Le contrat de l’Australien Daniel Ricciardo avec l’écurie Red Bull prend fin à la fin de 2018. Il ne s’est toujours pas engagé même si l’équipe souhaite qu’il reste.

Ricciardo à la croisée des chemins

ABOU DHABI — La saison de Daniel Ricciardo s’est terminée prématurément, dimanche, au Grand Prix d’Abou Dhabi, victime d’une panne hydraulique qui a entraîné son troisième abandon en quatre courses.

Il s’agit d’une fin de saison frustrante pour lui alors qu’il a terminé au cinquième rang du classement général de la Formule 1, grâce notamment à une séquence de cinq podiums entre mai et juillet.

À l’écart des pistes ces prochaines semaines, l’Australien de 28 ans aura une sérieuse réflexion à faire sur son avenir au sein de l’écurie Red Bull. Son contrat prend fin à la fin de 2018. Son coéquipier Max Verstappen a récemment signé une nouvelle entente jusqu’à la fin de 2020. Mais Ricciardo ne s’est toujours pas engagé même si l’équipe souhaite qu’il reste. «Je vais en être probablement à mes meilleures années de ma carrière à la signature de mon prochain contrat, a-t-il analysé. Je veux m’assurer de maximiser le tout.»

Ricciardo a remporté cinq courses, toutes depuis qu’il s’est joint à Red Bull en 2014. Cette année-là, il a gagné trois courses et a terminé troisième au championnat.

Il était nettement meilleur que Sebastian Vettel, son coéquipier à l’époque, qui avait décroché son quatrième titre consécutif en 2013.

Mais Verstappen est désormais en train de devenir le no 1 de l’équipe, et il est largement considéré comme la prochaine grande vedette de la F1. Verstappen a eu 20 ans en septembre, mais il a déjà remporté trois courses de F1 — deux lors des six dernières courses de cette saison. Ricciardo compte 27 podiums en carrière tandis que Verstappen — le plus jeune vainqueur d’une course à 18 ans — en a déjà 11.

Le nouveau contrat de Verstappen démontre à quel point l’équipe mise sur le Néerlandais, même si l’équipe n’a pas officiellement désigné de pilote no 1.

Cela place Ricciardo dans une position délicate.

Compte tenu de son talent indéniable et de sa constance, il ne veut pas passer les trois prochaines années comme — possiblement — un second violon derrière Verstappen. Cela pourrait créer des tensions au sein de l’équipe et venir troubler une relation plutôt harmonieuse, malgré certains épisodes troubles.

«Je suis sûr qu’il y aura quelques discussions d’ici une semaine ou deux, surtout avec l’équipe, a déclaré Ricciardo. Il n’est pas seulement question du contrat, mais de savoir qui aura la meilleure voiture pour 2019.»

Ricciardo, qui a remporté le Grand Prix d’Azerbaïdjan en juin, s’est donné un échéancier précis. «Une fois rentré à la maison et à Noël, je veux pouvoir décrocher de la course automobile, a-t-il déclaré. J’aimerais avoir des réponses avant.»

Il a le privilège d’être un pilote établi chez Red Bull, un transfert ailleurs représente donc un risque. «Je ne veux pas me montrer trop prétentieux et j’espère avoir toutes les options possibles», a déclaré Ricciardo, qui s’attend à ce que son prochain contrat soit de «plusieurs années».

En 2019?

Une option pourrait être d’attendre de voir ce qui se passe chez Ferrari et Mercedes.

Kimi Raikkonen aura 39 ans à la fin de la saison prochaine et il est peu probable qu’il restera une autre année chez Ferrari. Il a terminé quatrième au classement, mais le pilote finlandais était à 100 points du pilote Mercedes Valtteri Bottas et à 112 de son coéquipier Vettel, deuxième au classement général.

Bottas a un contrat d’un an avec Mercedes pour la saison prochaine, aux côtés du champion du monde Lewis Hamilton. Si Bottas ne parvient pas à impressionner, il pourrait y avoir une ouverture en 2019.

Dans l’une ou l’autre équipe, Ricciardo se retrouverait aux côtés d’un quadruple champion du monde en Hamilton et Vettel, et il ne serait pas le pilote favori.

