L’ancienne championne panaméricaine en badminton, Valérie St-Jacques, fait maintenant partie du conseil d’administration de Badminton Canada.
L’ancienne championne panaméricaine en badminton, Valérie St-Jacques, fait maintenant partie du conseil d’administration de Badminton Canada.

Retour de la reine du volant

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Neuf ans après avoir frappé ses derniers volants pour l’unifolié canadien sur la scène internationale, Valérie St-Jacques rentre au bercail.

L’ancienne championne panaméricaine s’est jointe au conseil d’administration de Badminton Canada, quelques semaines avant le début de la pandémie. Une nomination qui était passée sous silence à l’époque.

«C’est sûr que c’est une grosse année pour joindre un conseil d’administration avec tout ce qui se passe dans le monde. Les défis sont énormes», avoue St-Jacques au bout du fil.

La mère de famille âgée de 36 ans est habituée de se relever les manches, d’attaquer de front des projets d’envergure. Elle l’a fait en passant d’athlète à entraîneuse chez les Citadins de l’UQAM.

Puis en menant parallèlement une carrière en gestion de projet. Que ce soit au Parc olympique de Montréal ou, depuis un an, chez Hydro-Québec.

Il y a eu aussi un stage à la Banque Nationale et un emploi chez Bombardier pour la diplômée en administration.

«J’ai fait sept ans à la Régie des installations olympiques. Un des projets majeurs a été la rénovation du centre sportif et la réfection de la tour du stade. C’était inoccupé depuis la tenue des Jeux olympiques. Il y a eu aussi la construction d’un skate park.»

Valérie St-Jacques et ses deux médailles d’or des Jeux panaméricains de badminton.

Elle se considère chanceuse. Elle a pu faire une «belle transition» entre sa carrière d’athlète et de gestionnaire de projets.

Élevée dans une famille de mordus de badminton à Gatineau, Valérie St-Jacques est considérée une des meilleures raquettes produites dans l’histoire sportive de l’Outaouais. Elle a concouru pendant 17 ans sur la scène nationale et internationale pour Badminton Canada.

Sa feuille de route comprend des titres aux Jeux du Québec, mais aussi aux championnats panaméricains en 2009, où elle avait gagné l’or en double féminin aux côtés de Milaine Cloutier.

Sa carrière l’a notamment amenée dans les rangs pros au Danemark, en plus d’une participation aux championnats du monde seniors.

«J’ai commencé à jouer en raison de mon père et mon oncle. Ils sont très impliqués dans le badminton. Mes cousins et cousines ont joué aussi», rappelle St-Jacques.

Des opérations aux genoux et une blessure au dos l’ont ralentie en fin de carrière. En 2011, elle a décidé de délaisser la scène internationale et de se concentrer sur ses études.

«J’étais à la croisée des chemins. Tu te demandes si ça vaut la peine de recommencer avec quelqu’un d’autre pour quatre autres années. Je n’étais pas si vieille, mais je n’étais pas jeune non plus. J’ai décidé de continuer à jouer pendant deux ans à l’université», relate-t-elle.

«Même si je n’ai pas été aux Jeux olympiques, j’ai eu une belle carrière. J’ai pu habiter au Danemark pendant un an, m’entraîner à temps plein. J’étais payée pour jouer pour un club là-bas. C’était une belle vie que tu ne connais pas au Canada. J’avais même signé un contrat pour y retourner une autre année, mais je me suis fait mal au genou dans un tournoi à Montréal.»

Valérie St-Jacques n’a pas ressorti sa raquette depuis sa retraite.

«Je n’ai pas rejoué. Le temps fait son œuvre, surtout avec des opérations aux genoux. Puis quand tu as joué à un haut niveau, c’est difficile de dire que tu vas revenir jouer juste pour le fun

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DES MÉDAILLES QUI ÉPATENT FISTON

Ses deux garçons ont commencé leur initiation au badminton dans la résidence familiale à Boucherville.

« Il y a un volant suspendu dans la maison. Ils peuvent le frapper avec une petite raquette », souligne Valérie St-Jacques.

Hubert a cinq ans tandis que le petit Éloi est âgé de deux ans et demi. Le plus vieux a appris récemment que maman était une redoutable joueuse de badminton durant sa vingtaine.

« Nous avons déménagé et j’avais toutes mes boîtes de médailles. J’ai montré ça au plus grand. Ce fut une révélation pour lui que j’avais des médailles. Il était impressionné. »

Ce dernier a commencé à participer à des activités organisées en soccer et baseball. « J’espère que le badminton sera sur sa liste », ajoute St-Jacques.

La championne a beau avoir conservé toutes ces médailles, à ses yeux, sa carrière lui a permis de gagner une chose qui vaut encore plus que l’or.

« Les amitiés que j’ai tissées. J’ai gardé le contact avec six à sept filles avec lesquelles je jouais. Trois ou quatre fois par année, nous allons souper ensemble. Par exemple, l’hiver passé, nous sommes allées passer du temps ensemble dans un chalet. Je te dirais que c’est le plus gros héritage du sport pour moi, au-delà des centaines de voyages, entraînements et compétitions. Ces amies sont encore là aujourd’hui. »