Un plan a été concocté pour relancer le football scolaire qui se trouve en perte de vitesse depuis quelques années en Outaouais.
Un plan a été concocté pour relancer le football scolaire qui se trouve en perte de vitesse depuis quelques années en Outaouais.

Un plan pour soigner le football scolaire en Outaouais

En plus de présenter les athlètes de la relève, Le Droit jette aussi un regard sur divers autres acteurs ou dossiers qui retiendront l’attention durant la prochaine décennie en sport amateur local. Aujourd’hui: Le sort du football scolaire.

Un plan a été concocté pour relancer le football scolaire qui se trouve en perte de vitesse depuis quelques années en Outaouais.

Reste à voir maintenant quand les intervenants régionaux pourront le mettre en exécution. Une première initiative était prévue dès le printemps dans les écoles. Mais la pandémie de la COVID-19 est venue tout chambarder.

«Nous avions prévu d’offrir des cliniques de mini flag-football au primaire et de la formation aux professeurs. Nous avions des partenaires qui étaient prêts à aider», explique la directrice générale du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) en Outaouais, Hélène Boucher.

Des jamborees de football à six contre six étaient aussi à l’horaire pour les étudiants en sixième année. Le concept du «tackle-bar», qui gagne en popularité aux États-Unis, aurait été introduit à ce niveau.

La même formule a été prévue pour ceux qui évolueront dorénavant au niveau benjamin, en première secondaire.

«Chaque joueur portera un harnais avec deux poignées dans le dos. Pour faire le plaquer, il faut tirer sur une poignée. Ça diminue les blessures puisqu’il n’y a pas de contact à la tête. C’est l’angle de poursuite qui compte, explique l’entraîneur-chef des Tigres de l’école Hormisdas-Gamelin, Michel Roy.

«Tu ne mets pas le gars à terre. C’est un excellent pont entre le flag football et le football où tu plaques. Le tackle-bar est beaucoup utilisé au Minnesota où il est commandité par les Vikings (de la NFL). J’ai parlé à des gens là-bas à ce sujet.»

Le RSEQ espère renverser une tendance lourde observée non seulement en Outaouais, mais aussi ailleurs au Québec. La relève est moins importante. Des écoles laissent tomber leurs programmes de football.

«Il y a notamment une grosse crainte des parents par rapport aux commotions cérébrales», estime M. Roy.

Par exemple l’automne dernier, les Gee Gees de D’Arcy-McGee, les Cyclones de Grande-Rivière et les Cougars du Carrefour n’alignaient aucune équipe juvénile. Les trois écoles disposent chacune de surfaces synthétiques.


« Le tackle-bar est beaucoup utilisé au Minnesota où il est commandité par les Vikings (de la NFL). J’ai parlé à des gens là-bas à ce sujet. »
Michel Roy

Dans le passé, les Patriotes de Louis-Joseph-Papineau et les Rafales de l’école secondaire Des Lacs alignaient aussi des formations dans la Ligue scolaire de l’Outaouais.

C’est pourquoi le RSEQ a décidé de former un comité de relance durant l’hiver, réunissant autour d’une même table divers acteurs du football local. Le Cégep de l’Outaouais a été invité à participer. Même chose pour le programme de football civil des Vikings de Gatineau.

«Le statu quo n’était pas une option. Il y a un déclin dans le football et il fallait trouver des solutions, rendre ça intéressant autant pour les enfants que les parents», avoue Hélène Boucher.

Il y a aussi le fait que Football Canada va interdire dès 2022 plusieurs aspects du football avec contact chez les moins de 12 ans.

«Comme région, je crois que nous avons mis nos culottes en état innovateur. Nous serons les premiers au Québec à essayer le tackle-bar. Ça va être spécial», assure M. Roy.

Chez les juvéniles, le RSEQ Outaouais n’a pas encore tranché si ses équipes disputeront des matches neuf contre neuf ou la traditionnelle formule «12 contre 12» lors de la prochaine rentrée scolaire. Le bassin de certaines écoles est restreint.

Et il y a la question de rapatrier éventuellement des formations juvéniles locales qui évoluent ailleurs au Québec. Des écoles telles que Hormisdas-Gamelin, Nicolas-Gatineau, Nouvelles Frontières et Saint-Alexandre ont fait partie de la ligue scolaire du Lac-Saint-Louis en 2019.

«Pourquoi sommes-nous partis? Des fois, tu avais trois des huit équipes de la ligue qui déclaraient forfait. Quand tu plantes une équipe 50-0, personne ne sort gagnant de ça, explique Michel Roy.

«Là, nous voulons solidifier les jeunes catégories et établir de bonnes bases pour les programmes en difficulté. Je pense que nous allons dans la bonne direction. Je peux dire que nous voulons tous revenir en Outaouais.»