Tim Raines, qui a été intronisé au Temple de la renommée l’an dernier, a souligné vendredi que la semaine de la cérémonie est difficile à vivre en raison d’un programme chargé et de la nervosité reliée au discours que doivent prononcer les élus.

Raines et Bagwell visitent le Temple de la renommée sans pression

COOPERSTOWN — Tim Raines et Jeff Bagwell sont de retour à Cooperstown, un an presque jour pour jour après leur intronisation. Pour les deux hommes, il ne fait aucun doute : ils passent un bien meilleur week-end cette année.

«C’est bon de pouvoir y relaxer, finalement! a laissé tomber Raines. Je sais exactement ce que ces gars-là ressentent cette année. Cette fois-ci, je peux l’apprécier, faire ce que j’ai envie de faire et non ce qu’on me dit de faire, et ma famille a l’occasion d’en profiter avec moi. Alors je vais profiter de leur présence ce week-end. Et leur faire vivre l’expérience qu’ils méritent.»

«Vous avez un horaire tellement serré, vous ne voyez pas beaucoup votre famille, s’est quant à lui souvenu Bagwell, ex-premier-but des Astros de Houston. Mais je n’aurais jamais été capable de tout faire ça sans ma conjointe. Un an plus tard, je ne suis qu’un touriste qui éprouve beaucoup de plaisir à tout visiter, tout voir. Je n’étais pas certain de mériter cet honneur. Un an plus tard, je peux dire que je suis plus à l’aise avec tout ça.»

Loin de faire preuve d’ingratitude, Raines et Bagwell, qui, en plus de l’ancien receveur des Reds de Cincinnati Johnny Bench, sont venus prêter main-forte à Ozzie Smith pour sa clinique de baseball annuelle, estiment plutôt qu’ils étaient mal préparés pour ce week-end éreintant.

«C’est un honneur d’être admis, mais c’est une semaine difficile, a affirmé Raines. Personne d’entre nous n’est habitué à s’adresser à des foules imposantes. Ajoutez à cela toute l’émotion que vous ressentez, avec votre famille qui vous accompagne et des gens qui vous ont aidé dans votre parcours... Toutes ces émotions, votre discours, auquel vous pensez depuis si longtemps, et les gens que vous ne voulez pas oublier de nommer — c’est inévitable, vous en oubliez! —, c’est exténuant.

«Je me souviens avoir été le dernier à parler! Je me souviens aussi qu’une fois tout terminé, j’ai ressenti comme si on m’enlevait un poids énorme des épaules. Vous ne pouvez pas vraiment vous préparer pour cette journée. Vous pensez que vous le pouvez, mais vous ne le pouvez pas! Une fois votre dernière phrase dite, vous quittez le podium et vous pouvez enfin respirer. C’est tellement plus agréable d’être ici cette année.»

À court d’uniforme!

Raines, intronisé l’an dernier à titre de porte-couleurs des Expos de Montréal — il aura probablement été le dernier à porter les couleurs montréalaises lors de son admission au Temple —, était plutôt vêtu vendredi de l’uniforme à rayures des Yankees de New York, ce qui n’a pas manqué de faire sourciller les journalistes sur place.

«C’est le seul uniforme complet que j’ai, s’est-il défendu. Ce n’est pas que je voulais absolument être vêtu aux couleurs des Yankees. Ils ne font plus d’uniforme des Expos, alors... C’est ce que j’avais sous la main!»

Bagwell, lui, était vêtu aux couleurs des Astros, et Bench, qui est loin de faire ses 70 ans, portait l’uniforme des Reds. Les deux anciens joueurs n’ont d’ailleurs évolué que pour une seule équipe au cours de leurs carrières respectives.

Par contre, Smith, qu’on a l’habitude de voir aux couleurs des Cardinals de St. Louis lors de cette activité, portait quant à lui un uniforme du Temple de la renommée.

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PLAQUE MÉRITÉE

Autant Tim Raines que Jeff Bagwell ont côtoyé Vladimir Guerrero dans le baseball majeur. Raines a été brièvement son coéquipier lors de la saison 2001, tandis que Bagwell et Guerrero se sont souvent affrontés au cours de leurs carrières. Les deux ont unanimement salué son intronisation au Temple de la renommée.

«Il était épeurant! On ne pouvait pas piéger Vlad. Il pouvait se sortir de toutes les situations possibles, s’est rappelé Bagwell, qui comme Guerrero, a terminé sa carrière avec 449 circuits. Je l’ai vu frapper des balles qui avaient touché le sol. C’était un frappeur si dangereux et en plus, il pouvait courir et lancer. Il était vraiment un athlète brut, naturel. Quel joueur remarquable.»

«Probablement l’un des plus beaux talents bruts que j’aie vus, a de son côté déclaré Raines au sujet de celui qui sera intronisé dimanche. Tout lui venait naturellement. Je l’ai vu frapper des balles qui venaient de faire un bond devant le marbre. Je l’ai vu frapper des circuits sur des tirs commandés à l’extérieur. Il m’avait impressionné sur tous les aspects. La seule chose qu’il ne faisait pas bien, c’était de courir les buts, parce qu’il était comme un petit enfant : il courait jusqu’à ce que quelqu’un l’arrête. Il avait de la vitesse, de la puissance, l’un des meilleurs bras — précis en plus. Il mérite amplement cet honneur.»  La Presse canadienne