L’ancien skieur alpin Jean-Philippe Roy s’est tourné vers le skateboard depuis sa retraite. Il a même aménagé une rampe chez lui à Gatineau, au grand plaisir de ses garçons Jake et Keegan.
L’ancien skieur alpin Jean-Philippe Roy s’est tourné vers le skateboard depuis sa retraite. Il a même aménagé une rampe chez lui à Gatineau, au grand plaisir de ses garçons Jake et Keegan.

Le skieur devenu skater

CHRONIQUE — QUE SONT-ILS DEVENUS / La cour arrière de sa maison détonne des autres du quartier du Plateau, à Gatineau. Pas de piscine, ni de spa ou de jardin.

Une immense rampe de skateboard de douze pieds de largeur accueille plutôt les visiteurs. C’est sans compter une autre plus petite rampe aménagée dans le garage.

«Les gars aiment ça», lance Jean-Philippe Roy.

Lui aussi s’amuse. Même beaucoup. «Maintenant, je vais skater une quinzaine de minutes dessus. Je ne passe plus une heure au complet comme auparavant. Souvent, je vais aller au skatepark tôt le matin ou plus tard en soirée», note l’ancien skieur alpin.

Ce dernier a été un des grands techniciens sur neige de sa génération. Il a participé deux fois aux Jeux olympiques en plus de prendre 138 départs en Coupe du monde de 1999 à 2013.

Le père de famille ne chôme pas depuis sa retraite de la compétition. Il est devenu entraîneur sur les pentes de ski de la région au sein de l’équipe compétitive National Capital Outaouais (NCO).

Un rôle que le sextuple champion canadien occupe toujours pendant l’hiver. Il a travaillé aussi deux ans en tant qu’ostéopathe avant de délaisser cet emploi.

«Rester dans un bureau durant toute la journée, ce n’est pas pour moi», confie le père de famille âgé de 41 ans.

Roy dirige maintenant ses énergies vers Gatineau Skateboard, une organisation à but non lucratif (OBNL) au sein duquel il est directeur de programme. Des camps de jours organisés cet été affichent déjà complet.

«Ça devait avoir lieu à l’intérieur de l’aréna Robert-Guertin. Puisque l’endroit sert en ce moment de refuge, nous allons tenir ça à l’extérieur au parc central où il y a déjà des rampes. Il reste à installer un chapiteau.»

Gatineau Skateboard compte maintenant plus de 125 athlètes dans ses rangs. Ça comprend Jake et Keegan Roy. Les enfants de l’ancien athlète élite sont âgés de 12 et 10 ans. Ils s’entraînent avec papa sur les rampes à la maison.

Roy, lui, a redécouvert les plaisirs de pratiquer le skateboard. Un sport qui a meublé une partie de sa jeunesse à Sainte-Flavie puis à Mont-Tremblant.

«Je me souviens qu’il se promenait partout avec sa planche quand je l’ai rencontré», note sa conjointe Stéphanie Vallon.

«C’est beaucoup moins dur sur le corps que le ski alpin», note Roy, qui a subi son lot de blessures durant ses 14 saisons en Coupe du monde. Son genou droit avait notamment lâché moins de deux mois avant ce qui aurait été une troisième participation aux Jeux olympiques en 2010, à Vancouver.

«Quand tu tombes en skate, ça fait moins mal. C’est moins dangereux que les gens peuvent penser. Les blessures surviennent au début quand tu apprends ou plus tard quand tu es rendu très bon et que tu tentes des trucs plus compliqués.»

Dans son cas, il ne se contente pas d’enseigner et de rouler. Il construit ses propres rampes. Et même quelques-unes pour le club.

On en retrouve une dans le fond de l’arrière-cour.

«Elle se sépare en trois morceaux pour qu’on puisse l’amener un peu partout quand nous sommes invités à participer à des événements, comme des fêtes d’école. Les jeunes aiment ça essayer la skate

Puis il y a des parents qui lui ont demandé de construire des rampes pour leurs enfants à la maison.

«Ça fait une dizaine que j’ai construit», précise Jean-Philippe Roy, qui planche ces jours-ci sur une autre commande. Son VUS stationné devant le garage débordait justement de matériaux au moment de l’entrevue.


« Quand tu tombes en skate, ça fait moins mal. C’est moins dangereux que les gens peuvent penser. »
Jean-Philippe Roy

DENTS CASSÉES ET ROUTES GLACÉES

Jean-Phillipe Roy a connu son lot d’aventures à voyager durant ses 15 saisons au sein de l’équipe canadienne de ski alpin. Il aurait pu parler de la fois qu’il a heurté une porte en piste, se cassant quatre dents.

L’athlète natif du Bas-Saint-Laurent préfère relater le parcours qui l’a mené entre l’Allemagne et la Norvège en février 2007, quelques jours avant les Mondiaux en Suède. Pendant que ses coéquipiers prenaient l’avion vers la Scandinavie, il a dû se taper la route avec le préposé à l’équipement, une vingtaine d’heures derrière le volant.

«Les conditions de route étaient mauvaises. Il neigeait. La route était glacée en Norvège où les voitures sont munies de crampons. Notre fourgonnette, elle, était chaussée de pneus d’hiver un peu poches.» Roy avait pu éviter une collision de justesse avec un camion à remorque.

Des péripéties qui ne l’ont pas empêché de terminer septième au slalom géant des Mondiaux. «J’aurais pu même terminer sur le podium. J’avais le meilleur temps au dernier «split» de la deuxième manche devant Aksel Svindal. J’ai fait une petite erreur à la fin qui a fait la différence.»