La liste de la FPVQ ne comporte pas d’erreur. L’Outaouais n’a toujours pas sa glace internationale.
La liste de la FPVQ ne comporte pas d’erreur. L’Outaouais n’a toujours pas sa glace internationale.

La patinoire qui manque en Outaouais

En plus de présenter les athlètes de la relève, Le Droit jette aussi un regard sur divers autres acteurs ou dossiers qui retiendront l’attention durant la prochaine décennie en sport amateur local. Aujourd’hui: Un besoin criant en patinage de vitesse

Combien de municipalités au Québec sont dotées d’une patinoire aux dimensions internationales?

La réponse à cette question nous est offerte par la Fédération de patinage de vitesse du Québec (FPVQ).

Il y en a 13.

Un chiffre qui passera même à 14 en 2021 lorsque des travaux seront terminés à Rivière-du-Loup.

La ville du Bas-Saint-Laurent se joindra à Montréal, Laval, Québec, Pierrefonds, Châteauguay, Sherbrooke, Drummondville, Trois-Rivières, Shawinigan, Québec, Lévis, Saguenay, Matane et Rimouski.

Où se trouve le nom de Gatineau dans tout ça? Il s’agit quand même de la quatrième plus grosse ville au Québec.

La liste de la FPVQ ne comporte pas d’erreur. L’Outaouais est bel et bien absent. Elle n’a toujours pas sa glace internationale.

«Je pense que c’est inévitable. Ça fait partie de l’équipement d’une ville moderne», déclare Louis Maltais.


« «Tu es toujours serré dans tes souliers. Puis, quand tu vas ensuite à l’aréna Maurice-Richard à Montréal pour une compétition, tu as 10 minutes, durant une courte période d’échauffement, pour trouver tes nouveaux points de repère. Nos jeunes sont un peu perdus.» »
Louis Maltais

Ce dernier est entraîneur au club de patinage de vitesse de Gatineau (CPVG). Son collègue instructeur Charles Carrière se trouvait aussi en ligne, au moment de l’entrevue.

Des dirigeants du CPVG tentent de convaincre depuis quelques années la Ville de Gatineau de se doter d’une patinoire aux dimensions internationales. Ils espéraient en voir une dans le projet des quatre glaces en construction sur le boulevard de La Cité.

Un partenariat avait été formé avec des intervenants du patinage artistique.

Peine perdue.

Le CPVG veut revenir à la charge avec le nouveau projet de centre multiglaces devant desservir l’ouest de la ville. Gatineau a déjà acheté un terrain sur le boulevard du Plateau, en juillet dernier. Un appel d’offres a été publié en décembre.

«Ce n’est pas juste un caprice de demander ça. Parmi nos meilleurs athlètes, il y a des gars de 15 et 16 ans qui atteignent des vitesses qu’on retrouvait il y a 25 ans aux Jeux olympiques, affirme M. Maltais.

«C’est une question de sécurité, ajoute M. Carrière. Sur une surface internationale, les bandes sont plus éloignées. Ça permet d’aller chercher des vitesses plus élevées sans avoir la peur de s’aplatir dans les matelas.»

La centaine de patineurs gatinois s’entraîne en ce moment à l’aréna Baribeau et au complexe Branchaud-Brière. Jusqu’ici, aucun accident majeur n’est survenu malgré l’espace restreint.

«Tu es toujours serré dans tes souliers. Puis, quand tu vas ensuite à l’aréna Maurice-Richard à Montréal pour une compétition, tu as 10 minutes, durant une courte période d’échauffement, pour trouver tes nouveaux points de repère. Nos jeunes sont un peu perdus», explique Louis Maltais.

Tous les évènements provinciaux doivent maintenant se dérouler sur une patinoire aux dimensions internationales, rappelle la FPVQ. À ses yeux, il s’agit aussi d’un outil pour assurer une meilleure rétention des patineurs dans leur région natale.

En ce moment, les espoirs gatinois doivent mettre le cap vers Montréal. Ils peuvent aussi s’entraîner de l’autre côté de la rivière des Outaouais. Ottawa compte deux patinoires plus grandes, dont une au complexe Bob MacQuarrie.

Il s’agit du domicile des Concordes de Gloucester, dont plusieurs espoirs ont abouti aux Jeux olympiques depuis une décennie. Il suffit de penser aux Nicolas Bean, Ivanie Blondin, Vincent De Haître et Isabelle Weidemann.

Louis Maltais était entraîneur à Rimouski lorsque cette ville a eu le débat sur la nécessité de se doter d’une telle infrastructure. La population a fini par se rallier au projet.

«Souvent, les gens ont l’impression qu’il s’agit d’un investissement majeur. Mais ce n’est pas ça. Tu veux juste une glace un peu plus grande. That’s it. Ça assure une sécurité et ça permettrait aussi d’accueillir une compétition provinciale par année. Après un certain temps, on pourrait même accueillir une compétition nationale.»