Ricky Ray pourrait imiter Henry Burris

La première fois qu’il a pris part à une partie de la Ligue canadienne de football, c’était en juillet 2002 contre les défunts Renegades. Ricky Ray pourrait bien boucler sa carrière, 15 ans plus tard, à Ottawa.

Le quart-arrière âgé de 38 ans tentera de mener les Argonauts de Toronto à une conquête de la coupe Grey, dimanche, contre les Stampeders de Calgary à la Place TD. Un peu comme l’a fait un autre vieux routier l’an dernier.

Son ami Henry Burris avait offert sa meilleure performance en carrière à l’âge de 41 ans, menant le Rouge et Noir à la victoire. Deux mois plus tard, il avait annoncé sa retraite.

Est-ce que Ray compte accrocher ses épaulettes si les Argos gagnent ? Mystère et boule de gomme.

Ce dernier esquive souvent la question depuis son arrivée dans la capitale. « Moi, je crois que oui, qu’il va mettre un terme à sa carrière », affirme Burris, qui participe aux diverses festivités entourant la semaine de la Coupe Grey à Ottawa.

« Ricky n’a plus rien à prouver. Il n’obtiendra peut-être pas une autre occasion de partir sur une note gagnante. »

Surtout, Ray a dû surmonter plusieurs blessures entre 2013 et 2016, ne disputant que 39 des 72 parties des Argos. Cette saison, il a raté un seul match.

Ça explique pourquoi il a décidé de remettre une surprise à tous les membres de la ligne offensive de son équipe dans les dernières heures. Plus précisément des cartes cadeaux dans une grilladerie d’Ottawa.

« Je voulais leur démontrer mon appréciation pour leur travail. Ils ont réussi à bien me protéger, à me garder en santé durant toute la saison. »

On connaît un autre quart qui avait le don de récompenser les joueurs de ligne offensive de la sorte. Son nom ?

Henry Burris.

Ricky Ray a participé à une première séance d’entraînement avec ses coéquipiers, mercredi, au dôme des Gee Gees de l’Université d’Ottawa. Il a toutefois eu la frousse en débarquant de l’autobus de l’équipe.

Une intervention policière s’est déroulée au même moment à quelques mètres du stade sur le Queensway. Des joueurs ont cru entendre des coups de feu.

« J’ai entendu beaucoup de bruit. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait, mais je me suis dit que ça serait une bonne idée de me diriger dans une autre direction », a lancé Ray, un père de famille de deux enfants. « J’ai l’impression que quelqu’un était dans le trouble avec la police », a ajouté le receveur S.J. Green, qui se trouvait aux côtés du quart-arrière.

L’ancien joueur des Alouettes de Montréal a vanté Ray devant les journalistes. « Quand j’ai commencé à jouer dans cette ligue-ci, il y avait trois quarts étoiles... Henry Burris, Anthony Calvillo et Ricky Ray, a-t-il commencé par dire.

«J’ai réalisé un rêve cette année en jouant avec lui», a dit Green, embauché par les Argos après avoir été libéré par l’équipe québécoise durant l’hiver.

Green a capté 104 passes pour 1462 verges et 10 touchés. Il est devenu la cible favorite du vétéran quart des Argos.

«Je ne pensais jamais pouvoir jouer avec lui, a dit Ray au sujet de S.J. Green. Habituellement quand une équipe mise sur un tel joueur d’impact, il ne le laisse pas partir... J’étais même nerveux au début. Je voulais tellement gagner son respect.»

Un joueur qui n’a pas gagné son respect ? 

L’ailier défensif des Stampeders de Calgary, Charleston Hugues. Il a été le meneur de la LCF au chapitre des sacs en 2016 et 2017.

Surtout, c’est l’homme qui a déjà blessé Ricky Ray à deux reprises durant sa carrière. 

«Ricky Ray n’est pas difficile à plaquer au sol, a dit Hugues. En fait, c’est un des plus faciles à frapper. Quand il te voit arriver devant lui, il se met en petite boule», a lancé Hugues.

Un petit deux que les joueurs de ligne offensive des Argos, ces mêmes joueurs qui ont reçu un cadeau de la part de Ray, seront fouettés par ce commentaire.

EN BREF

Un pincement au cœur pour Lauzon-Séguin

Jason Lauzon-Séguin refusait de regarder la coupe Grey ou même la toucher. Le bloqueur étoile du Rouge et Noir a encore de la difficulté à digérer que son équipe ne participera pas à la finale, dimanche, devant ses partisans. Qu’elle n’aura pas l’occasion de défendre son titre contre Calgary. « Ce n’est pas le meilleur feeling au monde. Ça sera difficile de voir une autre équipe de l’Est jouer sur notre terrain... J’espère juste qu’il n’y aura pas de champagne qui sera brassé dans notre vestiaire », a soutenu le joueur franco-ontarien, mercredi, au resto-bar La Drave, lors d’une activité promotionnelle du Rouge et Noir dans le cadre des festivités de la Coupe Grey. Il était accompagné de Jean-Philippe Bolduc, Antoine Pruneau et Arnaud Gascon-Nadon. Plus de 20 joueurs du Rouge et Noir sont restés en ville afin de participer à des événements. Lauzon-Séguin prendra part à une séance d’autographes plus tard dans la semaine et rendra visite à des soldats malades. « J’ai un pincement au cœur, mais c’est important de participer à tout ça pour nos partisans qui nous appuient. Puis c’est une belle visibilité pour la ville d’Ottawa d’accueillir le match de la Coupe Grey. »

Hebert, encore meilleur à l’âge de 37 ans

Deux joueurs du Rouge et Noir seront en lice pour un prix jeudi soir au gala de la LCF. Mais il y aura aussi un ancien produit des Renegades, les ancêtres de la nouvelle équipe de football d’Ottawa. Kyries Hebert est finaliste au titre de joueur défensif de l’année. « C’est ironique comment la vie fait parfois les choses », a-t-il avoué, lui qui a effectué ses premiers pas en sol canadien dans la région en 2004. Âgé de 37 ans, il vient de connaître sa meilleure saison en carrière. « Ça démontre que si tu travailles fort, que tu prends soin de ton corps et que tu t’entoures de bonnes personnes, tout est possible », a soutenu le secondeur originaire de la Lousianne. Hebert pense déjà à son avenir et celui des prochaines générations de joueurs de football. Il fera don de son cerveau, à sa mort, pour des fins d’études sur l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC). Le vétéran de 16 saisons dans la LCF et NFL dit avoir été victime de quatre commotions cérébrales durant sa carrière marquée par près de 800 plaqués. « Je me souviens que je n’avais pas le droit à du sexe pendant ma convalescence », a lancé Hebert en riant.