Rouage important des unités spéciales du Rouge et Noir, Jean-Philippe Bolduc montre fièrement ses nouveaux tatouages au camp d’entraînement, dont une hache de bûcheron et une fleur de lys.

À la mémoire de grand-papa Roger

Il y a cette hache de bûcheron sur le biceps gauche. Une fleur de lys orne son coude droit.

Jean-Philippe Bolduc a passé les derniers mois sur la banquette d’un artiste tatoueur. « Parce que je n’avais pas grand-chose à faire de l’hiver », lance-t-il à la blague.

Le vétéran des unités spéciales s’est présenté au camp d’entraînement du Rouge et Noir avec six tatouages sur les deux bras. « C’est ma mère qui va être bien contente », ajoute-t-il en riant.

Sur un ton plus sérieux, Bolduc pointe vers une oeuvre bien spéciale sur son bras gauche. On y aperçoit les initiales RJT.

Puis on peut y lire « Qui pratique la miséricorde n’a pas peur de la mort ».

Il s’agit d’un clin d’oeil à un homme d’affaires, Roger James Tousignant, qui a été propriétaire d’un magasin de meubles pendant une trentaine d’années à Hawkesbury. Surtout, il était le grand-papa du numéro 20 du Rouge et Noir.

« C’était mon plus grand partisan. Il ne manquait pas une de mes parties à la télé. Il me suivait depuis mes débuts au football. Nous étions très proches », relate Bolduc.

M. Tousignant est décédé en février à l’âge de 87 ans après un long combat contre un cancer du côlon. Né au Manitoba, il a vécu surtout dans l’Est ontarien.

C’était un mordu des défunts Rough Riders d’Ottawa. « Il a vu les belles années de Russ Jackson. Il était tellement content quand je suis arrivé ici, se rappelle son petit fils.

«Il ne m’a pas seulement supporté émotionnellement, mais aussi financièrement quand j’étais à l’université Laval», souligne l’ancien joueur étoile du Rouge et Or.

Une bague en cadeau
Bolduc a souvent eu l’occasion de lui dire merci. De lui dire qu’il l’aimait.

Tiens à pareille date l’an dernier, le Rouge et Noir tenait une cérémonie afin de remettre à ses joueurs leur bague de la coupe Grey. Ça se passait au Musée de l’histoire, à Gatineau.

«Moi, j’ai donné ma bague à mon grand-père. Il en a pleuré un coup. Il était tellement content, raconte Jean-Philippe Bolduc, un trémolo dans la voix.

«Quand il jouait au golf avec ses amis, il la mettait. Il était très fier de la montrer.

«On s’ennuie déjà beaucoup de lui. On pense à lui chaque jour. Mais tu sais, la mort, ça fait partie du cycle de la vie. On va s’occuper maintenant de ma grand-mère.»

Et Bolduc compte aussi occuper le rôle du grand frère chez le Rouge et Noir.

«J’ai écrit sur un bout de papier ce que je voulais faire en 2018. Je veux notamment assumer plus de leadership, dit-il.

«Nous avons perdu plusieurs joueurs, notamment au sein des unités spéciales avec le départ de Patrick Lavoie. C’est à d’autres gars, dont moi, à prendre le flambeau. J’ai 27 ans. Je commence ma troisième saison à Ottawa. Je suis rendu là. Je l’ai dit à coach Campbell que je suis prêt.»

Maraudeur en attente
L’autre truc qu’il a mentionné durant une réunion avec l’entraîneur-chef du Rouge et Noir ?

«Je suis prêt à donner un coup de pouce en défensive dans certaines situations. Mon but est de jouer ici et là.»

La direction l’a identifié comme une option au poste de maraudeur si le partant Antoine Pruneau devait se blesser. Une position que connaît bien Jean-Philippe Bolduc, même s’il est considéré avant tout comme un secondeur.

«J’ai joué en tant que maraudeur à l’université, a-t-il rappelé.

«J’ai joué aussi à cette position à mon arrivée chez les Stampeders de Calgary. J’ai même pratiqué à cette position à ma première année ici.»

Malheureusement pour Connor Williams, l'heure de la retraite pourrait avoir sonnée.

LA FIN APPROCHE POUR WILLIAMS

Malheureusement, ça sent de plus en plus la retraite pour le joueur de ligne défensive Connor Williams, un membre du Rouge et Noir depuis l’an Un. 

L’athlète âgé de 26 ans ne participe pas au camp d’entraînement depuis l’arrivée des vétérans dimanche à la Place TD. En fait, on ne l’a pas croisé lors des quatre derniers jours. 

Il ne se serait toujours pas remis de cette commotion cérébrale subie dès la première semaine de la saison 2017. La direction de l’équipe se montre très prudente dans ses commentaires. 

Il s’agit d’un dossier très sensible impliquant un des joueurs les plus appréciés de l’organisation. 

« Il faut s’asseoir avec lui et voir ce qui se passe exactement », a soutenu l’entraîneur-chef Rick Campbell, mercredi, après la séance matinale. Ce dernier a répété que Williams « n’est pas prêt à jouer ». 

« Une décision devra être prise plus tôt que tard à ce sujet après que nous aurons jasé avec lui. Mais je ne suis pas prêt à me prononcer plus que ça en ce moment », a ajouté le coach. Williams a été un choix de deuxième ronde à l’encan 2013. 

Une commotion et une infection l’avaient limité à un seul match aussi en 2015. 

En revanche, le joueur originaire d’Ottawa avait disputé les 18 parties l’année suivante en route vers la conquête de la coupe Grey.


DES POTEAUX QUI HANTENT LE PETIT LEWIS

Appelez ça la malédiction de Chris Milo. L’ancien botteur du Rouge et Noir était le meneur de la LCF pour le nombre de fois qu’une de ses tentatives de placement frappait le poteau. 

La recrue Lewis Ward, qui tente d’obtenir un poste à Ottawa, semble affligée du même problème depuis une semaine. 

Il a frappé le poteau trois jours de suite durant le camp des recrues. Mercredi, il a vu deux autres de ses ballons subir le même sort. 

L’ancienne vedette des Gee Gees préférait voir le côté positif. « Je pense que j’ai frappé un des deux poteaux plus souvent que j’ai raté mes tentatives. C’est une de ces choses bizarres qui arrivent parfois au football », a-t-il lancé du haut de ses 5’7’’. 

Ward est impliqué dans une bataille avec les Américains Richie Leone et Sergio Castillo afin de devenir botteur du Rouge et Noir. 

L’équipe n’a pas exclu la possibilité d’entamer la saison avec deux botteurs, un qui s’occupe des dégagements et bottés d’envoi et l’autre des placements. 

« J’essaie de garder l’esprit ouvert à ce sujet », a dit Rick Campbell. L’entraîneur espère que Castillo, blessé depuis trois jours, puisse reprendre l’entraînement sous peu. 

En attendant, il a gardé un oeil sur Leone et Ward. « Ils bottent bien jusqu’ici », a-t-il assuré.