Marc-André Barriault
Marc-André Barriault

Retour aux sources payant pour Barriault

Marc-André Barriault a frappé chaque jour sur un pneu géant avec une masse dans le garage de son ami depuis trois semaines. Il a gravi aussi au pas de course les 105 marches d’un sentier pédestre du quartier Limbour, à Gatineau.

Ajoutez à cela les séances d’entraînement privées dans un octogone. «Le travail est fait. Je pars gonfler à bloc», affirme le spécialiste des arts martiaux mixtes qui prendra un vol d’avion dans les prochaines heures vers Vegas.

Là-bas, Barriault (11-4-0) effectuera sa quatrième sortie en carrière dans l’UFC, samedi prochain, au centre Apex. Il se mesura au poids moyen polonais Oskar Piechota (11-3-1) dans un gala disputé à huis clos.

«Le combat de la dernière chance», avoue-t-il.

Un affrontement qu’il doit gagner après avoir subi trois revers de suite.

«Je vais me battre pour ma survie, pour me nourrir, pour poursuivre l’aventure, pour passer un bel été. Je veux montrer à l’UFC que j’en veux plus. Je ne veux pas avoir été un cheveu sur la soupe pendant un an. J’ai l’intention de tout donner, de ne pas avoir de regret.»

C’est pourquoi l’athlète âgé de 30 ans a décidé de revenir dans son patelin pour préparer ce combat. Il habite depuis dix ans à Québec, occupant notamment un travail de cuisinier dans un hôpital de la Vieille Capitale.

«La raison pour laquelle je suis revenu était pour reconnecter avec la gang avec laquelle j’ai commencé il y a dix ans. J’ai eu un beau camp. Oui, ce fut écourté. Mais je sens que j’ai eu ce dont j’avais besoin. Je prends la route en étant très content.»

Barriault a échangé des coups avec ses amis Dave Leduc et Julien Leblanc, tous deux aussi des produits du club Patenaude. Le premier est maintenant le meilleur combattant de lethwei en Asie tandis que le second s’avère un espoir des arts martiaux mixtes au pays.

Leblanc l’a hébergé chez lui dans le quartier Limbour, lui permettant de stationner sa roulotte devant la demeure familiale.

«Ça me prenait quelqu’un comme Julien pour me pousser. Je peux dire que ce fut payant de revenir ici.»

«Ça me prenait quelqu’un comme Julien pour me pousser. Je peux dire que ce fut payant de revenir ici», avoue Marc-André Barriault

Leblanc lui a déniché un vélo stationnaire. Même chose pour le pneu de 150 livres, la masse et un sac de sable. La centaine de marches se trouvait à quelques mètres de chez lui.

«J’avais des offres pour aller ailleurs, dont à Montréal. Mais des fois, c’est bon de revenir à la base. Des fois, tu cherches les meilleures installations possible. Mais ça ne veut pas dire que tu es confortable là-dedans. Je n’avais pas besoin de plus. J’avais de bons partenaires.»

Son entraîneur de la première heure, Patrick Marcil, l’a aussi guidé durant sa préparation des trois dernières semaines. Il sera dans son coin à Vegas.

«Il n’y a pas une personne mieux placée que Sifu Pat pour savoir quels pitons peser», mentionne l’ancien champion de TKO.

Bête déchaînée

Avec l’aide d’un psychologue sportif, Barriault a passé les dernières semaines à faire le ménage dans ses idées. «À reconnecter avec la bête que j’étais auparavant, précise-t-il.

«Je trouve que j’avais de l’air d’une bête domptée dans les trois derniers combats. J’ai peut-être été victime du processus qu’on retrouve dans l’UFC. Là, j’ai arraché mes chaînes. Je ne vais pas me remettre dans la même situation.»

Le plan de match semble d’ailleurs très clair. Pas question de remettre son sort entre les mains des juges pour une quatrième fois.

«Je dois être sauvage dès le départ... Une destruction», dit-il.

Barriault a passé peu de temps à décortiquer son prochain adverse. «Je ne suis pas un gros fan de regarder de la vidéo. Moi, ce n’est pas de la réaction que je veux faire dans ce combat. Je veux amorcer l’action», ajoute-t-il.

Son entourage s’est occupé de noter les tendances de Piechota, une ceinture noire en jiu-jitsu brésilien. Ce dernier possède une bonne défensive. Mais il a subi, lui aussi, la défaite à ses trois dernières sorties dans l’UFC.

«Marc-André est prêt. Il est capable de finir ce combat. Je l’ai rarement vu aussi agressif», assure Julien Leblanc.

«Sans rien enlever à personne, je pense que de revenir à Gatineau a été une bonne décision. Ce fut trois semaines intenses. Trois semaines qui seront très payantes. Ça paraît que Marc-André veut gagner. Il sait qu’il a besoin d’une domination. Le loup-garou en lui veut sortir. Les 30 premières secondes vont mal aller pour l’autre.»