L’ancien receveur de passe Simon Le Marquand travaille dans le domaine de la vente depuis cinq ans. Aujourd’hui, il est directeur commercial chez Subaru Outaouais.
L’ancien receveur de passe Simon Le Marquand travaille dans le domaine de la vente depuis cinq ans. Aujourd’hui, il est directeur commercial chez Subaru Outaouais.

Le nouveau terrain de jeu de Simon

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
QUE SONT-ILS DEVENUS? / Encaisser un dur plaqué en captant un ballon ne fait plus partie de son quotidien. Les épaulettes et casques protecteurs ont cédé leur place à des chemises, vestons et cravates.

Simon Le Marquand aime sa nouvelle carrière depuis cinq ans dans le domaine de la vente en Outaouais. Son corps usé par le football aussi!

«Il est content que je ne joue plus! Je suis encore magané. Hier, je me suis étiré encore l’aine en jouant avec mon gars», lance l’ancien espoir du Rouge et Noir en riant.

Le Marquand a travaillé chez Brault et Martineau jusqu’en mars dernier. Puis les automobiles ont remplacé les électroménagers. On l’a retrouvé brièvement chez Toyota Gatineau puis maintenant chez Subaru Outaouais où il a été promu directeur commercial.

«Mon travail me permet encore de me démarquer, d’atteindre des objectifs et me surpasser, dit-il.

«Par exemple, si je ne fournis pas, le vendeur n’aura pas son salaire, le client n’aura pas son véhicule rapidement et le patron ne sera pas payé par la banque. Mais je suis habituée au stress. Je carbure à ça depuis l’âge de 13 ans.»

Un produit des Panthères de l’école secondaire Mont-Bleu, Le Marquand a été le premier joueur issu de la Ligue de football scolaire de l’Outaouais à être repêché par une équipe de la LCF en 2013. Les Tiger-Cats de Hamilton l’avaient alors réclamé en quatrième ronde.

Entre ces deux équipes, il y a eu aussi des séjours fructueux chez les Griffons du Cégep de l’Outaouais et les Gee Gees de l’Université d’Ottawa. Son nom est revenu souvent dans les médias.

«J’avais l’idée de jour chez les pros depuis que j’étais en cinquième secondaire. Je me souviens que quelqu’un m’avait dit que c’était impossible, que ce n’était pas atteignable. Cela m’est toujours resté en tête», raconte-t-il.

Simon Le marquand a été le premier joueur issu de la Ligue de football scolaire de l’Outaouais à être repêché par une équipe de la LCF.

«Quand tout s’est terminé, c’était assez dur pour moi de me faire à l’idée que je ne jouerais plus, que je devais trouver un plan B.»

L’aventure a pris fin en juin 2014 lorsque l’équipe de son patelin l’a libéré à la fin du camp d’entraînement.

Le Rouge et Noir l’avait embauché sept mois plus tôt en grande pompe lorsque les Tiger-Cats ne lui avaient pas soumis de contrat.

On l’avait même utilisé comme mannequin lors du dévoilement des uniformes de la nouvelle franchise dans une salle d’un hôtel d’Ottawa. «À côté de Henry Burris», se rappelle Simon Le Marquand en parlant de l’ancien quart-arrière vedette.

L’athlète hullois n’aura joué que deux matches dans les couleurs de l’équipe de la capitale. Deux parties hors-concours. La première contre les Roughriders de la Saskatchewan, la seconde et dernière à Montréal contre les Alouettes.

«Je retiens que c’était deux bons matches, surtout contre la Saskatchewan», dit-il.

La décision de l’organisation avait surpris les amateurs et lui.

Détenteur d’un baccalauréat en criminologie, Le Marquand ne se voyait pas travailler dans une prison ou devenir policier.

«Ce fut une claque dans la face quand le football a fini. J’avais 25 ans. Mais ma grand-mère m’a rappelé que rien n’arrive pour rien. Elle m’avait payé un voyage aux Îles Caïmans pour me changer les idées. Aujourd’hui, mon corps de 32 ans ne s’ennuie pas du football!»

Sa copine Stéphanie et lui sont parents d’un garçon depuis deux ans et demi. La famille habite à Aylmer.

Un des rares souvenirs de sa carrière de souvenir se trouve justement dans la chambre du petit Jao. «J’ai placé un ballon de football sur sa commode», souligne le fier papa.

Marqué au gris et grenat

Simon Le Marquand a participé à une finale du Bol d’Or chez les Griffons du Cégep de l’Outaouais. Il a pu porter les couleurs du Rouge et Noir dans la LCF pendant deux matches. Son numéro 7 a été retiré par l’école secondaire où il a étudié.

Mais ses meilleurs moments sur un terrain de football, Simon Le Marquand dit les avoir vécus dans les rangs universitaires chez les Gee Gees d’Ottawa, de 2009 à 2013.

«Même si nous avons eu une très mauvaise fiche lors d’une des saisons. Je retournerais tout de suite en arrière pour revivre ces cinq années, surtout la première. La camaraderie. La vie étudiante. Jouer avec des gars de ton âge. Les partys sur le marché By!»

Le Marquand a capté des passes de Brad Sinopoli lors de ses premiers automnes chez les Gee Gees. 

Ses coéquipiers et lui n’avaient perdu qu’un match notamment en 2010, atteignant la finale de la conférence ontarienne.

Simon Le marquand dans l'uniforme des Gee Gees d'Ottawa, en 2012.

Deux ans plus tard, l’équipe a gagné seulement deux fois. Une des pires performances dans la riche histoire du programme. 

Elle n’avait pas de domicile puisque le parc Lansdowne était remis à neuf. Ses matches locaux étaient disputés en milieu rural.

Puis les joueurs s’étaient révoltés contre l’entraîneur-chef de l’époque, Gary Etcheverry, dont l’approche old school ne fonctionnait nullement. 

Ces derniers s’étaient tournés vers les capitaines, dont Le Marquand, afin de faire pression auprès des dirigeants de l’Université d’Ottawa, qui avaient finalement changé de coach.

«Je me suis fait remettre ça dans la face par la suite quand je suis passé en entrevue devant tout le personnel des Roughriders de la Saskatchewan. On m’avait demandé si j’allais me plaindre si je n’aimais pas comment les choses fonctionnaient. Je n’étais pas le meilleur à l’époque pour m’exprimer en anglais et expliquer ce qui s’était passé. Après ma rencontre, je me suis dit qu’il y avait de bonnes chances que ce club-là ne me repêche pas!»