Le spécialiste des longues remises Louis-Philippe Ladouceur a accepté un nouveau contrat d’un an avec les Cowboys de Dallais le mois dernier.
Le spécialiste des longues remises Louis-Philippe Ladouceur a accepté un nouveau contrat d’un an avec les Cowboys de Dallais le mois dernier.

Repêché par Ottawa, auréolé à Dallas

Sa carrière dans la NFL a duré plus longtemps que l’équipe de la Ligue canadienne de football (LCF) qui l’avait repêché en quatrième ronde en 2004.

Plusieurs amateurs l’ignorent, mais Louis-Philippe Ladouceur est l’unique survivant des défunts Renegades d’Ottawa, qui n’avaient tenu le coup que pendant quatre saisons.

Le spécialiste des longues remises a accepté, le mois dernier, un nouveau contrat d’un an chez les Cowboys de Dallas.

Il s’agira de sa 16e saison dans la NFL. Seize saisons, un seul uniforme. Il n’a jamais raté un match en carrière. Surtout, il n’a jamais bousillé une longue remise depuis ses débuts.

«On parle de plus de 2000 remises. C’est incroyable», lance son agent, Gil Scott.

«Puis c’est tout un phénomène physique», ajoute-t-il.

Ladouceur vient de fêter ses 39 ans. Il est le doyen chez les Cowboys.

L’athlète montréalais qui mesure six pieds et cinq pouces et qui pèse 255 livres possède le record du plus grand nombre de parties consécutives disputées dans l’histoire de l’équipe texane. Son prochain match sera son 238e.

«Ça fait longtemps que je suis un des plus vieux de l’équipe», note Ladouceur, qui a participé au Pro Bowl en 2014.

«Dès que tu as 30 ans dans la NFL, tu es vieux. Là, j’ai 39...»

Négocier une nouvelle entente s’est fait rapidement. «L’équipe voulait que je revienne. Moi aussi je voulais rester ici. C’est chez nous», rappelle-t-il.

Ladouceur a obtenu sa citoyenneté américaine en septembre dernier après un long processus administratif qui a duré six ans. À la cérémonie où le tout a été officialisé, ils étaient près de 1000 personnes de 91 différents pays à lever leur main droite en prêtant le serment d’allégeance.

Sa femme, Brooke, est originaire du Texas. Le couple a deux enfants, Annabelle et Wyatt.

Ladouceur aimerait terminer sa carrière à Dallas. Est-ce que ce sera sa dernière saison?

Continuera-t-il de jouer quand il aura atteint la quarantaine?

Il lui manque une seule chose avant d’accrocher casque et épaulettes: le trophée Vince-Lombardi remis aux gagnants du Super Bowl. Il n’a jamais eu l’occasion de disputer le match ultime depuis ses débuts, en 2005. «C’est la raison pourquoi je joue. J’ai du plaisir à jouer pour gagner. Et je sais que nous avons une équipe très capable d’y arriver la saison prochaine.»


« Dès que tu as 30 ans dans la NFL, tu es vieux. Là, j’ai 39... »
Louis-Philippe Ladouceur

Les Cowboys miseront encore sur leurs vedettes offensives en Dak Prescott et Ezekiel Elliott. Et ils ont mis sous contrat un nouveau botteur en Greg Zuerlin.

«Greg the Leg» remplacera Brett

Maher, qui a raté 10 tentatives de placement en 13 parties en 2019 avant d’être congédié.

Le monde est petit. Ce même Maher a passé trois saisons à Ottawa, dans la LCF, chez le Rouge et Noir.

Ladouceur, lui, n’a jamais joué dans la capitale nationale. En fait, il n’a jamais eu droit à une casquette ou un simple t-shirt des Renegades dans les semaines qui ont suivi sa sélection.

«En fait, personne de l’équipe ne m’a appelé. Je n’ai jamais parlé à un représentant de l’organisation. J’ai su qu’on m’avait repêché en consultant un site web!»

C’était un peu comme ça, chez les Renegades. Un peu pas mal tout croche.

De toute façon, Louis-Philippe Ladouceur n’avait pas l’intention de se pointer à Ottawa. «Il me restait une année à l’école», relate-t-il, lui qui jouait à l’Université de la Californie, dans la NCAA.

De plus, l’ancien des Cactus du collège Notre-Dame espérait être choisi au repêchage de la NFL en 2005. Il n’a finalement pas été sélectionné, mais les Saints de La Nouvelle-Orléans l’ont invité à leur camp d’entraînement, plus tard dans l’été.

«Je voulais juste une chance. Des fois, c’est tout ce dont tu as besoin», dit-il.

Il faut aussi se retrouver au bon endroit, au bon moment.

Quand les Saints l’ont libéré, Ladouceur est retourné dans l’appartement qu’il louait, en Californie.

Quelques semaines plus tard, les Cowboys de Dallas étaient de passage dans son coin pour des matches contre les 49ers de San Francisco et les Raiders d’Oakland. Leur spécialiste des longues remises en arrachait.

Un essai a été accordé à Ladouceur durant une séance d’entraînement. Ce fut assez pour convaincre l’entraîneur de l’époque, Bill Parcells, de mettre sous contrat le joueur québécois.

«Après, je n’ai jamais repensé à la LCF.»

«J’ai eu une bonne carrière jusqu’ici. Je suis très fier de ce que j’ai accompli.»

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LE COWBOY QUÉBÉCOIS QUI CONSTRUIT DES MAISONS

Louis-Philippe Ladouceur a étudié notamment en géophysique à l’Université de Californie. Ses connaissances lui seraient utiles au Texas, une fois sa carrière terminée. «Surtout ici où il y a une grosse industrie du gaz et du pétrole», note le vétéran des Cowboys de Dallas.

Sauf que le père de famille, qui a empoché plus de 12 millions $US depuis ses débuts dans la NFL, a déjà son plan B. Il l’a même commencé à le mettre en exécution.

Ladouceur est entrepreneur en construction en banlieue de Fort Worth depuis 10 ans. «J’ai ma propre compagnie avec ma femme. Je trouve des terrains et des partenaires pour construire des maisons. Puis ma femme, qui est agente immobilière, s’occupe de les vendre, raconte-t-il.

«Je viens de commencer mon deuxième projet de développement résidentiel. J’embauche à gauche et à droite. C’est moi qui supervise le tout.»

À ses débuts, Ladouceur a pu puiser un peu d’expertise au sein de sa belle-famille, qui baigne dans le domaine. «Mais j’apprends surtout beaucoup sur le tas», dit-il.

«Je veux continuer à jouer au football. Construire des maisons, je le fais ça surtout durant la saison morte comme une distraction.  Mais c’est sûr que tu n’as pas le choix de te préparer et savoir ce que tu vas faire une fois ta carrière terminée.»