Vincent Pichette fait partie du personnel d’instructeurs des Panasonic Panthers, une des meilleures équipes de volley-ball de la V League, au Japon.
Vincent Pichette fait partie du personnel d’instructeurs des Panasonic Panthers, une des meilleures équipes de volley-ball de la V League, au Japon.

Un Griffon en sol nippon

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
QUE SONT-ILS DEVENUS? / Son aventure a commencé à Gatineau. D’abord au collège Saint-Alexandre puis chez les Griffons du Cégep de l’Outaouais. 

Le volley-ball l’a amené aussi à l’université Laval et en France. Tantôt comme joueur, puis comme coach.

Il y a eu des cliniques dans des communautés cris du Nord québécois. Sans oublier deux séjours dans des programmes nationaux.

Vincent Pichette a été entraîneur adjoint de l’équipe nationale masculine du Canada pendant 10 ans, épaulant son ami Glenn Hoag. Puis il s’est joint à la formation nationale française pendant deux saisons dans un rôle similaire avant de prendre une pause en 2019.

Ces jours-ci, le sportif de 47 ans se trouve loin de son patelin. Il fait partie du personnel d’instructeurs des Panasonic Panthers, une des meilleures formations de la V League, au Japon.

Le nom dit tout. Le proprio de l’équipe s’avère Panasonic, ce géant japonais de l’électronique.

«C’est tellement bien organisé. Tout le monde est hyper professionnel. Je suis vraiment chanceux, surtout que ce n’est pas facile actuellement dans le monde du volley-ball», souligne Pichette au bout du fil.

La pandémie a forcé plusieurs clubs professionnels en Europe et en Asie de réduire leur budget de fonctionnement. Des joueurs ont dû accepter des baisses de salaire. Des coaches aussi.

L’ancien entraîneur-chef des Griffons du Cégep de l’Outaouais, Vincent Pichette, fait maintenant carrière au Japon.

Pichette, lui, a été embauché en novembre afin de devenir l’adjoint de son ami Laurent Tillie avec lequel il avait travaillé en France en 2017 et 2018.

«J’ai été chanceux de travailler avec Glenn puis maintenant Laurent. Il a joué pendant 20 ans. Il a eu 400 sélections internationales comme joueur. Il a participé quatre fois aux Jeux, dont deux comme coach. J’apprends énormément. Et le projet ici est hyper le fun. Nous avons carte blanche pour développer et faire produire les 18 à 20 gars que nous avons. Ils te donnent aussi les moyens pour y arriver.»

Et surtout, c’est un style de jeu et un mode de vie bien différent. Sans compter une langue différente.

Une ancienne joueuse japonaise qui a évolué aux États-Unis sert de traductrice. Car la forte majorité de l’alignement est composé d’athlètes nippons.

«On trouve quand même des façons de communiquer. Puis la majorité du staff parle très bien l’anglais», explique Pichette.

«Tous les gars arrivent avant nous à 8h30 le matin. Ils sont tous là. Et ils partent aussi tous après toi. L’éthique de travail est fantastique. Puis la ligue ici est très axée sur les habiletés et la vitesse. Les joueurs sont moins imposants par contre, il y a de nombreux échanges sur le terrain parce que toutes les équipes sont bonnes en défensive.»

Son appartement se trouve à Hirakata, une banlieue d’Osaka, à cinq minutes du domicile des Panasonic Panthers. Tillie et lui en sont à leur sixième semaine là-bas.

En raison de la COVID-19, ils ont passé les cinq premiers mois de leur contrat, qui commençait en mai, à diriger à distance avant de pouvoir se pointer au Japon.

«L’île est restée fermée pendant un bout de temps. Puis les gens ont recommencé à entrer en août.»

Pichette a finalement pu partir de l’Outaouais à la fin septembre. «J’ai été testé cinq fois en quatre jours. Avant de partir. À l’aéroport. Par le club aussi», énumère-t-il.

Il y a eu la quarantaine à respecter là-bas. Une fois terminé, il a pu faire la connaissance en personne des joueurs. Et il a commencé à visiter sa nouvelle ville adoptive.

«Les gens sont très respectueux du port du masque. Ils sont déjà habitués après leur expérience avec le SRAS en 2003.»

Devant 28 000 spectateurs au Brésil

Deux expériences au sein de deux équipes nationales ont marqué sa carrière d’entraîneur adjoint.

D’abord en juin 2016 lorsque le Canada s’était qualifié en vue des Jeux olympiques pour la première fois depuis 24 ans en volley masculin.

«Nous étions au Japon. Les gars sautaient partout de joie. C’était assez spécial», se rappelle Vincent Pichette.

Puis il y a eu cette victoire en finale de la Ligue mondiale de volley-ball à ses débuts au sein de l’équipe nationale française, à l’été 2017.

«Au Brésil devant 28 000 personnes. C’était tripant. Le match était présenté dans un stade de soccer. C’est comme si tu avais retrouvé un terrain de volley-ball au milieu du stade Olympique à Montréal», relate Pichette.

«Nous nous étions ramassé en finale contre justement les Brésiliens qui étaient champions olympiques. Nous les avions battus en cinq sets, dont le dernier 15-13. C’était incroyable. Ça criait tout le temps dans les estrades.»

Sauf lorsque la partie s’est terminée en faveur de la France. «Il n’y avait plus de bruit, pantoute», avoue Pichette.