Christian Doucet, est aujourd’hui chef de la section des sports à Radio-Canada, à Montréal, ce qui lui permet de couvrir des événements sportifs d’envergure, comme les Jeux Olympiques de 2018 à Séoul.
Christian Doucet, est aujourd’hui chef de la section des sports à Radio-Canada, à Montréal, ce qui lui permet de couvrir des événements sportifs d’envergure, comme les Jeux Olympiques de 2018 à Séoul.

Turgeon, Daigle et... Doucet

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
QUE SONT-ILS DEVENUS? / La première voix de l’histoire des Sénateurs à la radio francophone, c’était lui.

Quand les joueurs les plus connus de l’équipe étaient les Yashin, Daigle, Turgeon, Baker et Maciver. Quand Rick Bowness était l’entraîneur-chef appuyé par Alain Vigneault. Quand la nouvelle franchise de la LNH jouait dans le très intime Centre civique sur la rue Bank.

Quand CJRC avait résidence sur la bande AM, bien loin encore d’une adresse au 104,7 FM.

Christian Doucet vient de fêter ses 60 ans « dans ses terres » de la Rive-Sud. Ces jours-ci, il occupe le rôle de rédacteur en chef de la section des sports de Radio-Canada, à Montréal. Un retour aux sources dans un domaine de l’actualité qui le passionne après des années passées en tant que réalisateur du Téléjournal, de grands reportages et d’émissions spéciales.

« J’étais en régie quand ç’a pété pour les tours du World Trade Center », se rappelle-t-il au sujet du 11 septembre 2001.

Ça fait un quart de siècle qu’il travaille à Montréal. Auparavant, l’Outaouais était sa région d’adoption.

On connaissait bien son nom et son visage dans le coin. D’abord à l’animation du Ce Soir, le bulletin de nouvelles de CBOFT, à Ottawa. Il était le beau jeune homme avec la moustache aux côtés d’Odette Gough au petit écran.

Puis quand Ottawa a obtenu une franchise de la LNH il y a 30 ans, sa carrière allait emprunter un virage important. Il fallait bien trouver un descripteur pour les parties de cette future équipe en vue de ses débuts à l’automne 1992.

« J’étais le 81e postulant », se souvient Christian Doucet, qui avait décrit des épreuves auparavant à des Jeux olympiques.


« Si on me donnait l’occasion de décrire un seul autre match de hockey, peu importe l’équipe, je sauterais sur l’occasion. C’est quelque chose d’enivrant. »
Christian Doucet

Plusieurs noms connus étaient en lice.

« Mario Langlois, Michel Lacroix de RDS. Ça s’était joué entre moi et feu Pierre McNicoll », relate Doucet en parlant du défunt animateur gatinois et comédien qui avait incarné Allan Goldman dans le troisième volet de Lance et Compte.

« J’étais très excité. J’avais 32 ans. Il n’y avait à l’époque que deux emplois de la sorte. Tu avais René Pothier pour les matches des Canadiens à Montréal et Alain Crête à CJRP pour les matches des Nordiques », rappelle-t-il.

« J’avais joué toute ma vie au hockey à Saint-Lambert. J’avais même eu une invitation du Junior de Montréal. C’était à l’époque des trois Denis... Denis Savard, Denis Cyr et Denis Tremblay. »

Le centre avait préféré le football à Trois-Rivières. « Ça me permettait de continuer d’être au Cégep. À la fin des années 1970 dans le hockey junior, tu n’allais pas à l’école. Tu ne faisais que jouer », précise l’ancien receveur de passes.

En étant la première voix des Sénateurs, Christian Doucet a pu renouer avec des anciens coéquipiers au hockey mineur, dont Steve Kasper qui a fait carrière chez les Bruins de Boston. Il a eu aussi plusieurs anciennes vedettes de la LNH en tant qu’analyste invité sur la route. De Denis Potvin à Marcel Dionne en passant par Pierre Larouche, Robert Picard et Jean-Paul Parisé.

« Décrire des matches de la Ligue nationale de hockey, c’est comme décrire des matches de soccer en Amérique du Sud. C’est difficile de faire mieux comme chroniqueur ou journaliste. »

Doucet a rempli ce rôle pendant deux saisons et demie. Sa dernière année en 1994-1995 a été limitée à une quarantaine de parties en raison du lock-out.

Ce fut ensuite le retour dans le giron de Radio-Canada. La société d’État a fini par le convaincre de se joindre à sa nouvelle chaîne d’information en continu, RDI.

Pendant cinq ans, jusqu’en 2000, Christian Doucet allait faire la navette entre sa maison de Cantley et Montréal afin de lire les bulletins de nouvelles. Puis il est déménagé de façon permanente.

Mais jamais il n’oubliera ses années en Outaouais, surtout au micro des Sénateurs à CJRC. « Si on me donnait l’occasion de décrire un seul autre match de hockey, peu importe l’équipe, je sauterais sur l’occasion. C’est quelque chose d’enivrant. Le hockey fait partie de notre ADN », confie-t-il.

« Les Sénateurs, c’était une belle aventure, même si c’était un peu plate côté hockey. L’équipe ne gagnait pas souvent. »

Au total, il a pu décrire plus de 200 parties d’octobre 1992 à mai 1995, dont seulement une trentaine s’est terminée en victoire pour la franchise d’expansion. Un de ces gains était survenu lors du tout premier match contre les Canadiens de Montréal.

« Je peux te dire que c’était émouvant d’entendre les premiers coups de trompettes durant les cérémonies avant la partie. »

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JOUER CONTRE LES NINJA TURTLES

Ils s’étaient surnommés à la blague le «Dream Team».

Christian Doucet et les journalistes affectées à l’époque à la couverture des Sénateurs avaient obtenu le feu vert des entraîneurs pour embarquer sur la glace parfois après la séance d’entraînement matinal, le jour d’un match à l’étranger. Ils disputaient une partie amicale avec les joueurs laissés de côté en vue de la partie.

«Les gars nous fournissaient même leurs bâtons de hockey. Moi, j’avais ceux de Mike Peluso, se rappelle Doucet. C’était fantastique. Quand tu es petit gars, tu rêves toujours de jouer au hockey. Nous avons eu l’occasion de faire ça à l’ancien Chicago Stadium, de monter les fameuses marches entre le vestiaire et la patinoire. On a aussi joué au Boston Garden et le Madison Square Garden. Même qu’à Los Angeles, on a disputé un match contre les gars qui faisaient les Ninja Turtles !»

C’était une autre époque. Le genre de chose qui ne serait plus permise dans la parfois trop sérieuse et trop stricte LNH.

«Nous aimions notre travail. Nous avions du fun. Tout le monde savait que l’équipe ne ferait pas les séries. Même que parfois Rick et ses adjoints de même que le directeur général Mel Bridgman jouaient contre nous.»