André Savage, un ancien des Bruins de Boston, est un des entraîneurs permanents à l’Académie canadienne et internationale de hockey de Rockland.
André Savage, un ancien des Bruins de Boston, est un des entraîneurs permanents à l’Académie canadienne et internationale de hockey de Rockland.

Rockland trace un chemin vers la LNH

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Il y a 10 ans, un homme d’affaires franco-ontarien lançait un programme de hockey audacieux à Rockland.

Le rêve de Robert Bourdeau était de convaincre des hockeyeurs de partout au Canada, des États-Unis et du monde entier de venir s’installer dans l’Est ontarien afin d’y vivre et d’y étudier tout en améliorant leurs habiletés au hockey sur un tout nouveau campus de classe mondiale. Son objectif était de bâtir un programme aussi réputé que celui des Hounds du collège Notre-Dame dans l’ouest du pays.

L’Académie canadienne et internationale de hockey de Rockland (CIHA) a ouvert ses portes en 2011. Dix ans plus tard, ils sont de plus en plus nombreux à avoir passé par Rockland avant d’être repêchés par des équipes de la LNH. Comme Vincent Lecavalier, Brad Richards, Wendel Clark, Rod Brind’Amour, Sean Couturier et Jordan Eberle l’ont fait à Notre-Dame en Saskatchewan, le CIHA commence à écrire sa propre histoire dans sa banlieue à l’est d’Ottawa.

Gabriel Vilardi a été un pionnier. À 21 ans, le centre natif de Kingston est devenu le premier membre du programme à patiner dans le circuit Bettman cette saison. Choix de première ronde des Kings de Los Angeles en 2017, il était à Rockland quand il a été repêché par les Spitfires de Windsor dans la Ligue de l’Ontario.

Une belle brochette de joueurs sont en voie de l’imiter. Le Russe Semyon Der-Arguchintsev a été repêché par Toronto et l’Américain Jasper Weatherby par New Jersey. En octobre dernier, deux anciens du programme du CIHA ont été sélectionnés à leur tour : l’Ontarien Donovan Sebrango à Detroit et le Californien Dylan Peterson à Saint-Louis.


« Ici, les élèves ne sont pas des numéros. Nous les connaissons par leurs noms. Nous formons une famille. »
Annie Bourdeau, directrice générale de l’Académie

D’autres suivront en 2021. Manix Landry des Olympiques de Gatineau et Ryan Remick, un Américain commis envers l’Université du Maine, font partie des joueurs surveillés étroitement par les recruteurs de la LNH cette saison. La crédibilité du programme grandit chaque année. La relève semble assurée.

« La vision de Robert n’a jamais nécessairement été de développer des joueurs de hockey pour la LNH, signale sa fille Annie, directrice générale de l’Académie. Son objectif était de former les leaders de demain, que ce soit au hockey ou dans tout autre domaine. Le programme ne vise pas seulement les joueurs qui aspirent à la LNH. Il est inclusif. Nous avons des hockeyeurs qui arrivent de partout dans le monde, dont certains ont très peu d’expérience. Nous voulons maximiser le potentiel de chacun en les amenant au prochain niveau sur glace et hors glace. »

En 10 ans, le programme a attiré des hockeyeurs en provenance d’une vingtaine de pays, dont certains viennent d’aussi loin que l’Europe, la Chine, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et même du Mozambique.

À sa meilleure saison en 2019-20, CIHA avait 92 élèves répartis entre la 7e et la 12e année sur son campus. Ce nombre a été réduit à 55 cette année en raison de la COVID-19. L’Académie alignait cinq équipes la saison dernière. À pleine maturité, elle aimerait rassembler six équipes. La majorité des étudiants/athlètes proviennent de l’extérieur. Chaque groupe d’âge peut aligner un maximum de trois joueurs locaux. Les autres à Rockland de trois façons : visite du site Internet, recrutement dans des showcases ou des références d’agent.

La fierté d’Annie Bourdeau ?

« Ici, les élèves ne sont pas des numéros. Nous les connaissons par leurs noms. Nous formons une famille. Nous avons un but, une vision. Robert n’est plus ici sur une base quotidienne. Il a son abonnement saisonnier aux matches des Sénateurs d’Ottawa, mais il vient faire son tour régulièrement et il va toujours privilégier un match important d’une de nos équipes avant un match des Sens. »