Mais, dans l’immédiat, rivaliser avec Verstappen demeure peut-être sa meilleure option. «Ce serait un bon problème à avoir si nous nous battons tous les deux en avant, a déclaré Ricciardo. Si c’est ultimement pour se disputer un titre mondial, nous serions heureux d’avoir à relever ce défi.»

Et l’augmentation notable de la vitesse des Red Bull est une source d’optimisme pour l’année prochaine — à condition que l’écurie puisse résoudre les problèmes de fiabilité qui ont empêché Ricciardo de terminer six courses et Verstappen, sept.

«Je crois que nous comblerons l’écart l’an prochain. Est-ce suffisant pour se battre pour un titre? a questionné Ricciardo. Je pense que nous pouvons certainement nous rapprocher.»

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VETTEL DEVRA APPRENDRE À GÉRER LA PRESSION

Le spectaculaire accrochage provoqué par Sebastian Vettel impliquant quatre voitures au départ du Grand Prix de Singapour. Cet accident a probablement défini la saison de l’Allemand.

Le pilote Ferrari Sebastian Vettel doit apprendre à mieux gérer la pression s’il veut lutter avec Lewis Hamilton pour le championnat des pilotes de Formule 1.

Vettel n’a que lui à blâmer après avoir échappé le titre cette saison. Tout s’est effondré en septembre, et il n’a jamais pu retrouver son rythme par la suite, tandis que Hamilton se dirigeait vers la conquête d’un quatrième championnat du monde, et un troisième en quatre campagnes avec Mercedes.

L’écart de 46 points entre Hamilton et Vettel ne reflète pas l’intensité de la lutte, qui a offert une véritable opportunité à la Scuderia de mettre un terme à l’hégémonie de Mercedes avant la baisse de régime catastrophique de Vettel. «Je suis affamé pour l’an prochain, a mentionné Vettel, dimanche, après le Grand Prix d’Abou Dhabi. Nous remettons les compteurs à zéro.»

Le personnel retournera à l’usine jusqu’à ce que les voitures soient prêtes à tourner de nouveau lors des essais hivernaux, vers la fin du mois de février. La saison se mettra en branle le 25 mars en Australie.

Franc-jeu

Vettel a joué franc-jeu et a expliqué les motifs pour lesquels il croit que Mercedes était supérieure. «Regardez le nombre de positions de tête, et de victoires. De manière générale, nous n’étions pas assez rapides. C’est aussi simple que ça, a-t-il évoqué. En fin de compte, tu peux analyser ceci et cela, individuellement, mais notre voiture n’était tout simplement pas assez bonne.»

C’est un argument qui se défend, certes, mais les statistiques ne donnent qu’un côté de la médaille. La pure vérité, c’est que Vettel s’est lui-même effondré alors qu’il s’apprêtait à mettre de la pression sur les épaules de Hamilton.

Malgré toute son expérience — 47 victoires en près de 200 courses —, Vettel commet encore des erreurs attribuables à ses sautes d’humeur. Il l’a brièvement démontré l’an dernier lorsqu’il a eu une prise de bec avec son ex-coéquipier chez Red Bull, Mark Webber, ainsi qu’avec l’actuel pilote Red Bull Max Verstappen.

Coup de roue

Puis, il y a eu le coup de roue asséné à Hamilton avant une relance au Grand Prix d’Europe à Bakou en juin, et bien sûr, le spectaculaire accrochage qu’il a provoqué impliquant quatre voitures au départ du Grand Prix de Singapour — probablement celui qui a défini la saison de l’Allemand.

Vettel, qui partait du deuxième rang, avait l’opportunité d’engranger 25 points de classement sur une piste où aucun autre pilote de F1 n’avait obtenu plus de podiums que lui. Mais il est reparti bredouille. Un cauchemar qui a permis à Hamilton de profiter du chaos pour se sauver avec la victoire, et éventuellement avec le championnat.

L’Allemand devra donc trouver une façon de garder son sang-froid la saison prochaine s’il compte détrôner le Britannique.