L’ancien capitaine de l’équipe canadien de hockey sur luge, Jean Labonté, a participé à la fondation du «D-Luge», il y a trois ans. Il s’agit de la formation outaouaise de hockey sur luge.
L’ancien capitaine de l’équipe canadien de hockey sur luge, Jean Labonté, a participé à la fondation du «D-Luge», il y a trois ans. Il s’agit de la formation outaouaise de hockey sur luge.

Accoucher de clubs paralympiques à Gatineau

En plus de présenter les athlètes de la relève, Le Droit jette aussi un regard sur divers autres acteurs ou dossiers qui retiendront l’attention durant la prochaine décennie en sport amateur local. Aujourd’hui: Le sort des sports paralympiques à Gatineau.

Deux athlètes handicapés à la retraite ont un but similaire. À leur façon, Matthieu Parent et Jean Labonté tentent de faire la promotion de la pratique des sports paralympiques en Outaouais. Le premier travaille sur le bois franc, le deuxième  sur la glace.

Une tâche qui n’est pas toujours facile.

Il y a trois ans, Labonté a mis sur pied le «D-Luge», un club de hockey sur luge à Gatineau, en compagnie de François Couillard. L’Amicale des personnes handicapées physiques de l’Outaouais a participé au démarrage.

«Si je compare où nous étions au début, c’est le jour et la nuit, raconte l’ancien capitaine de l’équipe canadienne de hockey sur luge.

«La plupart de nos joueurs n’avaient pas pratiqué ce sport. Ils n’avaient même aucune connaissance de hockey. Là, ils sont des mordus. Ils ont hâte à la prochaine pratique.»

Reste que le club demeure tout petit. Il ne compte qu’une quinzaine de membres, à l’heure actuelle. La moyenne d’âge des joueurs flirte avec la mi-vingtaine.

«Nous avons eu quelques nouveaux joueurs. Mais ce serait le fun de grandir et aller chercher plus de monde. Nous aimerions lancer un volet junior. C’est la prochaine étape.»

Un autre défi? Obtenir plus de temps de glace. En ce moment, D-Luge profite seulement d’un bloc de 80 minutes, chaque dimanche, au centre Robert-Guertin, gracieuseté de la Ville de Gatineau.

«Quand il y a un match des Olympiques de Gatineau, nous n’avons pas de séances d’entraînement, explique M. Labonté. Je dirais que nous n’avons pas pratiqué souvent, après Noël, en raison de ces parties.»

Et il y l’achat d’équipement. Les luges de base se vendent autour de 700$.

«Nous avons été chanceux. L’équipe d’Ottawa nous a aidés, au début. Elle nous a fourni des luges. Certains de nos joueurs en ont acheté. Notre but est de s’en procurer d’autres.»

Quant à Matthieu Parent, son aventure à la tête d’un club paralympique local est encore plus récente. Médaillé en athlétisme aux Jeux paralympiques de 2000, il a fondé le club de sport en fauteuil roulant de Gatineau, l’été dernier.

L'ancien médaillé paralympique en athlétisme, Matthieu Parent, a fondé le club de sport en fauteuil roulant de Gatineau, il y a un an. À ses côtés, on voit ses filles Alexie et Charlie qui pratiquent le basket en fauteuil roulant.

Pour l’instant, l’accent est mis sur la pratique du basket-ball une fois par semaine dans un gymnase d’école primaire. Une quinzaine de membres participent aux entraînements. «Avec des fauteuils prêtés par Parasports Québec et le club de basket en fauteuil roulant d’Ottawa. Et mes fauteuils personnels.»

«Le club n’a rien jusqu’à maintenant. Mais je travaille là-dessus. Le prix d’un fauteuil standard pour le sport commence autour de 3000$. Ça s’additionne assez vite quand tu veux une équipe de 10 joueurs!»

Le club ne possède pas d’endroit pour les entreposer. M. Parent les range donc tous dans son garage. Et il se sert de son camion pour transporter tous ces fauteuils chaque semaine entre sa résidence et le gymnase. Ses filles, qui sont âgées de 12 et 14 ans, lui donnent un coup de main.

Elles pratiquent aussi le basket en fauteuil roulant. «Même si tu n’as pas de handicap, tu peux jouer», explique le père.

«C’est pourquoi j’ai choisi ce sport pour commencer au club. C’est plus facile d’aller chercher des gens.»

Matthieu Parent veut développer d’autres disciplines. Des discussions ont eu lieu avec des clubs locaux de tennis et athlétisme.

L’homme âgé de 42 ans croit qu’il est important de toucher à divers sports. Il a goûté à des étapes de la Coupe du monde de paracyclisme après sa présence aux Jeux paralympiques en athlétisme. Il a également participé aux Jeux du Canada en basket en fauteuil roulant durant les années 1990.

Durant son adolescence, à Granby, il a également touché à la natation.

M. Parent s’en souvient bien. Une dame et un homme s’étaient pointés à la piscine municipale pour le convaincre d’essayer le basket.

«Je ne voulais rien savoir au début de m’asseoir dans un fauteuil. Je préférais jouer avec mes amis en portant ma prothèse, même si ça me faisait mal. Mais une fois que j’ai joué dans un fauteuil, j’ai adoré.»

Aujourd’hui, Matthieu Parent pense à ces deux bénévoles.

«Je me vois comme eux, 30 ans plus tard. C’est moi maintenant qui veux faire bouger les jeunes et les aider à aller plus loin. Je veux leur donner des options dans divers sports adaptés pour qu’ils puissent dépasser à leur tour leurs propres limites.»