La skieuse de fond, Laura Leclair, de Chelsea, s'entraîne dans la région de Québec depuis quatre ans. Elle a terminé 20e aux championnats du monde U23 en mars en Allemagne.
La skieuse de fond, Laura Leclair, de Chelsea, s'entraîne dans la région de Québec depuis quatre ans. Elle a terminé 20e aux championnats du monde U23 en mars en Allemagne.

Retenir les meilleurs fondeurs en Outaouais

En plus de présenter les athlètes de la relève, Le Droit jettera aussi un regard sur divers autres acteurs ou dossiers qui retiendront l’attention durant la prochaine décennie en sport amateur local. Aujourd’hui: un projet majeur en ski de fond.

Gatineau pourrait-elle compter un deuxième centre national d’entraînement sur son territoire dans la prochaine décennie?

L’équipe masculine canadienne de volley-ball a élu domicile en Outaouais depuis 2009.

Des intervenants en ski de fond rêvent à leur tour de voir certains des meilleurs athlètes de leur sport s’entraîner dans la région d’ici quelques années. Le sujet a été soulevé une première fois, en 2016, lors du passage de la Coupe du monde au parc Jacques-Cartier.

Trois athlètes locaux, Katherine Stewart-Jones, Simon Lapointe et Sophie Carrier-Laforte, ont pris le départ de cette étape du Ski Tour Canada. D’autres représentants de la région ont fait le saut, depuis.

Il suffit de penser à Antoine Cyr, Laura Leclair et Pierre Grall-Johnson. Comme Stewart-Jones, ces trois fondeurs sur la scène internationale qui ont dû s’expatrier dans un des trois centres nationaux afin de poursuivre leur développement.

«Ce que je peux dire, c’est que le projet de centre est encore dans les cartons», lance le président sortant d’Événements Nordiques Gatineau (ENGNE), Claude Laramée.

Katherine Stewart-Jones

Stewart-Jones skie à Canmore, en Alberta. Grall-Johnson peaufine sa technique à Thunder Bay, en Ontario. Cyr et Leclair se trouvent à Saint-Ferréol-les-Neiges, au Québec. Nordiq Canada – anciennement Ski de fond Canada – appuie financièrement ces endroits, dont le budget de fonctionnement pouvait atteindre 500 000$ par année au milieu des années 2010.

En coulisses, on dit que la fédération nationale ne souhaite pas ajouter un quatrième site d’entraînement.

ENGNE, qui réunit des intervenants des trois clubs de ski de fond locaux de même que les dirigeants de la Gatineau Loppet, avait attiré le Ski Tour Canada en Outaouais. Il avait ensuite obtenu la présentation des championnats canadiens en 2019.

«Nous avons investi beaucoup de temps et d’argent dans l’organisation de ces championnats, à mettre à niveau les pistes au centre Nakkertok afin qu’elles soient homologuées. Les travaux qui ont été faits permettent non seulement d’attirer des championnats canadiens, mais aussi des sélections en vue de championnats du monde», rappelle Laramée.

Ces parcours pourraient servir au futur centre national.

«Les athlètes qui veulent participer à des courses en Coupe du monde ont besoin de s’entraîner sur des pistes comparables pour s’améliorer. Tu ne peux pas skier sur un parcours dessiné pour un enfant de 15 ans», note M. Laramée.

Ce dernier croit que la région possède une bonne carte dans son jeu. Il rappelle la présence de trois universités des deux côtés de la rivière des Outaouais.

«Une bilingue, une francophone et une anglophone. Et tu as quatre collèges, le Cégep de l’Outaouais, le collège Heritage, le collège Algonquin et La Cité, qui offrent une panoplie de programmes. Essaie de trouver un autre droit comme ça au Canada!»

«Il reste encore plusieurs étapes à franchir pour un centre national d’entraînement. Mais comme je disais, ça reste dans les cartons.»

Le dossier se retrouvera maintenant dans les mains de son successeur chez ENGNE, John Halvorsen. Cet ancien athlète olympique et père de trois skieurs a déjà géré un gros projet dans le passé, ayant été à la tête de la Fin de semaine des courses d’Ottawa pendant sa croissance fulgurante.

Antoine Cyr

Un centre plutôt régional?

Formée au club Chelsea Nordiq, Laura Leclair vient de compléter sa quatrième saison dans la région de Québec. Elle avait choisi de s’entraîner au centre Pierre-Harvey pour diverses raisons.

«Quand je m’entraînais dans la région à la fin, toutes mes amies et coéquipières avaient quitté. Je suis allée là-bas pour l’expertise et les groupes de spécialistes à notre disposition, mais aussi pour le groupe d’entraînement. Puis l’université.»

Leclair reconnaît que l’Outaouais est une pépinière de fondeurs élites. Dans les années 1970, 1980 et 1990, il y a eu les Richard Weber, Dirk Van Wijk, Marie-Odile Raymond, Chris Jeffries et Perianne Jones.

«Il y a un bon bassin d’athlètes ici. Tu as trois grands clubs en Chelsea Nordiq, Skinouk et Nakkertok. Plus les skieurs avancent en âge, moins ils ont tendance par contre à rester ici. Ça serait pertinent de les rassembler, avoue-t-elle.

«Après avoir dit ça, je ne pense pas nécessairement que nous pouvons nous permettre le luxe d’avoir deux centres nationaux au Québec. Nous sommes juste quatre filles à Québec.»

Leclair propose plutôt un autre scénario: implanter un centre d’entraînement régional destiné à la relève.

«Ça pourrait rejoindre les skieurs des trois clubs, ceux d’âge junior qui sont encore à la maison. Ça les aiderait à faire la transition entre leur club et éventuellement un centre national.»