Craig Anderson était devant le filet des Sénateurs vendredi soir pour affronter les Flames et le vétéran Jaromir Jagr. C’était aussi un moment spécial pour lui de revenir en Alberta.

Retour en Alberta émotif pour Anderson

Craig Anderson a réussi le plus impressionnant de ses 39 blanchissages en carrière l’an dernier quand il a repoussé tous les 37 tirs des Oilers à Edmonton, à peine quelques heures après être parti du chevet de son épouse Nicholle, qui venait d’apprendre qu’elle avait un rare cancer de la gorge.

Le gardien des Sénateurs d’Ottawa revivra les émotions de ce match spécial à partir du bout du banc samedi soir lors du retour de son club au Rogers Place alors que ses entraîneurs ont décidé de l’envoyer dans la mêlée vendredi contre les Flames à Calgary, tandis que son adjoint Mike Condon devrait obtenir son premier départ de la saison, à moins d’un revirement de situation.

C’était lors du voyage dans l’Ouest canadien de l’an passé, qui avait lieu à la fin d’octobre, que la famille Anderson a commencé à composer de façon bien publique avec cette dure épreuve. Lors d’une journée de congé à Vancouver, Anderson avait reçu le diagnostic des médecins et il avait accouru pour soutenir son épouse, avec la bénédiction de l’équipe évidemment.

Mais lors du match suivant contre les Flames, le substitut Andrew Hammond s’est blessé à l’aine à la fin de la première période et le jeune Chris Driedger avait été jeté dans la fosse aux lions dans un revers de 5-2. À la demande de son épouse, qui lui a dit que « ton équipe et tes coéquipiers ont besoin de toi », Anderson était revenu à temps pour le match à Edmonton qui concluait le périple et il avait offert une performance mémorable.

« C’était une de ces occasions où tu n’avais pas le temps de penser. Avec le voyagement, il fallait composer avec le décalage horaire et des jambes pesantes. Je savais que je devais être à point mentalement pour compenser pour les voyages et tout le reste qui entrait en ligne de compte. C’était une question d’être fort mentalement et d’avoir un peu de chance de ton côté, le destin a fait le reste pour nous ce soir-là », s’est remémoré Anderson vendredi matin, quelques heures avant d’affronter les Flames, le club qui l’a repêché en 1999 (il n’avait pas signé de contrat avec eux cependant, retournant au repêchage pour être sélectionné par Chicago deux ans plus tard).

À la fin de ce match qu’il avait terminé en larme derrière son masque, Anderson avait été choisi la première étoile, évidemment. Choisi comme deuxième étoile, son vis-à-vis Cam Talbot était resté au banc des Oilers pour saluer sa prestation, un beau geste qui avait été apprécié par celui qui a finalement été le récipiendaire du trophée Masterton (persévérance et dévouement au hockey) en juin dernier.

« Je l’avais vu et je lui ai parlé après le match. C’était un geste énorme de sa part, je ne sais pas combien de gars l’auraient fait. Peut-être que tous les gardiens l’auraient fait, vu que le syndicat des gardiens est très uni », a-t-il souligné.

Anderson a raconté ne jamais avoir ressenti autant d’émotions à la fin d’un match : « C’était une de ces occasions où tu te donnais à plein au match et que tu laissais les choses arriver comme elles devaient le faire... Ce sont des moments que je n’oublierai jamais », estime-t-il.

Le père de deux jeunes garçons était heureux de rapporter que depuis l’annonce que le cancer de Nicholle était en rémission, le matin du septième match de la finale de l’Est à Pittsburgh, tous les examens subséquents se sont avérés positifs. « Elle doit passer des scanographies à tous les trois mois pour les deux prochaines années et tout était beau lors des deux derniers », a-t-il raconté.

Anderson n’avait rien à redire sur la décision de Guy Boucher et de l’entraîneur des gardiens Pierre Groulx de l’utiliser à Calgary plutôt qu’à Edmonton. « C’était le plan et il a changé. C’est correct, moi, je joue quand on me dit de le faire », a-t-il dit.

Boucher a expliqué que « nous n’avions pas notre gardien numéro un lors des deux matches contre Calgary l’an passé et je pense qu’il était temps de donner une chance à Craig de les affronter. Il a bien fait lors de chaque match, il a l’air “sharp” et je ne veux pas le retirer du filet maintenant », a-t-il noté.