L’élève affrontera le maître vendredi soir au Palais des congrès de Gatineau. Actuel champion du monde de kickboxing chez les amateurs, Benoit Ladouceur (à droite sur la photo) sera l’adversaire de la légende Jean-Yves Thériault (à gauche), qui effectue un retour l’instant d’un gala.

Retour du «Iceman»... pour une soirée

Le « Iceman » remonte dans l’arène à l’âge de 64 ans, un quart de siècle après avoir livré son dernier combat à Verdun.

Ancien champion du monde chez les pros à 23 reprises, Jean-Yves Thériault échangera des coups avec un adversaire qu’il connaît bien. Plus précisément son protégé et actuel champion du monde chez les amateurs, Benoit Ladouceur.

Tout ça dans le cadre d’un combat d’exhibition de trois rounds de deux minutes présenté vendredi soir, en finale d’un gala de kickboxing tenu au Palais des congrès de Gatineau. Plus de 1500 billets ont été vendus pour cet événement venant en aide à la Fondation Fais-Un-Voeu (Make-A-Wish).

« Oui, nous faisons ça pour nous amuser, mais aussi pour donner un bon spectacle. Les gens ont donné des sous pour une bonne cause et nous voulons nous assurer que ça vaille la peine pour eux », affirme Thériault, qui assure que ce sera un face-à-face relevé.

« Ça ne sera pas du tricot », ajoute-t-il en riant.

Le Franco-Ontarien n’a rien perdu de son sens de l’humour. Ni de sa bonne forme physique. À ce chapitre, plusieurs hommes de son âge ont de quoi l’envier.

Ladouceur, lui, a 41 ans. Sa musculature s’avère encore plus impressionnante. Le Gatinois possède sa ceinture de champion du monde depuis 2016. Un titre remporté au Palais des congrès dans un gala organisé par Thériault, devenu entraîneur et promoteur après sa retraite en décembre 1995.

Ce dernier devait se battre en juin dernier à Québec. Le projet est tombé à l’eau. Des discussions ont eu lieu par la suite afin de l’opposer à son ancien rival, Rodney Batiste, qu’il a déjà vaincu deux fois durant ses années de gloire. Aucune entente n’a pu être conclue.

Ce qui a fait germer l’idée d’un choc entre l’élève et le maître à l’automne.

« Je trouvais que c’était une manière pour moi de passer le flambeau. Je suis honoré que ce soit Benoit, un garçon local qui est propre, qui a gagné ses galons. Ça va faire un bon show. »

Thériault connaît Ladouceur depuis sa naissance. Il est ami avec le papa du champion depuis cinq décennies.

« Quand j’ai commencé à coacher Benoit, je lui ai dit : on va aller aussi loin que tu veux. Je serai toujours derrière toi, ou plutôt à côté de toi. Je ne vais pas te pousser. Je vais t’accompagner. »

Ladouceur est devenu champion provincial, national, nord-américain puis mondial depuis trois ans.

Maintenant, les deux hommes s’affronteront. L’élève n’a pas eu besoin de se laisser convaincre.

« C’est un honneur. Et c’est excitant. Et ne vous trompez pas. Ce sera un très bon combat. J’en ai parlé à mes élèves. Ce sera rough », affirme Ladouceur, sourire en coin.

« Mais on se connaît tellement. Je ne pense pas qu’il y aura des coups mal intentionnés », ajoute-t-il.

« Jamais », réplique immédiatement Thériault, qui l’écoute parler au journaliste.

« J’espère bien », enchaîne Ladouceur.

« Moi aussi », a fini par conclure Jean-Yves Thériault.

Les deux combattants ont tenu quelques séances d’entraînement ensemble, question de préparer cet affrontement. Quelques scénarios ont été envisagés à la blague.

« Que je monte avec une perruque noire et une moustache », avoue en riant le « Iceman » qui a maintenant le crâne dégarni et plus aucun poil sous le nez.

Souvent durant l’entrevue, le mot plaisir reviendra sur le tapis.

On a relancé Thériault, mardi, à quelques jours de son retour. Qui dit combat, dit prédiction.

Il fallait bien en obtenir une de la légende du kickboxing.

« Je vais l’assommer au premier round », a lancé en riant Thériault au bout du fil.

Encore une fois, il blaguait.

« J’espère que ça n’arrivera pas. Nous nous connaissons très bien. Nous travaillons ensemble. On sait quel sera le prochain mouvement quand un donne un coup. »