Selon les spécialistes de la reprise vidéo à New York, l’ailier rapproché des Steelers, Jesse James, n’était pas en plein contrôle du ballon alors qu’il étirait les bras pour s’assurer que l’objet traverse la zone des buts.

Règle maudite!

La NFL a fait beaucoup jaser dimanche, mais encore une fois... pour les mauvaises raisons. Plutôt que d’analyser dans les moindres détails l’excitant duel que sont livrés les Patriots et les Steelers pour le premier rang de la Conférence américaine; amateurs, médias, joueurs et entraîneurs n’avaient qu’un sujet à débattre après le match : le touché de Jesse James, d’abord accordé avant d’être ensuite annulé en raison du foutu règlement que tous les gens concernés ont appris à détester depuis son entrée en vigueur, il y a sept ans.

On s’entend d’abord sur une chose : l’officiel Tony Corrente a rendu la bonne décision en appliquant le règlement à la lettre et en expliquant que «le receveur de passes n’avait pas survécu au contact avec le terrain». Celle-là, c’est la première fois que je l’entendais! Mais on pouvait bel et bien constater après avoir visionné la reprise vidéo à plusieurs reprises que l’ailier rapproché des Steelers avait quelque peu perdu la maîtrise du ballon en étirant le bras pour s’assurer que l’objet atteigne la zone des buts.

Mais avant d’en arriver à cette conclusion, le réputé commentateur Jim Nantz et le coloré analyste Tony Romo ont passé plus de deux minutes à se demander pourquoi les officiels mettaient autant de temps à confirmer officiellement le touché de James. L’ex-quart des Cowboys a finalement remarqué que le ballon avait bougé quelque peu au moment où il touchait le sol. Mais est-ce que c’était suffisant pour renverser la décision initiale? Malheureusement pour les fans des Steelers, les responsables de la reprise vidéo à New York ont décidé que c’était bel et bien le cas.

Et les choses n’ont fait qu’empirer pour Pittsburgh par la suite. Même si la décision finale faisait très mal, les Steelers auraient pu égaler le pointage avec un botté de placement si Ben Roethlisberger n’avait pas eu une crampe au cerveau, deux jeux plus tard. Le vétéran de 35 ans a tenté une passe, qui a été interceptée au centre de la zone des buts par Duron Harmon, des Patriots, après avoir d’abord été déviée par son coéquipier Eric Rowe. Un jeu qui a sans doute rappelé de mauvais souvenirs aux fans des Seahawks, car le relais tenté par Big Ben ressemblait étrangement à une drôle de passe de Russell Wilson (Seattle) interceptée par Malcolm Butler (Patriots) dans les derniers instants du XLIXe Super Bowl... 

Johnson et les autres...

Nous avons fait connaissance avec cette règle maudite le 12 septembre 2010 — ça fait déjà sept ans — quand le spectaculaire Calvin Johnson (Lions) avait eu le malheur de perdre la maîtrise du ballon qu’il tenait d’une seule main en dépit de la présence d’un joueur des Bears et qu’il avait échappé lors du contact avec le sol.

D’autres touchés ont été annulés au cours des années suivantes, mais celui qui a fait le plus jaser est survenu dans les séries de 2015 quand Dez Bryant (Dallas) a cru réussir un attrapé spectaculaire qui aurait permis aux Cowboys d’éliminer les Packers. Mais le numéro 88 a eu le malheur de perdre la maîtrise du ballon pendant une fraction de seconde quand il est tombé sur le sol avant de le récupérer rapidement. L’officiel a décrété que la passe n’avait pas été complétée parce que le ballon avait touché le sol alors que le receveur était dans le processus de compléter la réception de l’ovale. De quoi en perdre son latin!

Pendant ce temps, on accorde des touchés à des joueurs qui plongent vers l’extérieur du terrain — à la Cam Newton — en allongeant le bras pour que le balon touche au pylone placé à une extrémité de la zone des buts. Les arbitres s’empressent aussi de signaler un touché quand un demi offensif saute par-dessus les joueurs de ligne et que le bout du ballon franchit à peine la ligne des buts pendant une fraction de seconde avant d’en perdre le contrôle.

J’aurais beaucoup moins de difficultés à accepter ces touchés si on exigeait qu’une bonne partie du corps du joueur soit dans la zone des buts ou encore s’il était nécessaire que le ballon franchisse complètement la ligne des buts, comme c’est le cas au hockey, alors que la rondelle doit dépasser complètement la ligne rouge pour qu’un but soit accordé.

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UNE FESSE OU DEUX DANS LE TERRAIN?

Le touché refusé à Jesse James a relégué à l’arrière-plan deux autres jeux qui n’ont pas fait l’unanimité, dimanche. L’ailier espacé Damiere Byrd (Caroline) a réussi deux touchés, dont un qui lui a d’abord été refusé au troisième quart parce que les officiels avaient jugé qu’il était tombé sur le dos à l’extérieur de la zone des buts. L’entraîneur Ron Rivera a demandé à ce que le jeu soit revisé et les responsables de la reprise vidéo ont changé la décision rendue par les arbitres en précisant que le derrière de Byrd avait atterri dans le fond de la zone des buts. Pourtant, la reprise télévisée montrait qu’une fesse de Byrd était bel et bien à l’intérieur du terrain, mais pas nécessairement la deuxième... D’ailleurs, le quart Cam Newton a déclaré après le match que l’ailier rapproché Greg Olsen n’avait pas arrêté de lui dire de préparer un autre jeu pendant que les officiels délibéraient, tellement il était convaincu que le touché ne serait pas accordé à son coéquipier. Et il y a aussi l’officiel Gene Steratore — je l’aime bien celui-là — qui a donné tout un show en sortant de sa poche un petit bout de carton plié en deux pour confirmer un premier jeu des Cowboys contre les Raiders, avec cinq minutes à faire au quatrième quart, tellement c’était serré. Comme l’a fait remarquer Cris Collinsworth sur les ondes du réseau NBC, Steratore aurait-il rendu la même décision si le carton en question n’avait pas été plié et qu’il aurait pu le glisser sans problème entre le bout du ballon et l’appareil auquel est accrochée la chaîne servant à mesurer la distance de 10 verges. Après le match, Steratore a déclaré qu’il avait pris sa décision avant d’utiliser le petit bout de carton en question. Belle façon de mettre fin au débat...

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LA CITATION DE LA SEMAINE

«Disons que les choses ne se sont pas déroulées exactement comme dans les contes de fées...» – Aaron Rodgers. Le quart-arrière des Packers était dépité après avoir été victime de trois interceptions à son retour au jeu dans une défaite de 31-24 face à la Caroline, dimanche.

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MES CHOIX

Semaine 16

Samedi : Indianapolis à BALTIMORE et MINNESOTA à Green Bay

Dimanche : Cleveland à CHICAGO, DETROIT à Cincinnati, LOS ANGELES RAMS au Tennessee, Denver à WASHINGTON, LOS ANGELES CHARGERS à NY Jets, Miami à KANSAS CITY, Buffalo en NOUVELLE-ANGLETERRE, Tampa Bay en CAROLINE, Atlanta à LA NOUVELLE-ORLÉANS, JACKSONVILLE à San Francisco, NY GIANTS en Arizona et Seattle à DALLAS

Lundi : PITTSBURGH à Houston et Oakland à PHILADELPHIE

Totaux pour la saison : Semaine 15 : 13/16 (81,3 %); Total : 148/224 (66,1 %)