d’abord battu la marque de 39 de la LCF qui était détenue par Rene Paredes. Puis le record dans les rangs pros (44) qui avait été réalisé par Adam Vinatieri.

Ajoutez à cela que le botteur de 5’7’’ et 175 livres possède le plus long placement (56 verges) de l’histoire des trois franchises de la LCF à Ottawa. Donc l’argument que sa jambe droite n’est pas assez puissante ne tient pas la route.

«J’ai pu goûter un peu à la NFL l’hiver dernier», rappelle Ward, qui avait obtenu des essais chez les Vikings du Minnesota, les Bengals de Cincinnati, les Falcons d’Atlanta et les Colts d’Indianapolis.

Mais aucune de ces quatre formations ne lui a offert un contrat par la suite.

«Je pensais avoir bien fait durant ces essais. Je ne sais pas ce qui est évalué au juste par les équipes. Je crois que mon plus gros obstacle, c’est que je n’ai pas effectué des bottés d’envoi dans la LCF. Mais je me suis bien débrouillé lors de ces essais à ce chapitre.»


« [...] Je me demande bien quels sont les critères des équipes de la NFL et de leurs dépisteurs pour lever le nez sur des gars comme moi et d’autres dans la Ligue canadienne de football. »
Lewis Ward

La raison est simple. À Ottawa, c’est l’excellent Richie Leone qui s’occupait de la tâche des bottés d’envoi et de dégagement.

«Personne ne m’a contacté dans les derniers mois. Mais les équipes savent qui je suis», ajoute Lewis Ward.

Il y a peut-être un mince espoir pour lui.

Un de ses confrères a été recruté par les Jets de New York. Sergio Castillo a réussi quatre de ses cinq tentatives de placement depuis son embauche, il y a deux semaines et demie.

Le même Castillo que Ward a battu pour le poste de botteur de précision du Rouge et Noir au printemps 2018.

En attendant, l’ancienne vedette des Gee Gees de l’Université d’Ottawa a pris une décision importante. Il a fait ses boîtes dans les derniers jours, retournant vivre chez ses parents à Kingston. Une décision motivée notamment par le budget mensuel qui s’avère plus difficile à boucler en temps de pandémie.

«C’est la chose la plus sensée à faire en ce moment puisque je ne sais pas à quoi vont ressembler les prochaines semaines et prochains mois. J’ai même obtenu un emploi à l’hôpital de Kingston où je vais participer au triage des patients.»

Ward, 28 ans, continue à garder sa jambe prête, au cas où le téléphone sonne.

«Je m’entraîne deux fois par semaine. J’étais dehors mardi dernier à moins deux degrés Celsius, à botter le ballon à Ottawa. On va voir ce que je pourrai faire à Kingston quand il y aura de la neige.»