L’ancien receveur gatinois Pierre-Luc Laforest a été intronisé au Temple de la renommée de Baseball Québec l’an dernier.
L’ancien receveur gatinois Pierre-Luc Laforest a été intronisé au Temple de la renommée de Baseball Québec l’an dernier.

Les Expos, son premier amour

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
RUBRIQUE — QUE SONT-ILS DEVENUS / Un anniversaire attend Pierre-Luc Laforest dans une dizaine de jours. Ça fera 25 ans qu’il a été repêché par les Expos de Montréal.

« Ça va tellement vite. Ça n’a pas de bon sens », lance l’ancien receveur gatinois au bout du fil. Le père de famille âgé de 42 ans se trouvait chez lui à Portage, près de Kalamazoo, au Michigan.

« Ça fait 10 ans que nous habitons ici. Auparavant, nous avions une maison en Arizona. Ma femme a grandi ici. Toute sa famille est encore ici. »

Le couple a deux jeunes garçons, Jean-Luc et Pierre-Olivier, âgés respectivement de six et huit ans. L’ancien joueur gère sa propre académie de baseball, B45 Academy.

Laforest jasera d’un peu de tout. De son entreprise qui forme la relève, de sa carrière de 21 ans dans les rangs pros comme joueur puis entraîneur. De ses 68 parties dans les majeures chez les Rays de Tampa Bay, les Padres de San Diego et les Philies de Philadelphie.

Il a été question aussi de ses aventures au sein de l’équipe canadienne, mais surtout du 1er juin 1995. Son nom avait été appelé en 16e ronde par les Expos. Quelques jours plus tard, on le présentait aux médias sur le terrain du stade Olympique, frappant des balles lancées par le gérant de l’époque, Felipe Alou.

« Je m’en souviens comme si c’était hier du repêchage. C’était spécial surtout qu’à l’époque, ce n’était jamais mon but. Je ne pensais jamais avoir la chance de jouer au baseball professionnel quand je suis arrivé à l’ABC (Académie de Baseball Canada). »

Laforest n’avait que 17 ans à l’époque. Frappeur gaucher, il était un joueur de troisième-but qui possédait un bon œil au bâton.


« Je savais que j’étais bon, mais pas au point d’aller chez les pros. »
Pierre-Luc Laforest

Le séjour dans l’organisation montréalaise a été de courte durée. Son contrat avait été annulé plus tard durant l’été en raison de problèmes à des vertèbres.

Laforest se trouvait alors dans la Gulf Coast League.

« Quand je suis arrivé, j’étais tellement perdu. Je ne parlais pas l’anglais ou presque. Les 20 jours que j’ai été avec les Expos là-bas avaient été difficiles. Je n’ai aucune idée comment différent les choses auraient pu être pour moi si j’avais pu avoir eu une saison complète et aucun mal de dos », dit-il.

« Je n’étais pas prêt pour tout ça. En fait, si j’ai un regret, s’il y a une chose que je pourrais changer, c’est de signer ce contrat. »

Laforest aurait opté pour le baseball collégial américain. Du même souffle, il ne se plaint pas. Il a pu percer les ligues majeures en 2003.

Un de ses plus beaux souvenirs au baseball est survenu cette année-là lors du tournoi de qualification olympique. Équipe Canada l’avait recruté aux côtés de Russell Martin et Justin Morneau.

« C’est sans doute la meilleure équipe dont j’ai fait partie, autant sur le terrain qu’à l’extérieur. Il y avait un bel esprit de famille. Parfois, nous étions 16 à 17 joueurs à jouer aux cartes tout en prenant une bière. »

Et il y a cette saison 2009 dans la Ligue Can-Am chez les Capitales de Québec. « Où nous étions 10 à 11 Québécois. Tous des gars contre qui on jouait un contre l’autre dans les ligues juniors avant de passer chez les pros », souligne Laforest, qui a aussi été gérant pendant trois ans et demi à Trois-Rivières avant de fonder son académie à Portage.

Le colosse de six pieds deux pouces a conservé des objets de sa carrière qui l’a amené partout, même en Australie et Taiwan. « Quand je chiale à ma femme qu’elle a trop de linge, elle me rappelle que j’ai sept boîtes de t-shirts et de calottes de baseball », confie-t-il en riant.

« Il y a de bons souvenirs dans ces boîtes ! »

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CIRCUIT MÉMORABLE À TAMPA

Le lanceur adverse l’avait passé dans la mitaine à sa première présence au bâton, mais Pierre-Luc Laforest s’était repris plus tard dans le match en cognant son premier coup de circuit
en carrière.

Une claque de deux points qui survenait en août 2005, dix ans après avoir été repêché par les Expos. Ça se passait au Tropicana Field dans un gain de 6-3 des Devil Rays de Tampa Bay contre les Angels de Los Angeles.

« Paul Byrd m’avait lancé une rapide, relate Laforest. La balle de mon premier circuit n’est jamais sortie du terrain ! Elle avait frappé contre l’anneau du stade à Tampa... Au moins je n’ai pas eu à me battre avec un partisan pour avoir la balle par la suite. »

Cette première trotte autour du losange est survenue à son
34e match en carrière chez les Rays. Au total, l’athlète de l’Outaouais a frappé deux circuits en carrière dans les majeures, conservant une moyenne au bâton de ,196 tout en produisant 14 points.

Avant d’être rappelé par Tampa en 2005, Pierre-Luc Laforest avait été nommé au sein de l’équipe d’étoiles de la ligue internationale (AAA) chez les Bulls de Durham.

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Cliquez ici pour visionner un hommage à Pierre-Luc Laforest préparé par Baseball Québec lors de son intronisation au Temple de la renommée du baseball québécois l'an dernier.