Dusan Aleksic, le gardien de but de l'équipe canadienne de water-polo masculin, évolue en Europe depuis trois ans.

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Dusan Aleksic est revenu au pays pour deux semaines. D'abord afin de passer du temps auprès des siens en Outaouais. Puis il y a son ancienne école secondaire qui l'avait invité à prendre parole devant des finissants.
Ça se passait quelques jours avant Noël à la polyvalente de l'Île.
On voulait que le gardien de but de l'équipe canadienne de water-polo masculin raconte son parcours des dernières années. De la salle de la classe jusqu'aux piscines de l'Europe où il évolue chez les pros depuis trois ans.
« Je te jure que j'étais plus nerveux à parler devant les étudiants que de jouer un match », lance Aleksic, qui a grandi dans le quartier Mont-Bleu.
C'était la première fois que ce fils de parents serbes était appelé à jouer les conférenciers.
« Parler pendant soixante minutes, ce n'est vraiment pas facile... J'ai décidé de relever le défi. Ça s'est bien passé. »
À quel point ?
« J'ai effectué finalement deux présentations », note-t-il avec un brin de fierté dans la voix.
L'athlète âgé de 25 ans a parlé de ses débuts au club Aqua-Polo de Hull qui porte maintenant le nom de Club de water-polo Gatineau (CWPG). Il a été question de son ascension dans le programme national et des divers tournois internationaux disputés durant son adolescence ici et là.
Les dirigeants de Water-Polo Canada lui ont vite accolé l'étiquette de gardien de l'avenir à son arrivée au sein de l'équipe juvénile, il y a une décennie.
À Pampelune
En ce moment, Aleksic dispute une deuxième saison en Espagne, plus précisément à Pampelune. « La ville qui présente chaque juillet ce festival durant lesquels les taureaux courent dans la rue », ajoute-t-il.
Une fête à laquelle le jeune homme n'a pas encore eu l'occasion d'assister. « En juillet, je me retrouve habituellement à des entraînements ou des parties de l'équipe nationale », précise-t-il.
La saison des ligues professionnelles prend fin en mai.
Avant d'évoluer dans le circuit espagnol, Aleksic avait disputé une saison en Hongrie en 2014-2015. « J'adore ça jouer en Europe. Tu joues un match chaque semaine. Quand j'étais au centre de l'équipe canadienne à Calgary, nous avions un ou deux tournois par année. Le reste du temps, c'était des entraînements », relate-t-il.
Puis on le paie pour faire ce qu'il aime le plus... arrêter des ballons dans l'eau. À ce sujet, il répète la même réponse offerte en salle de classe lors de sa visite à l'école secondaire de l'Île.
« Les salaires sont solides. Tu peux bien gagner ta vie, même si ça ne se compare pas à ce qui se donne au soccer ou au hockey. »
Dusan Aleksic a appris l'espagnol. Il se décrit comme une personne qui aime découvrir différentes cultures. « Je n'ai donc eu aucune difficulté à m'adapter », dit-il.
À Trinité-et-Tobago
Un autre défi l'attend par contre en février.
Un tournoi de qualification en vue des championnats du monde aura lieu à Trinité-et-Tobago. Le Canada, le Brésil, l'Argentine et le pays hôte s'affronteront.
Aleksic obtiendra congé de son équipe professionnelle afin de rejoindre la formation canadienne. Il sera un des vétérans d'une formation en reconstruction.
« Sept des 13 joueurs de l'an dernier ont pris leur retraite, note-t-il.
«C'est beaucoup. J'ai perdu des amis. Des gars avec lesquels je jouais depuis les rangs juniors.»
Dans le lot, il y a Alec Taschereau et John Conway, tous deux d'Ottawa.
«Ça m'a fait de la peine de les voir partir. Ils me manquent déjà. Mais il faut s'adapter et aller de l'avant.»
À Tokyo
Surtout que durant l'entretien, Aleksic répète qu'il n'a jamais songé les imiter et arrêter.
«Moi, je veux continuer. Je me vois aller aux Jeux olympiques en 2020 à Tokyo.»
Ce qui fera plaisir à Giuseppe Porzi, l'instructeur embauché l'an dernier afin de diriger l'équipe masculine du Canada.
«Une confiance incroyable en lui. Il été champion olympique en 1992 à Barcelone en tant que joueur. Puis comme entraîneur, il a dirigé plusieurs clubs en Europe qui ont participé à la Ligue des champions.»
Son prochain défi, c'est justement de guider Aleksic et ses jeunes coéquipiers aux JO. La dernière participation olympique du Canada remonte en 2008 à Pékin.